‹ A travers ParisChapitre 32 sur 90 · NT OUT ES · texte numérisé non relu

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d’hui, ce bel atelier sert à un cours de dessin et peinture. Une quarantaine de chevalets se dressent autour de la ‘table à modèle où pose une Italienne ; à droite, à gauche, d’autres jeunes filles travaillent d’après le « Germanicus », la « Vénus de Milo », un chapiteau corinthien; dans les pièces voisines, on étudie la perspective, l'anatomie, et ce sont quelques-unes de ces charmantes écolières qui viennent de se sauver... Il est l’heure d’aller déjeuner.

l'Ancienne- Comédie était très fréquenté, et l’on y rencontrait un charmant accueil. Marey enregistrait toutes sortes de choses ; les battements du cœur des dames, voire leurs frémissements. II aimait à leur faire remarquer l'émotion de l'appareil posé sur la pointe de leur cœur : ses visiteuses s’accordaient à le trouver exquis.

Il était cependant petit et gros, mais il avait l'œil si malin.

Il a depuis transporté ses appareils au Parc des Princes où il a créé un véritable institut de cette physiologie du mouvement qu'il a renouvelée.

Marey est mort, il n’y a pas bien longtemps, en 1904; c’est Dastre qui l'a remplacé à l'Académie des Sciences, et d’Arsonval, au Collège de France où il avait lui-même suppléé Flourens.

Il travailla d’abord avec Chauveau. Il eut alors l’audace d'introduire dans le cœur vivant d'un cheval, de petits ballonnets de caoutchouc qui suivæient tous les battements du cœur et qui étaient reliés à des <npareils chargés de les enregistrer. 7

ANS les dernières semaines de décembre 1857, le facteur vint — selon les rites consacrés — offrir à Henri Murger l’almanach de l’année future. Le poète hésita longtemps avant de l’accepter.…

— Je ne devrais pas le prendre... conclut-il sévèrement, je n'ai pas été satisfait du dernier !.…

Nous aurions pu faire pareil accueil à l’abominable printemps glacial et neigeux que nous avons subi; mais depuis quelques jours il daigne enfin sourire entre deux averses, et tout aussitôt chacun est dehors, contemplant les feuilles vertes, respirant l'odeur de l'herbe, prêt à entreprendre

into CR

Gavarai, del.

de lointains pèlerinages pour saluer des arbres fruitiers #0 poudrés à frimas. |

Quant à nous, une habitude d'enfance nous entraine à invinciblement vers l’antique et délicieux Jardin des |

Plantes. Ici tout nous est familier, la cabane des chèvres

du Thibet, les perchoirs des grands aras au plumage 4 rouge et bleu, les abomina 4 bles cages des lions et la

né sont pas les animaux que

nous venons fêter aujour-

plus délicieux sourire. Amis lecteurs, croyez-moi, embar- Lt.

volière des hérons. Mais ce

d’ hui, c’est le divin printemps | 7 . qui réserve au Jardin son |

quez-vous sur quelque ba- … teau-mouche, remontez la

Seine, — il n’est pas plus Re adorable promenade à Paris

Gavarni, del.

terlitz et donnez-vous la joie de fläncr deux hèures dans

— abordez au pont d'Aus "

le vieux Jardin des Plantes, si injustement délaissé de 1 nos jours. C’est le plus merveilleux bouquet de fleurs …

que la nature ait pris la peine d'offrir aux ingrates Parisiennes. & ES | |

On connaît la modeste originie dé ce beau parc fondé “Si vers 1635 par Guy de La Brosse sur des terrains abandonnés servant de voirie; ce brave homme yÿ établit le

rat D A

% LOUIS XIV, COLBERT ET LA COUR VISITANT UNE DES GRANDES SALLES DU JARDIN

| pu ROI (1671).

Duflos, fecit 1730. Sébast. Le Clerc, del.

Jardin des plantes médicinales (1), dont la vente et la cucillette n'intéressaient jusqu'alors que de pauvres idiots et

quelques femmelettes. Dans son rapport à Louis XIII,

Guy de La Brosse précise ses ambitions : « Le Jardin sera en pente douce, exposé au levant et au midy, ayant en son milieu une montagne artificielle d’un arpent de contenu. ès environs se verra une eau courante finissant en un marais pour les plantes palustres ». Depuis, les rois tinrent tous à honneur d'enrichir le Jardin cher aux Parisiens; mais — chose étrange — ce fut la Révolution française qui, le plus efficacement, contribua à sa prospérité. Pendant que la fureur populaire éventrait les hôtels princiers, rasait les châteaux, vidait les églises, jetait bas les statues, le Muséum d'histoire naturelle (c'était le nom nouveau du Jardin du Roi augmenté d'une ménagerie) recucillait les collections éparses, les bêtes affamées et abandonnées... Au Muséum, les mén2geries royales de Versailles, de Trianon, du Raincy, et aussi les ménageries d'amateurs exhibées un peu partout; au Muséum, les herbiers et les collections minéralogiques saisies dans les biens nationaux ; au Muséum, les « curiosités » éparses dans les églises... En 1792, Bernardin de Saint-Pierre, alors directeur, reçoit, pro-

(1) La Butte Coypeau sur laquelle Guy de La Brosse allait, dixhuit ans plus tard, jeter son dévolu pour y établir le Jardin Royal des

* Plantes médicinales, apparaît ici (Plan de la Ville, cités, universités

et faubourgs de Paris. — Merian, 1715.) très nettement dessinée avec ses buissons et ses arbres. (Bibliographie du Jardin des Plantes, par Louis Denise, page 21. (Daragon, édit., 1903.)

venant de Versailles. un « zèbre, un bubal (offert au Roi ce

en 1785 par le dey d'Alger), un pigeon à aigrette, un. É rhinocéros de l'Inde et un lion du Sénégal escorté d’un

chien braque, son habituel compagnon qui fait toute sa consolation », assure une estampe de l'an IIT; il plaide

et gagne devant la Convention la cause des pauvres ani-

maux condamnés à mort (1), et entasse dans les réserves

du Muséum les objets les plus hétéroclites; c’est ainsi

que la dépouille mortelle du maréchal de Turenne figura « dans un local attenant à l’amphithéâtre, servant de laboratoire », près des momies égyptiennes et du squelétte d’un rhinocéros unicorne (2). Les collections s’enri-

chissent rapidement : les triomphantes armées de la :.

République et du Consulat n’ont garde d'oublier Île Muséum ($). La précieuse collection du prince d'Orange,

(4) « … L'animal mort, le mieux préparé, ne présente qu'une peau rembourrée, un squelette, une anatomie. La partie principale y manque, la vice, qui le classait dans le règne animal... La plante morte n'est plus végétale, puisqu'elle ne végète plus... » Etle bon Bernardin conclut ainsi : « Les tuerons-nous pour en faire des squelettes ? — Ce serait leur faire injure ». (Mémoire sur la nécessité de joindre une Ménagerie au Jardin National des Plantes de Paris. — Didot, 1792.)

(2) « Nous remarquâmes, au travers du vitrage qui couvrait ce cercueil, un corps étendu, enveloppé d'un linceul, lequel avait été déchiré et découvrait la tête jusqu'à l’estomac. » (Inventaire général des richesses d'art de la France. — Archives du Musée des Monuments français, tome I, p. 378-381, du 16 thermidor an IV (3 août 1796). « Demande de Lenoir au Directoire Exécutif pour faire retirer du cabinet du Jardin des Plantes le corps de Turenne, qui y était pacs auprès des momies égyptiennes et des « gouanches » (sic ?).

(3) « Au quai d'Orsay, Albert ajoute à ses bains des bains médici-

les éléphants du Stathouder (Hans et Parkie, dont une brochure de l’an VI célèbre les « vertus morales (1), les

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