LE BAL
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« Cadet-Rousscl » apparut pour la première fois au public parisien ; en pleine Terreur on y donna des pièces de circonstance : les Dragons et les Bénédictines, et enfin lé Jugement dernier des Rois, qui eut un gros suecès : au dénouement, sur un « volcan en éruption », l’impératrice Catherine IT se battait avec le Pape, elle atlaquant avec le sceptre, lui se défendant avec la tiare... Malgré tout, le théâtre de la Cité n’était pas « folâtre », et Brazier rapporte qu'en 1805, quand il traversait « ces voûtes silencieuses » pour aller faire répéter ses premiers vaudevilles, il lui semblait toujours voir quelque saint fantôme se dresser devant lui!
Le 31 décembre 1806, un impérial décret de Napoléon l’'exilant du Palais-Royal, la troupe de la Montansier émigra au théâtre de la Cité, qui prit le nom de « Théâtre du Palais-Variétés ». Elle y vécut tant bien que mal, — - plutôt mal, — jusqu'au 24 juin 1807, jour où la légendaire directrice prit enfin possession de l'actuel théâtre des Variétés, sur le boulevard Montmartre, abandonnant sans regret les bords de la Seine.
L’infortuné théâtre du Palais se transforme de nouveau, devient tour à tour « Loge maçonnique », « Salle des Veillées », et finalement, en 1810, bal public, le bal du Prado. Sous Louis-Philippe, le « Prado » bat son plein ; Pilodo y brandit le bâton de chef d’orchestre, et les « polkeuses » renommées répondent aux doux noms de Louise la Balocheuse, Angelina l'Anglaise, Ernestine Confortable, Eugénie Malakoff; héritières tardives des
héroïnes de Villon, habituées des mêmes endroits et qui
se dénommaient jadis Maschecroue la Rousse, Maheu la
Lombarde, Guillemette la Rose.
En 1860, on jette à terre cet affreux quartier, on y
édifie le Tribunal de Commerce, disgracieux et lourd. —