‹ A travers trois siècles [microform]; l'œuvre des Bollandistes, 1615-1915;Chapitre 25 sur 51 · Lettres du P. De Bye du 8 et du 13 janvier 1789. Ar · texte numérisé non relu

Lettres du P. De Bye du 8 et du 13 janvier 1789. Ar

chives du Royaume, Conseil privé, t. 743, fol. 264-266.

l'œuvre des bollandistes

Adrien Heylen de l'autre. On tomba bientôt d' accord. Le chapitre de Tongerloo consentit à acquérir les bibliothèques des bollandistes et du musée Bellarmin avec le fonds de maeasin et le matériel de l'imprimerie. L'abbave payerait la pension des trois ha^^^iographes, De Bye, De Bue et Fonson, et celle des historiographes Ghesquière et Smet. La confirmation de la cession fut octroyée par l'empereur le 14 mai 1789. En même temps, l'abbaye était autorisée à contracter un emprunt de 60 000 florins pour couvrir les frais de reprise. Le personnel survivant des rédacteurs, auquel on adjoignit le compositeur de l'imprimerie, Van der Beken, s'installa dans l'abbaye, et on se mit bientôt à l'œuvre, avec l'aide de plusieurs chanoines réguliers, que les anciens initièrent au travail hagiographique. En 1794 parut le tome VI d'octobre, Tongerloae, typjs abbatiae. Ave.c C. De Bye et J. De Bue, anciens jésuites, figuraient, comme ayant pris part à la rédaction de ce volume, J.-B. Fonson, ancien chanoine de Caudenberg, D. Anselme Berthod, et les trois chanoines de Prémontré, Siard Van Dyck, Cyprien Van de Goor et Mathias Stals. Il comprenait les saints des 12. 13 et 14 octobre. Comme le prouve, à la dernière page du texte, la signature dies à laqueU

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LA RUINE

le fut substitué le mot INDEX, on se proposait d'ajouter ceux du 15 octobre. Les circonstances n'expliquent que trop la hâte que l'on mit à terminer le volume. Il avait été composé au milieu des troubles de la révolution braban. çonne, et l'on était à la veille d'un nouveau cataclysme. Au début de l'année: 1792, les troupes autrichiennes avaient occupé l'abbaye, et le gouvernement avait ordonné de mettre sous scellés l'imprimerie des bollandistes, qui n'avait été rouverte qu'à la fin de novembre par le général de brigade français, Eustache *. L'impression fut reprise. Elle était à peine terminée lorsque la Belgique se vit de nouveau envahie par les troupes de la République française. Ce fut, avec la confiscation des biens ecclésiastiques, la persécution pour les relieieux, et, au milieu de tant de ruines, la suppression définitive de l'œuvre bollandienne. Une partie de la bibliothèque fut cachée par les paysans, on devine dans quelles conditions ^ ;

1. W. Van Spilbzeck, Eene onuit^^gevene bladzijdeîiit de geschUdems van het Bollandisme, dans De Vlaamsche School, 1884, p. 75-78.

2. € Des livres, des manuscrits précieux deviennent la proie des flammes ou des vers. On raconte que, vers le temps de la conclusion du concordat avec le ^aint-Siège, l'un de ces dépôts littéraires ayant été

l'œuvre des bollandistes

LA RUINE

une autre, chargée en hâte sur des chariots, fut transportée en Westphalie. On ne put jamais en faire rentrer qu'une partie.

Il paraît que les livres et manuscrits qui se trouvaient dans les environs de Tongerloo furent déposés successivement pendant la nuit au château de Westerloo. Le gouvernement des Pays-Bas fit des propositions pour acquérir ce dépôt. Comme ils n'entrevoyaient plus aucun espoir de rétablir jamais l'œuvre bollandiennc, les survivants de l'abbave vendirent, en 1827, ce qui leur restait pour 7000 florins. Les livres furent envoyés à la bibliothèque de La Haye ; les manuscrits à la bibliothèque de Bourgogne à Bruxelles, où ils sont encore *. Parmi ces manuscrits se trouvaient, classés par ordre de dates, les matériaux réunis pour la continuation deTceuvre, du i6octobreau 31 décembre. Une autre partie de la bibliothèque, celle sans doute qui était revenue de

découvert par radministration des domaines, le fermier qui le recelait, effrayé des suites fâcheuses que cette saisie pouvait avoir pour lui, mit lui-même le feu à l'habitation où ce dépôt était caché, afin qu'on n'eût point de preuves contre lui. » Bibliotheca Hulthemiana, t. VI (Gand, 1S37), P- vi.

I. Bibliotheca HuUhemiana,t.yi, p.vn ; cf. Act. SS. Oct. t. VII, p.xx ; Gachard, op. cit., p. 50.

Westphalie, avait été mise en vente publique à Anve^ en 1825. Les principaux acquéreurs furent le bibliophile anglais Héber (Williams) et les bibliophiles belges Van Hulthem et Lammens *.

Telle fut la fin du musée bollandien.

En l'an X (1802), le citoyen A. G. Camus reçut du gouvernement de la République française et de l'Institut une mission scientifique dans les départements de la rive gauche du Rhin, de la Belgique et du Nord. Il s'enqnit minutieusement de tout ce qui concernait Tancienne société des bollandistes, sur laquelle il donne des renseignements fort exacts qu'il tient surtout du « citoyen La Serna ». Les détails suivants qu'il ajoute sont intéressants à recueillir. Ils montrent que, dans le monde de Pérudition, on prenait difficilement son parti de la suppression de l'œuvre.

« Le citoyen Dherbouville, préfet du département des Deux-Nèthes à Anvers, a fait en l'an IX (1801), des tentatives auprès des ancie ns bollandistes pour les engager à reprendre leurs travaux ; elles n'ont pas eu de succès. Au mois de frimaire an XI (1803), l'Institut a écrit au ministre de l'Intérieur, pour le prier d'engager

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