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SUN LE SN

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Musée Carnavalet

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teille dont les nécessités du siège avaient fait un observatoire et un sémaphore dirigés par des officiers de marine... et puis, les cerfs-volants s’enlevaient admirablement sur les plateaux des buttes!

On y accédaït par des sentiers en lacet zigzaguant jusqu’au sommet ; ces sentiers existent encore et ceux qui veulent avoir l'exacte impression de ce que furent les buttes Montmartre pendaut le siège et la Commune, n’ont qu'à observer le terrain compris entre le square actuel et la rue Azaïs qui contourne la base du Sacré- Cœur. C’est la même petite herbe courte et drue, encadrant des espaces dénudés où apparaît la terre argileuse; on retrouve encore très facilement les sentes vertes par lesquelles le peuple et la garde nationale, en février 1871, hissèrent les canons enlevés des parcs d'artillerie de la place Wagram et de Neuilly, croyant ainsi les soustraire aux dures lois de la défaile! On sait le drame... Après la capitulation de Paris, vaincus par la famine et la maladie, les défenseurs de la pauvre cité meurtrie s’étaient juré de ravir aux vainqueurs les canons dont beaucoup avaient été fondus à l’aide de souscriptions patriotiques. Tous, hommes, femmes, enfants s'étaient atlelés aux roues pour les traîner au sommet de la Butte, et des postes de gardes nationaux les veillaient jalousement.

Potaches en ruplure de collège, nous n’avions pas manqué, mes camarades et moi, d'aller bien’ vite contempler les beaux canons tout neufs; on en comptait plus de cent et aussi des mitrailleuses, étagés sur trois

rangs; les uns à la hauteur de l’actuelle station du funiculaire, les autres sur le plateau central (aujourd’hui terre-plein du Sacré-Cœur) dominant Paris comme une terrasse de château féodal. Nous nous glissions entre les sentinelles qui d’ailleurs se plaisaient à faire les

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