‹ A travers trois siècles [microform]; l'œuvre des Bollandistes, 1615-1915;Chapitre 27 sur 51 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

La restauration

En 1836, on vit se constituer en France une Société hagiographique ayant pour but de continuer les Acta saficiorum. Elle s'était assuré l'appui du ministre de l'Instruction publique, qui était alors Guizot, et cherchait à négocier avec le gouvernement belge l'envoi à Paris des matériaux déposés à la bibHothèque Royale. L'abbé Pcrrin, envoyé à Bruxelles pour faire les démarches nécessaires, commença une campagne de presse, destinée à intéresser le public belge à la nouvelle entreprise*. On remarqua bientôt que la Société, dont la plupart des membres étaient entièrement inconnus du monde savant, semblait plus riche d'enthousiasme que d'expérience, et ce n"est pas sans une sorte de stupeur que fut accueillie la déclaration suivante : € Nous espérons, avec tous nos efforts réunis, pouvoir publier chaque année, s'il ne s'élève pas d'obstacles,environ trois volumes in-folio de

I. Dans le journal L,'U7îion, de Bruxelles, des ^5 novembre, 6, 8, 9 et II décembre 1836.

l'œuvrb des bollandistes

deux cents feuilles chacun, vingt-quatre mille lettres à la feuille ; ce qui donnera, selon nous, dix années de travail. »

On s'émut, dans les cercles lettrés, de cette initiative inconsidérée et de cette mainmise de l'étranger sur une œuvre si éminemment belge. Le journal U Union, celui-là même qui avait ouvert ses colonnes à la réclame de l'abbé Perrin, publia une note annonçant que l'on s'occupait activement en Belgique du rétablissement de Tancienne association des bollandistes, et concluait en ces termes : « La continuation des Acia sanciorum, un des monuments les plus importants de notre gloire littéraire, doit appartenir de plein droit à la Belgique '. » Quelques jours après, le même journal insérait un communiqué ainsi conçu: « Pour faire cesser tout doute sur la Société belge qui s'occupe de la publication des Acia sanciorum, on nous informe que c'est la Compagnie de Jésus en Belgique qui continuera l'œuvre qu'elle a commencée. » Cette déclaration porta le coup de mort à la Société hagiographique dont, à partir de ce moment, il n'est plus question.

Il faut dire que les jésuites n'avaient montré aucun empressement à la remplacer. La province belge de la Compagnie commençait à se refor-

Page 1