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Mazarin, le due d’Aumont, Mme du Barry, etc., etc., ruina défimtivement le malheureux Gouthière. Il avait le crédit trop facile... La Du Barry, seule, lui était rede-

vable de 756.000 livres! Gouthière dut réclamer à-la

« Commission chargée de la liquidation » le montant de ses mémoires; On devine l’accueil fait à ses plaintes, et en 1813, ce très grand artiste, réduit, dit-on, à solliciter une place dans quelque hospice, mourut dans la plus profonde misère !

La longue avenue encadrant l'entrée de l'hôtel a depuis longtemps disparu ; limmense mairie précitée sépare aujourd’hui du faubourg Saint-Martin la maison de Gouthière occupée actuellement par une fabrique de « passementerie de style pour ameublement ». En cette exquise épave du dix-huitième siècle on reconstitue les effilés, les ganses, les galons chers aux jolies femmes de la Cour de Louis XV et de Louis XVI. Dès l'entrée on croit vivre en d'anciennes estampes: les frises, les basreliefs, les encadrements des portes, les espagnolettes des fenêtres, les tympans, les panneaux évoquent les délicieux intérieurs dessinés par Gravelot, Marillier, Eisen, Moreau le Jeune... Dieu merci, ce précieux décor est en pâte et non en boiserie, l'affreuse spéculation ne saurait l’arracher du mur où Gouthière le fit placer;

sans ce bienheureux hasard, ces décorations si pari-

siennes orneraient peut-être la fastueuse demeure de quelque opulent marchand de pores à Chicago.

Dans ces salons, ornés encore de quelques fines che-

minées ciselées, l’actuel locataire a installé ses Cane-

tilles dorées, ses piles de carton, ses dévidoirs, ses méliers et les bobines de soies rouges, bleues, vertes ét jaunes s’enlèvent comme des bouquets de leurs: sur les panneaux sculptés.

Trois vasles ateliers auxquels on descend par un

escalier d’une dizaine de marches couvrent l'emplacement

de ce qui fut autrefois le jardin. On voit encore sur le mur les agrafes où s'accrochait la rampe de fer forgé Dans le ronflement des métiers, tissant les bordures, les rubans, les franges, des femmes empilent l$ écheveaux de soies multicolores, les galons encartés, lès « agréments pour passementerie » qui dans la pérombre forment comme une immense tapisserie aux dessins effacés, mais dont la vibrante coloration rappelle l’inoubliable « fond » que peignit Vélasquez en ce chef-d'œuvre : les Fileuses, du musée de Madrid. Une fois de plus, les amoureux de Paris doivent bénir le hasard qui sauva ce précieux témoin du passé dont la grâce élégante proteste contre le « panmuflisme » triomphant!

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La place Saint-Pierre. — La rue de La Barre,

LACE Saint-Pierre, au pied de la basilique du Sacré- Cœur, s'étend un square bourgeois et propret; les

‘arbres bien tondus s’y alignent méthodiquement, les

massifs de lilas et d'hortensias s’y arrondissent, Farmonie de M. Dufayel y joue le dimanche de brillantes fantaisies sur Si j'étais roi et les Cloches de Corneville ; un kiosque fournit de gâteaux de Nanterre et de joujoux les bébés qui viennent faire des pâtés de sable sous l'œil attendri de leurs mamans ; à gauche, un funiculaire et un long escalier de pierre amènent au Sacré-Cœur visiteurs et pèlerins. L'endroit semble patriarcal, aimable, souriant. et surtout bien différent de ce qu'il fut il y a trente-neuf ans pendant le siège de Paris.

C'était alors un grand terrain dénudé continuant les talus pelés de la Butte, où des palissades disjointes déli-

mitaient l'atelier de ballons installé sous la direction du | 17

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bon Nadar, CAPISInQ des aérostrers. Place Saint-Pierre,

le 7 octobre 1870, à onze heures du matin, paruntemps pluvieux et lugubre, Gambetta et Spuller montèrent dans le ballon Armand-Barbès. Ils emportaient des sacs de dépèches, la correspondance — sur papier pelure — des £ assiégés et un panier de pigeons voyageurs, les seuls >

OBSERVATOIRE DE MONTMARTRE. s. 2. he (Décembre 1870.) Martial, qua SAN courriers capables de franchir le cercle de mort qui nous PRES

enserrait. Enfant curieux et fureteur, nous ne manquions pas d'aller souvent flâner dans ur endroit où se rencontraient des choses si passionnantes : en bas, le parc acrostatique ; en haut, blotlie dans un bouquet d'arbres, la tour Malakoff, bariolée de rose, un ancien vide-bou

BALLON PENDA

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