‹ A travers ParisChapitre 76 sur 90 · PRE · texte numérisé non relu

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était née en 1743, elle mourut en 1816... Saltavit et placuit !.…..

Les inscriptions ont disparu sous la mousse et le lierre, des touffes de coquelicots s’épanouissent sous des monticules de terre qui jadis recouvraient des cercueils. Rien de plus poétique que ce petit sanctuaire évoquant la sereine beauté des saintes nécropoles d'Eyüb ou de Scutari.

Les visiteurs sont rares en ce cimetière clos depuis 1858... Cependant, tous les mois une vieille dame en deuil dépose des fleurs sur la seule tombe encore entretenue, celle d’un enfant mort en 1855... Quand cette dame ne

viendra plus, ceux qui reposent ici ne seront pas cependant complètement délaissés. Tous les oiseaux du Bois,

mieux que les Parisiennes, connaissent cette oasis mystérieuse, et merles, pinsons, fauvettes et rossignols y lancent au ciel leurs trilles les plus perlés, — c’est l'hymne divin chanté par la nature en l'honneur des pauvres morts dormant en cette terre sacrée qu’embaument, comme des encensoirs, l’aubépine et l'acacia, où les pétales de fleurs couvrent le sol comme des roses de Fête-Dieul

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E 18 août 1847, vers quatre heures de l’après-midi, le

1 bruit se répandit dans Paris qu’un meurtre effroyable

venait d’être commis à l’hôtel Sébastiani, faubourg Saint- Honoré. La duchesse de Praslin, fille du maréchal Sébastiani, avait été assommée à coups de crosse de pistolet, déchiquetée, percée de coups de couteau, et l'assassin, chuchotait-on, était le duc de Praslin luimême ! — On ajoutait que le crime avait été exécuté avec une telle sauvagerie que M. Allard, successeur de Vidocq à la police de la sûreté, se serait écrié en entrant dans la chambre de la duchesse, transformée en un charnier sanglant : « Vilain ouvrage ! les assassins de profession travaillent mieux... c’est un homme du monde qui a fait le coup ! »… Et la foule d’accourir au faubourg Saint-Honoré (1).

(4) ...Gette chambre fait horreur. On y voit toute palpitante et comme vivante la lutte et la résistance de la duchesse. Partout des mains sanglantes allant d'un mur à l’autre, d’une porte à l’autre, d'une sonnette à l’autre. La malheureuse femme, comme les bêtes fauves prises au piège, a fait le tour de la chambre en hurlant et en cher-

chant une issue sous le couteau de l'assassin. (Vicror Huco, Choses: vues, 1847, p. 230.)

Là, au numéro 55 — entre l'Élysée-Bourbon où réside M. le Président de la République et l'hôtel Castellane, sur l'emplacement même de lacluelle rue de l'Elysée (percée en 1860), — s’ouvrait une haute porte cochère cintrée, flanquée de deux colonnes et surmontée d’un entablement de style dorique. Deux maisons enca-

draient cette porte cochère ; celle de droite n'était

séparée de l'Elysée que par un chemin herbeux, large de deux mètres, serpentant entre les murailles, reliant le faubourg à l'avenue Gabriel (1). Ce chemin herbeux passait donc là où s’allonge aujourd’hui le trottoir longeant le palais de l'Elysée. Détail qui donne la note exacte de ce qu'était le quartier en 1847, ce singulier herbage était loué à la femme Forriot, marchande de lait de chèvre, une paysanne en. marmotte de cotonnade, qui y faisait

(4) Nous nous sommes transportés : 1° Dans le jardin du Palais de l'Elysée en présence de M. Meunicr, concierge du jardin; nous avons examiné les murs et leurs environs depuis le château jusquà l'avenue des Champs-Elysées, dans le voisinage d’un couloir apparte-

pant à la maison de Caïtellane. Ces murs de 2 m. 50 de hauteur sont

en assez mauvais état. 2o Dans le couloir ou chemin de ronde susdésigné qui sépare par un espace de 2 mètres le palais de l'Flysée de la maison de M. le duc de Praslin; ce couloir sert à élever des chèvres et animaux domestiques appartenant à la femme Poiriot, marchande de lait de chèvres : il est formé par les murs susdésignés et par celui de la maison Praslin élevé de 3 mètres. 8° Dans le bâtiment en cons-

truction sous la direction de M. Visconti, architecte, attenant au

nord-est à la propriété de M. Ile duc de P... et séparé d'elle par un chemin de ronde de 3 mètres de largeur. (Cours des Pairs : Assassinat de Mme de Praslin, Perquisitions et recherches, 2° pièce,

cc. 858.)

paître en liberté ses chèvres « et autres animaux domestiques ». Derrière la porte cochère, une avenue d'environ

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PORTE COCHÈRE DE L'HÔTEL DE PRASLIN, Rue et faubourg Saint-Honoré,

soixante mètres de longueur, ménagée entre les deux maisons précitées, conduisait à une vaste cour au fond

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de laquelle s'élevait l’hôtel Sébastiani. Derrière l'hôtel un jardin, clos d’une double grille, rejoignait Lercnne Gabriel.

Une foule considérable, grossissant de minute en minute, avait envahi le faubourg ; les sergents de ville flanqués de piquets de soldats avaient grand’peince à

maintenir le circulation, à écarter les rangs pressés des.

curieux pour faire place aux magistrats, aux hommes de police, aux médecins, aux grands personnages, que leurs fonctions appelaient sur le théâtre du crime. On les nommait : Voici le duc Pasquier, chancelier de France: il avait déjà présidé, le mois précédent, le terrible procès des ministres Teste et Cubières ; Iui faudra-t-il de nouveau frapper un membre de la Chambre des pairs ?..

Voici le ministre de l'Intérieur, M. Delessert ; le procu-

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reur général Delangle ; M. Hébert, garde des sceaux ; ; le.

juge d'instruction Bronssafe des pairs de France, e ducs de Massa, de Brancas, M. Bertin de Vaux, M. Victor Hugo, le général baron Marbot, nommé pair le 6 avril 1845, en même temps que le due de Choiseul… Les commentaires d'aller leur train; on rappelait les

scandales récents, le coup de couteau du prince d'Eck-

mühl (1), le suicide du comte Bresson, la folie du comte Morlier voulant tuer ses enfants à coups de rasoir.

(4) ...… Le prince d'Eckmühl a été arrêté dans la nuit, la nuit passée, comme vagabond et mis dans une prison de fous, après avoir donné des coups de couteau à sa maîtresse. (VicTror Hu6o, Choses vues 1847, p. 233.)

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