PAR
HippoLYTE DELEHAYE S. I.
BRUXELLES Bureaux de la Société des Bollandistes
22, Boulevard *Sain>.-Miih'el • *
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Monsieur J. Franklin Jameson
directeur de
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Il y a quelques années, le distingué bibliothécaire de TAcadémie des Lincei, rendant hommage, en termes chaleureux, a.uK Acta sanctorum, rappela qu'en 1915 les boUandistes célébreraient le troisième centenaire de l'apparition du Viiae Pairum de Rosweyde, qui est comme le point de départ de l'entreprise '.
A vrai dire, les boUandistes songeaient beaucoup plus à la faire avancer qu'à commémorer des anniversaires. Mais puisque d'autres y pensaient pour eux, pouvaient-ils laisser passer, sans jeter un regard en arrière, la coïncidence
I G Gabkieli, SanBriztoe5unNiccta{Grona.{crrRi^, 191^) p. 3-4. En 1893 un bibliothécaire de l'université de Tubinguc avait commémoré à sa façon le 250^ annivcrsaire de l'apparition du premier volume des Acta Sanciorum par un article aux allures étranges. K. GEiGtR, Aus acr Weltder A^ia Sanciorum, dan. Dcuisch-Evangcltschc Bluiur^ t. XVIIl (18^3). P- 573-96. Cf. AnaUcta BoUanituna, t. XllI(i8,4).P-28S 89.
qui ramenait le second centenaire de la mort de Papebroch (f 1714) presque en même temps que le troisième centenaire de cette aurore du bollandisme que fut la Vie des Pères ? Le début de 1915 semblait un moment bien choisi pour unir dans un même souvenir reconnaissant celui qui avait préparé les voies aux Acta sanctorum, et celui qui fut le plus illustre représentant de la critique hagiographique. Le seul énoncé de la date nous dispense d'expliquer pourquoi ce projet n'eut point de suite.
Si le moment où l'on aime à se laisser avertir, par le millésime, d'un devoir à remplir est passé, il n'est pas trop tard pour donner sur l'œuvre bollandienne, inséparable des noms de Rosweyde et de Papebroch, un aperçu que beaucoup de ses amis réclamaient. Dire comment elle est née, à qui elle doit sa forme et ses accroissements, dans quel esprit elle a été conçue, quelles directions lui ont été imposées par révolution de ses principes non moins que par les circonstances, quel est son bilan à l'heure actuelle, comment il faut s'y prendre pour tirer par- <" ti des ressources qu'elle a créées, tel est l'objet de ces pages '.
I. Elles ont paru, à l'exception du dernier chapitre, dans les Études de Paris, du 20 mars au 20 août 1919.
L'œuvre bollandienne n'a pas à se plaindre de n'avoir pas été louée selon son mérite. Nous dirons même que sa réputation est un lourd héritage pour ses continuateurs. Il est vrai qu'elle trouve parmi ses admirateurs une classe fort nombreuse de gens qui se laissent volontiers impressionner par le chitTre imposant et le poids des volumes, et qui ont pour les boUandistes une sorte de respect superstitieux : Sacres ils sont... on sait le reste. Le seul suffrage que puisse ambitionner un érudit, c'est celui de ses pairs ou de ses maîtres, et de ce côté encore les hagiographes n'ont pas été mal partagés. Nous n'avons pas l'intention de rappeler ces témoignages, sinon exceptionnellement. Nous ne voudrions pas, surtout, que cet exposé prît les allures d'un panégyrique. La Société 'des boUandistes n'a jamais passé pour une société d'encensement mutuel. Mais on ne nous interdira pas d'éprouver une vive sympathie mêlée de gratitude pour ceux qui nous ont ouvert les voies, et de nous rappeler que nous vivons dans le rayonnement de leur gloire. Mieux initiés que beaucoup d'autres aux secrets du métier, nous voyons mieux les difficultés de leur tâche, et il n est que juste de ne pas dissimuler les mérites de ces pionniers.
Les références n'encombreront pas le bas des pages. Notre source principale sont les Acta avec les travaux qui sV rattachent et surtout le^ biographies des collaborateurs écrites par leurs collègues et insérées ordinairement dans le premier volume paru après leur décès. Certains dossiers d'archives ont été consultés et aussi la correspondance des anciens bollandistes. Hélas! une partie importante de cette correspondance a péri dans le fatal incendie de la bibliothèque de l'Université de Louvain, où dom Pitra, plus tard cardinal, a trouvé un volume entier de lettres de Papebroch *.
On pourrait citer un nombre considérable d'articles et de notices ayant pour objet l'ensemble ou quelque épisode de l'histoire de l'œuvre. Nous n'indiquerons que la dissertation du P. Van Hecke : De ratione univcrsa operis, en tête du tome VII d'octobre, et l'article du P. De Smedt, BoîlandisUy dans V Encyclopédie catholique de New-York. Et puisque le nom du cardinal Pitra a été cité, nous ne pouvons oublier que les articles enthousiastes consacrés par lui à la collection Ijollandienne et réunis en volume n'ont
I. Études sur la coUectiondcs Actes des saints (Paris, 1850), p. 68.
pas peu contribué à attirer sur l'œuvre renaissante l'attention du clergé français. Ecrits pour des journaux *, ils ont gardé l'empreinte de leur origine. Les nombreuses inexactitudes qui les déparent et le style peu en harmonie avec la gravité du sujet ont eu pour effet de les faire vieillir rapidement.
I. Principalement dams V Univers, 1847, numéros des 5, 8, II, 15, 21, 26 septembre. D'autres parties de l'ouvrage indiqué ci-dessus ont paru dans V Université catholique, 2* série, t. VII, pp. 3^2» 4"» 5^0 ; t- Vm, p. 37 î t. X, p. 182.