‹ A travers ParisChapitre 83 sur 90 · AUTOUR DE LA PORTE MAILLOT AC · texte numérisé non relu

AUTOUR DE LA PORTE MAILLOT AC

tait que le jeune sang de ces malheureuses victimes était destiné à confectionner des bains régénérateurs pour Louis XV et ses courtisans usés de débauches.. On se ruait sur les exempts de police et une « mouche », — lisez espion, — appelée Parisien, avait été saisie, assommée et traînée par les pieds, la tête dans le ruisseau, jusqu’à la demeure de Berrier, lieutenant général de police, dont toutes les vitres avaient été brisées({). «Aussi le Roi, qui d'ordinaire venait par les remparts de

(4) « … Samedi 23, la sédition a été plus forte; l'affaire a commencé

à la butte Saint-Roch, où l'on dit qu'on a voulu prendre un enfant la populace y est accourue et s'est assemblée en très grand nombre. Un espion de la police et la mouche d’un exempt, que l'on a reconnu, s'est sauvé chez le commissaire de la Vergée, vis-à-vis Saint-Roch, rue Saint-Honoré, laquelle a été bientôt inondée de peuple. Les boutiques et les maisons ont été fermées jusqu'à la rue de la Ferronnerie ; ce peuple a trouvé des bâtiments et des moellons qu'il a cassés pour avoir des pierres; il a demandé qu'on lui livrât cet espion, qui se nomme Parisien et qui était un très grand coquin de l'aveu de tout le monde, Le commissaire a dit qu'il ne l'avait pas ; un archer du guet, ‘qui était à la porte, soit de lui-même, soit de l’ordre du commissaire, a tiré un coup de fusil dans le ventre d’un homme; cela a mis le peuple en fureur; à coups de pierre, ils ont brisé et enfoncé une grande et forte porte cochère du commissaire ; ils ont cassé toutes les vitres de la maison; ils ont menacé de mettre le feu à la maison; ils ont mème, dit-on, été chercher des armes. La fureur du peuple était si grande, que le commissaire et les aguazils du guet à pied ont été obligés de leur promettre cette mouche pour les apaiser, et, en effet, on a livré le pauvre Parisien au peuple qui, en une minute, l'a assommé et ils l'ont traîné par les pieds, la tête dans le ruisseau, à la maison de M. Berrier, lieutenant général de police, qui demeure un peu plus haut que Saint-Roch, après les Jacobins. Ils ont voulu l'attacher à sa porte. On a cassé toutes les vitres du devant de la maison de M. Ber-

rier, ayec des imprécations épouvantables contre lui, menaçant de lui

LA

Paris pour gagner la porte Saint-Denis, 6à Messieurs de

la Ville l’attendaient sur son passage, est-il suru du bois

de Boulogne par la porte Maillot pour traverser la plaine et gagner Saint-Denis à travers les terres. (1) »

L'AVENUE DE LA GRANDE-ARMÉE. JANVIER 1874, Martial, aqu. :

en faire autant, si on pouvait le trouver ; la porte de M. Berrier était fermée et on a été obligé d'y envoyer plusieurs brigades de guet à cheval et à pied pour seulement garder la maison &e M. Berrier, qui,

dès le commencement de ce tapage, était sorti de sa maison parune

porte qui donne dans les Jacobins. » (Journui de Barbier ou Chronique de La Réyence et du Règne de Louis XV, vol. IV, p. 424-430.)

(4) «… Les uns ontdit qu'il n'avait pas passé par Paris, à cause dés dernières émotions populaires; les autres qu’il avait voulu marquer du mépris au peuple à cause de leur sédition. Le premier motif est. plus vraisemblable. « (Journal de Barier ou Chrome de la Régence et du Règne de Louis X V, vol. IV, p. 440.)

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