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SORTIE DE L'OPÉRA

gène Lam

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sons, se précipitant à la reeherche des assassins. Ceux-ci avaient pris soin de se mettre à l'abri derrière la foule ; c'était du dernier rang des curieux massés devant le n° 21 — exactement en face la principale entrée de l'Opéra — qu’avaient été lancées les bombes. Ces bombes explosibles, grosses comme des balles de tennis, étaient en fonte, bourrées au fulminate de mercure el hérissées de détonateurs. Par terre, on ramassait des pistoletsrevolvers chargés, des couteaux-poignards, des « poires de métal armées de capsules ». (1) Dans un restaurant voisin on arrêtait un blessé suspect dont les dénonciations permettaient à la police d'arrêter immédiatement quelques-uns des principaux criminels. Deux mois plus tard Orsini et Piéri, les chefs du complot, étaient guillotinés; Rudio et Gomez, leurs complices, envoyés au bagne.

La salle de la rue Le Peletier devant laquelle s’accomplit cet attentat féroce — qui fit cent cinquante-Six victimes, morts ou blessés — était la dixième salle occupée par l'Opéra. Six mois après l'assassinat du duc de Berri (place Louvois, 13 février 4820), la construction avait été commencée sur l’emplacement de l'hôtel de Choiseul. Cet hôtel primitivement édifié par le richissime financier Bouret avait son entrée sur la rue Grange-Batelière (aujourd’hui rue Drouot) en face l'actuelle mairie ;

ses jardins s'étendaient jusqu’à la rue Le Pelctier (?).

(4) Id. Passim.

(2) La rue Drouot n'existait pas alors; l'actuelle rue de la Grange- Batelière tournait à angle droit (à la hauteur de l'actuelle rue Drouot) et continuait jusqu’au boulevard (voir le plan).

L'aëministration occupa l'hôtel et le théâtre fut construit

sur les jardins. La façade s’ouvrait rue Le Pelelier; les statues des Muses la couronnaient, mais les exigences architecturales avaient modifié la mythologie, les «neuf»

Muses n'étaient que « huit » sur le fronton de l'Opéra. Le théâtre s'élevait entre trois rues, la rue Le Peletier,

la rue Rossini, la rue Drouot ; le quatrième côté n’était = séparé des immeubles voisins que par un étroit passage

sombre dénommé le « passage Noir » et qui aboutissait rue Drouot. Du milieu de ce passage parlaient, perpendiculairement au boulevard des Italiens, deux galeries

fastueuses, la galerie de l’Horloge et la galerie du Baro- -

mètre. Or, de 1821 à 1873, ce « passage Noir » boueux, éclairé par des quinquets fumeux, ce passage, sale, malo-

dorant, fleurant les relents des cuisines avoisinantes et

d’autres odeurs plus pénibles encore, Ce passage où circulaient les machinistes, les figurants, les claqueurs.… fut une des attractions de Paris.

L’explication est toute simple : c’est là que les dandys,

les lions du règne de Louis-Philippe, les cocodès du second Empire, les Élégants de la seconde République ‘qui n'avaient pas leurs « entrées » dans l’Opéra, devaient guetter la sortie des danseuses du corps de ballet qui de tout temps furent, — comme chacun sait — une de nos

gloires nationales. Sous tous les régimes, cette phalange de jolies filles eut le don d'enflammer les cœurs ; c'est.

une vérité qui remonte à la plus haute antiquité : Saltavit et placuit. « Elle fit des ronds de jambe et on

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Extrait du plan de Paris, de Vasserot, en 1836. | La À & l à % # É 4 7. " ? *; è L 25 4 “ \ { ÿ

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