I. Ibid., p
s'il n'y a aucune bonne raison de douter de leur authenticité. > Mais il ne dissimule pas la difficulté de la tâche dévolue aux évêques par le concile de Trente, et avoue qu'on en est réduit, en ces matières, à procéder souvent ex piae crednlitatis affectu, plutôt que sur des données certaines. L'enquête conduit fréquemment à constater qu'une relique a été reçue de bonne foi et provient d'un endroit où elle était honorée ; ou bien qu'elle a été trouvée, comme étant de tel ou tel saint, avec des indices de culte déjà ancien. Mais de tels arguments peuvent tromper, et trompent souvent, et l'on est bien obligé de s'en contenter *.
Sébastien de Saint-Paul avait provoqué Papebroch sur la relique du Saint Sang de Bruges, en lui reprochant son ingratitude envers une cité à laquelle la Compagnie de Jésus avait de si grandes obligations. Son crime était, cette fois, de n'avoir pas, à la date du 3 mai, consacré un commentaire détaillé à
I. Papebroch ajoute : « Aequum enim est ut ibi subsistât humanae inquisitionis diligentia ubi ulterior labor esset frustraneus et a superstitionis periculo tuta sit reliquias venerantium religio, quatenus ea tendit inprimarium suitm obiectum, id est sanctorum honorem, etsi fortassis eorum ipsae non essent quae ut taies proponuntur. » Responsio, t. II, p. 366 ; cf. t. I, p. 351.
l'Épreuve
cette importante relique, et de renvoyer simplement le lecteur aux auteurs brugeois, comme si le sujet ne méritait pas d'être traité dans les gros volumes des Acia sanctorum.
Il n'y avait de la part de Papebroch aucun dédain ; mais il avait été heureux, sans doute, de s'abriter derrière la règle adoptée pour les fêtes de cette catégorie : celle du Saint Sang est simplement annoncée dans les praetermtssi avec cette note : De hac solemnitate videri posstint Molanns in Natalibus sanctorum Belgii et scripiores de rébus Brugensibus et Flandricis.
A l'impertinente provocation du P. Sébastien, Papebroch répond finement :
« Est-ce à dessein, est-ce pur hasard, que vous vous êtes abstenu de nommer Molanus ? Si vous l'avez lu, vous saurez qu'à propos de cette relique il n'y a guère moyen d'écrire beaucoup de pages, pas même une demi-page. Vous aurez appris aussi par la note de Molanus, à l'endroit cité, et qui reproduit simplement la doctrine de saint Thomas à laquelle tout catholique doit tenir fermement, que nous avons fait preuve de beaucoup de discrétion en nous abstenant de traiter la question ; que nous n'aurions pu plaire aux Brugeois qu'en la décidant contrairement à l'enseignement théologique communément reçu
l'œuvrb des bollandistes
et à ravis de saint Thomas lui-même. Je doute fort que vous, professeur émérite, vous osiez vous y risquer. Car quoi que vous fassiez, ou vous mécontenteriez le peuple ou vous vous attireriez les colères de l'École ; double écueil qu'on n'évite qu'en gardant le silence *.»
Un des expédients de la tactique du P. Sébastien était de jeter dans la balance les révélations privées et de vouloir trancher des questions historiques par des visions dont de saints personnages avaient été favorisés. Papebroch s'élève contre ces principes subversifs de toute critique et rappelle sa dissertation Dô sanctariim ecstaticarum secitndiim Species naturaliter praehabitas durante raptu quandoque motarum dictis factisque ad historicarum qiiaestionum decisiones non iransfcrendh * .
Mieux que toutes les théories, quelques exemples bien choisis font comprendre sa pensée. Sainte Marie-Madeleine de Pazzi eut une vision sur la manière dont Notre-Seigneur fut attaché à la croix. Sa description répond bien, dit Papebroch, aux peintures de notre époque, mais elle est en contradiction formel-