LISE AUTOUR DE LA PORTE MAILLOT ÀA
seurs venant « faire travailler » leurs bulls et leurs fox-terriers, car le patron de ce singulier établissement, M. Gustave, un brave homme, passionné pour son rude - métier, fournisseur attitré des « principaux équipages .__ de chasse sous terre », est dresseur de chiens ratiers avec « essais sur renards, blaireaux et rats dans les ter-
A SPERT LAS 1
Dés
4 riers du ratodrome ». Autour de la petite arène, où se + livrent de sanglants combats, une barrière soigneuse- ; ment grillagée; sur la piste, des terriers factices où tout : ee. à l'heure se glissera le blaireau chargé de donner «la
…. Quand nous entrons, deux fox-terriers sont en lrain
ou, s’il y a parfois jeté les yeux en courant rapidement sur ce chemin
4 de plaisance, il l'aura regardée comme la porte d'une boutique misé- Ë Dr rable, d'un bouge quelconque, d’une masure. C'était la porte de son É: tombeau. ï
1528 Aujourd'hui mercredi, j'ai visité le lieu où le prince est tombé; il
‘y a précisément à cette heure une semaine. C’est à l'endroit de la
chaussée qui est comprisentrele vingt-sixième etle vingt-septième, arbra
à gauche, en comptant les arbres à partir de l'angle que fait le chemin , afec le rond-point de la porte Maillot. Le dos-d’âne de la chaussée «
vinyt et un pavés de largeur, Le prince s'est brisé le front sur le troi- . sième ete quatrième pavé àgauche, près du bord. S'il eût été lancé
dix-huit pouces plus loin, il serait tombé sur la terre.
| Le roi a fait enlever les deux pavés tachés de sang et l’on distin-
fuait encore aujourd’hui, malgré la boue d'une journée pluvieuse, les j deux pavés nouveaux fraîchement posés...
Du lieu où le prince est tombé, on aperçoit à droite, dans une . éclaircie, entre les maisons et les arbres, l’Arc de l'Étoile. Du même côté et à une portée de pistolet, apparaît un grand mur blanc entouré ; “. ; de hangars et de gravois, bordé d’un fossé et surmonté d'un enchevé- Dr. trement de grues, de cabestans et d'échafaudages. Ce sont les fortifis ” cations de Paris. (Vicror Huco, Choses vues, p. 64 et 65.)
de casser les reins à une dizaine de ARE Re ce n ’est
pas long. Les rats crient, veulent fuir, les chiens les” saisissent par les reins, les lancenten l’air, les secouent,
les rejettent à terre. Et c est fini... Un chien bien exercé doit tuer ses cinq rats en douze ou treize secondes.
Le massacre terminé, un gamin, — celui-là même
qui, d’une grande boîte, pousse dans la piste, avec une
Legle de fer, les victimes désignées, — empoigne les ‘ chiens et lave à grande eau antiseptisée leurs museaux
pleins de sang... Autour de la piste, les propriétaires de chiens, ne et femmes, surveillent. anxieux leurs
toutous, et quelques päles voyous, habitués des « for-
tifs » voisines, jugent les coups, avec, au coin de la lèvre, un fragment jaune de cigarette éteinte.
Bienveillant, M. Gustave nous renseigne : il se détruit au ratodrome environ une centaine de rats par jour;
c’est la corporation des chiffonniers qui fournit le gros du gibier; desamateurs aussi font la chasse . à ces affreux. rongeurs, payés 25 centimes pièce...
Mais le combat durat n'est que jeu d’enfants à . côté de la lutte des chiens contre le blaireau, et M. Gustave sort en notre honneur « Pierror », son blaireau favori, un « malin qui la connaît dans les coins, ne brutalisant
pas les jeunes chiens débutants, ‘n’attaquant que les |
« crâneurs », et, encore, pour leur apprendre à vivre ». On ouvre une boîte et Pierrot, vieux routier, S ’enfouit dans un des terriers factices. Avec des abois féroces,
sept fox-terriers envahissent alors la. piste, entourant
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l'entrée du terrier. Les roublards qui « ont déjà écopé » - aboïent prademment… d’un peu loin, les jeunes se pré- -. cipitent et retirent vite leurs gueules ensanglantées :