‹ A travers ParisChapitre 47 sur 90 · LA RUE DE BONDY · texte numérisé non relu

LA RUE DE BONDY

crever... — À ta place, je prendrais Henri Robert... — Quand mon amant est trop triste, j'pense à Pougaud..

— Tu parles si qu’elle a un chapeau, Roxane, dans Cyrano... c'est ce Gainsborough bleu à plumes que j'ai tant envie... — M. Zamacoïs était dans la salle... aussi j'avais un trac... — Comment, animal, tu coupes mon sixième trèfle qui est maitre!... » Puis on joue la consommation au zanzbar et ceux qui ne sont pas du « deux » entament une manille. 5

À la porte, un groupe de miséreux attendent qu' un entrepreneur vienne les embaucher — figurants occasionnels — pour représenter, auaux de 50 centimes, la Cour de Louis XIV ou 1e agioteurs de Law.

Sans même nous arrêter aux troublantes ENT de la « brasserie des Camélias », où le service est fait par des dames et dont la façade est ornée — si j'ose dire — d'almées sérieusement décolletées,. descendons la triste rue Bouchardon, bordée de marchands de vin, de roulages, d'hôtels borgnes, de vagues crèmeries, car cette vilaine voie conduit à un délicieux bijou du dixhuitième siècle, caché, perdu derrière l'immense et prétentieuse mairie du dixième arrondissement. C’est la maison de Pierre Gouthière, doreur et ciseleur du Roi, «inventeur de la dorure au mât » ; elle s'élève — pas bien haut — n° 6, rue Pierre-Bullet. si :

Ge charmant hôtel, type achevé des « petites maisons » de l’avant-dernier siècle, prend, au milieu des | hideuses constructions qui l’écrasent, des allures de

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; L'HÔTEL DE GOUTHIÈRE.

Musée Carnavalet.

temple grec. Il apparaît, élégant, au fond d’une sorte de cul-de-sac, encombré de voitures à bras, de caisses, de paniers d'emballage. Au-dessus d’un large escalier flanqué de deux sphinx, s'ouvre la porte cintrée, surmontée de deux jolies figures entourant un buste d’Apollon et couronnée d'un grand bas-relief décoratif : le Triomphe de Bacchus, dans le genre de Clodion. Cette

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