‹ A travers trois siècles [microform]; l'œuvre des Bollandistes, 1615-1915;Chapitre 38 sur 51 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

La réorganisation.

La dernière phase de l'œuvre bollandienne nous conduit en pleine histoire contemporaine, et le fait que là génération actuelle a pris part à la réorganisation dont le P. De Smedt fut l'initateur, nous impose une réserve sur laquelle il serait superflu d'insister. Un simple exposé de la marche des travaux durant cette période devra suffire.

Lorsque le P. De Smedt fut appelé, en 1876, à Bruxelles, pour remplir le vide causé par la mort du P. De Buck, il enseignait au collège de Louvain l'histoire ecclésiastique. Il avait, quelques années auparavant, publié dans les Études religieuses, des articles remarqués qui furent réunis sous le titre de Principes de la critique historique, et un peu plus tard, une ample introduction à l'histoire ecclésiastique, qui devait être suivie d'une série de dissertations sur des questions choisies. Le premier volume, les Dissertât iones in primant aetaiem, a seul été imprimé. Les autres furent en partie autographiés à l'usage des élèves.

Durant ses années d'enseignement, le P. De Sniedt avait suivi de près le progrès des méthodes historiques et l'essor extraordinaire qu'avaient pris les travaux d'érudition dans tous les domaines. Depuis longtemps, il se rendait compte de ce que l'œuvre bollandienne avait à gagner à entrer dans les voies nouvellement tracées, et déjà en 1870, ayant constaté que les plans de réforme jugés nécessaires n'avaient pas de chances d'aboutir alors, il avait renoncé à la collaboration qu'on lui avait dès lors demandée. En le rappelant on reconnaissait la justesse de ses vues. Et en effet, il était difficile de ne pas voir qu'insensiblement, depuis la reprise de l'œuvre, les conditions du travail s'étaient complètement modifiées. Les bibliothèques et les archives s'ouvraient partout aux travailleurs, ou leur assuraient des facilités inconnues jusque là. Les catalogues et les inventaires se multipliaient, et la fatigue des voyages n'était plus une excuse suffisante pour se passer d'un manuscrit important. Le travail historique mieux organisé dans les universités et dans les écoles nationales contribuait à répandre et à perfectionner les procédés, et l'on comprenait mieux de jour en jour que le point de départ de toute recherche séri-

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euse doit être un texte bien établi. D'autre part, des branches nouvelles du savoir prenaient alors un développement considérable, et les études de littérature comparée attiraient l'attention sur des documents jusque-là dédaignés. Ne pas se rajeunir, c'était se mettre dans des conditions d'infériorité évidentes, et s'exposer à languir au milieu de l'indifférence des générations montantes.

Il restait en manuscrit un volume du mois d'octobre, le treizième et dernier, conçu à l'ancienne manière. Le P. De Smedt proposa de le mettre simplement au point, et de dater la réforme du premier volume des Acta sancioriim novembris. Ce plan fut adopté, et il se mit aussitôt à la préparation de la nouvelle série, avec les collaborateurs qu'on lui assigna, les P. P. Guillaume Van Hooff et Joseph De Backer. Tous deux, après de loyaux services, devaient quitt<^r la plume pour le saint ministère.

Le premier volumie parut en 1887. Aux yeux des profanes, il ne tranche pas sur les précédents. La disposition générale est conservée, et la physionomie du « jour » est la même que dans les volumes précédents. Mais deux innovations importantes le distin-

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guent. La première consiste à donner les Actes des saints sous toutes les formes qu'ils affectent dans les manuscrits, sans égard à la valeur historique. Les Actes interpolés, apocryphes ou fabuleux ne sont nullement exclus. On se place résolument au point de vue littéraire, et l'on applique avec méthode le principe, qui était celui des anciens mais que, dans la pratique, ils hésitaient souvent à suivre : faire connaître toute l'hagiographie du saint, en indiquant très exactement la portée de chaque document. C'est ainsi que saint Hubert est représenté par sept vies bien distinctes, dont le commentaire fixe la valeur, et qui permettent de suivre l'évolution de sa biographie.

Un autre progrès se manifeste dans la manière d'éditer les textes. Les hagiographes ne se contentent plus d'un petit nombre de manuscrits que des circonstances favorables ont mis à , leur portée. Ils visent à les voir tous, essayent de les classer, et relèvent minutieusement les variantes *. Nous disons

I. On lira avec intérêt les lignes suivantes écrites par Mgr Duchesne lors de l'apparition du tome I de Novembre. « Ces jours derniers, je parlais des"Acta sanctorum» à un savant des plus distingués. Il m'interrompit ; — «Ne me parlez pas des bollandistes, je ne peux pas les

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qu'ils essayent de les classer, car bien souvent le caractère spécial de la tradition manuscrite rend illusoire, en hagiographie, un classement

rigoureux.

Ces deux points essentiels sont observes

sentir.^-Pourquoi donc ? --Parce qu'ils ont de la critique "- ''C'est bien ce que tout le monde leur reproche. Pour les uns, leur critique est trop timide, pour les autres elle est trop sévère. Beaucoup d'érudits sont de ce dernier avis. Non qu'ils soient en général très Qisposés à s'attendrir sur le dégât fait aux traditions hagiographiques ; ce qu'ils regrettent, c'est que, dans bien des cas les savants éditeurs des -Ac ta" aient cru devoir exclure de leur immense recueil des productions apocryphes, il est vrai, mais curieuses et intéressantes au point de vue de la littérature, de l'art, de l'histoire elle-même.

«Désormais ce regret ne sera plus formulé, au moins tant que la célèbre publication s'inspirera de l'esprit qui a dirieé les auteurs de ce premier volume de novembre. Non seulement, on n'exclut aucun texte légendaire mais on s'efforce de réunir et de classer toutes les éditions connues de chacune de ces légendes. Et ces publications de textes sont faites après dépouillement de tous les manuscrits accessibles, examen et comparaison des vanantes, en un mot, toutes les ressources de la critique textuelle Nos vieux récits hagiographiques sont traites ici avec un soin tout aussi pieux, quoique différent dans ses manifestations, que celui des copistes et des eniumineurs qui les illustraient au moyen âge dans de splei^ dides volumes de parchemin. » Bulletin critique, t. IX (1888) p. '-201.

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dans les volumes suivants, et le seront à l'avenir. A mesure que la technique se perfectionnera clans les Acta sanctorum- et qu'on s'attachera plus étroitement à la méthode philologique, la collection gagnera en valeur. La proportion des volumes ne tendra pas à diminuer, le nombre des documents ne cessant de croître. L'achèvement de l'œuvre n'en sera pas non plus hâté. L'obligation qu'on s'impose de prendre connaissance d'un grand nombre de manuscrits, dont souvent la dispersion est extrême, la nécessité qui s'ensuit d'en coUationner un bon nombre, entraîne un travail considérable, que l'impossibilté des groupements, résultant de l'ordre du calendrier, ne- laisse pas d'aggraver. La prépara-. tion d'un volume des Acta sanctorum sera donc infiniment plus laborieuse que par le passé et les beaux temps ne sont plus où un boUandiste pouvait signer dix-huit in-folios.

L'inconvénient de ces majestueuses unités, dont la manœuvre est si difficile, saute aux yeux. L'idée devait venir d'en créer de plus légères, et, sans abandonner la série désormais trop avancée pour subir des modifications profondes, de lui adjoindre des volumes d'un format plus maniable et d'une publica-

tion plus aisée. Le besoin d\me collection supplémentaire se faisait d'autant plus sentir que Ton n'avait aucun moyen a'écouler un grand nombre de pièces intéressantes qui s'accumulaient dans les tiroirs, lorsqu'elles ne se rapportaient pas aux dates que devaient comprendre les prochains volumes. La plupart d'entre elles semblaient réservées pour le jour lointain où Ton se déciderait à refondre la collection ou à publier les grands suppléments déjà rêvés par Papebroch. Et puis n'était-on pas dans la nécessité d'encomhvtrXts Acta sanctorum à' mt foule d'accessoires et de préliminaires, faute d'un recueil destiné à les recevoir ? Quelle ressource avait-on pour la publication des travaux d'ensemble auxquels les Acta -se prêtaient si mal et dont le besoin se faisait de plus en plus sentir ?

Les Analecta Bollandiana publiés sous forme de recueil trimestriel, depuis 1882, vinrent combler cette lacune. On s'y proposait de publier des textes inédits ou améliorés, en supplément aux volumes déjà terminés des Acta sanctorum, d'y communiquer au public les découvertes que les recherches dans les bibliothèques ne pouvaient manquer d'amener. ■ Il y avait place pour des dissertations, des

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descriptions de manuscrits, des catalogues, en un mot pour tous les genres de publications qui pouvaient servir à la critique hagiographique.

Le recueil, dont le programme s'inspirait des principes scientifiques qui devaient désormais prévaloir dans l'œuvre, reçut du pubhc lettré un accueil favorable. L'on comprit qu'il constituait un supplément indispensable aux Acta sanctoYiim, et en peu de temps son existence fut assurée. Ses rédacteurs habituels étaient les bollandistes. Ceux-ci acceptèrent avec reconnaissance des contributions qui leur furent offertes par des savants de tous les pays. Nous citerons, parmi les plus connus, pour la France, M . d'Arbois de Jubainville, Mgr Duchesne, Mgr Batiffol, M. Max Bonnet, le chanoine Ulysse Chevalier, Mgi Petit, actuellement archevêque d'Athènes, M. Pfister ; pour l'Italie, M. E. Martini, Mgr G. Mercati, M. Pio Franchi de' CavaUeri, le P. Savio ; pour l'Angleterre, le P. Thurston, M. Charles Plummer ; pour l'Irlande le P. Edm. Hogan ; pour l'Allemagne, M. B. Krusch, M. H. Usener ; pour la Russie, M. Ed. Kurtz ; pour la Belgique, Mgr Abbeloos, M. G. Kurth, M. F. Cumont.

Le progrès des études historiques, l'inten-

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site toujours croissante de la production littéraire jetait dans la circulation une foule de travaux se rattachant à l'hagiographie. A côté des livres de pure édification ou des monographies à prétentions savantes, on voyait paraître des textes de Vies de saints établis suivant les dernières méthodes, des articles de revue, des thèses de doctorat dont le sujet était emprunté à ces études, sans compter les travaux d'une portée plus générale dont elles pouvaient souvent tirer profit. Les bollandistes étaient par métier astreints à les lire. Pourquoi ne communiqueraient-ils pas à leurs abonnés le fruit de leurs lectures ? et n'y avait-il pas a exercer sur la littérature hagiographique contemporaine un travail de contrôle analogue à la critique des textes anciens ? Ces considérations ont décidé de l'adjonction, à chaque numéro des A7ialecta, d'une partie bibliographi- • que. A partir du tome X,i89i,le Btdletin des pu^ blications hagiographiques poursuit la tâche de renseigner le lecteur sur le mouvement scientifique dans ses rapports avec les Actes des saints. Les rédacteurs essayent d'analyser les ouvrages avec exactitude, de les apprécier avec impartialité et, tout en évitant de décourager les jeunes talents et les bonnes volontés, signalent les défauts que l'habitude du

métier fait aisément découvrir. Le Bulletin n est pas pour eux une source de joie sans «ne ange. C'est une chaîne, dont lé poids salourdutous les jours, et puis, le ^.««s ,>,,-. tabtle n étant pas près de s'éteindre.leur libre critique leur rapporte souvent tout autre choses que des bénédictions.

L'étude des manuscrits est la base du travail scientifique. C'est de ce côté que devait se pprter le principal effort des nouveaux bolandistes L'exploration méthodique des bibliothèques fut donc au premier plan de leurs préoccupations, et ils se décidèrent à entreprendre 1 inventaire des richesses hagiographiques manuscrites de toutes les bibliothèques de l'Europe -c'est trop peu dire, car il faut les chercher partout où il s'en trouve. Ce travail, qui se poursuivra dans la mesure des ressources de I œuvre, a donné naissance à la séné des Latatogt codicmn hagiographicorum. Ceux qui ne dépassent pas une certaine étendue, prennent place dans les Analecia. Quand ils sont trop encombrants, ils fonfl'obj.t d'une publication TT":' . P'*""'^'" ^^talogue paru dans les 1 j XT DiDliotheque communa-

le de Namur. Il n'y a guère de volume de la revue qui n'en renferme quelques-uns. La se-

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conde série s'ouvrît par les deux volumes consacrés aux manuscrits latins de la bibliothèque Royale de Bruxelles. Elle fut continuée par les inventaires des manuscrits latins de la bibliothèque Nationale de Paris, en quatre volumes, de la bibliothèque privée de l'empereur d'Autriche, des manuscrits grecs de la bibliothèque Nationale de Paris, des manuscrits grecs de la bibliothèque Vaticane. des manuscrits latins des bibliothèques de Rome sans la Vaticane, puis de ceux de la Vaticane, des manuscrits grecs des bibliothèques d'Allemagne, de Belgique et d'Angleterre. Tous ces catalogues sont rédigés sur le même plan. Les manuscrits ont été examinés feuillet par feuillet, et toutes les pièces hagiographiques non seulement notées, mais identifiées, s'il en existe une édition. En appendice à presque tous ces catalogues se trouvent joints des textes inédits trouvés au cours de l'exploration.

Pour ne pas charger les catalogues d'inuti^ les répétitions et en faciliter l'usage, il manquait un répertoire indiquant avec précision les pièces hagiographiques déjà imprimées, et que l'on savait dispersées dans d'innombrables publications. Pareil répertoire rendrait d'ailleurs des services de tout genre, et permettrait

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d'entreprendre les travaux d'ensemble qui supposent l'iftventaire complet des sources imprimées. On s'attela à cette besogne e.t des milliers de volumes furent dépouillés. Le premier résultat de ce travail fut la Btbliotheca hagiographica graeca, publiée en 1895. On put voir par le succès de cette publication à quel point le besoin s'en faisait sentir. Bien que s'adressant à une partie restreinte d'un public très spécial, elle fut rapidement épuisée et une se- • conde édition devint nécessaire. Elle parut en igoQ- La comparaison des deux éditions est instructive au point de vue de la statistique de l'hagiographie scientifique. Le nombre des textes orrecs publiés en ces dernières années est énorme, et montre avec quel intérêt est cultivée, dans les milieux universitaires, unç branche de la littérature longtemps dédaignée. On a souligné dans cette édition un des résultats les plus heureux de la publication des catalogues de manuscrits. Syméon Métaphraste était, en hagiographie, l'homme à la fois le plus célèbre et le moins connu. On le rencontrait à chaque pas, et à tout instant il tallait s'assurer de son identité, décider, entre des textes anonvmes, quel était celui qui lui appartenait. Les critères manquaient malheureusement, pour faire ce discerne'

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ment, eton se prononçait souvent sur de vagues indices, comme pour se débarrasser d'un personnage encombrant. L'analyse détaillée des ménologes grecs a permis de reconnaître sans effort la collection qui se réclame du nom de Métaphraste. et de la rétablir, pièce par pièce. La Synopsis Metaphrastica qui termine la nouvelle Bihliotheca résume ce travail de restitution.

La Bibîioiheca hagiographica laiina, dont l'impression commença en 1898 et qui fut terminée en 1901 est un travail autrement considérable. Il n'y a pas d'exagération à dire qu'il n'est pas une bibliothèque au monde qui possède tous les textes qui y sont enregistrés.. Après le dépouillement des collections et des monographies qui exigea plusieurs années, commença la besogne ardue du classement. Il fallut, dans un grand nombre de cas, recourir aux manuscrits pour reconnaître des intermédiaires ou identifier des pièces connues par de simples extraits. Dix ans après, un supplément était nécessaire. Il ne compte pas moins de trois cent cinquante pages et est enrichi d'une table des auteurs qui est appelée à rendre de grands services. Un des articles les plus considérables de la Bibliotheca est celui de Maria Virgo, Il eût pris des pro-

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portions tout à fait anormales si Ton avait tenu compte des innombrables miracles de la Vierge que l'on rencontre dans les collections et dans les manuscrits isolés. D'ailleurs, les travaux préparatoires furent jugés insuffisants et, pour les entreprendre, il eût fallu remettre indéfiniment la publication de l'ouvrage. L'énorme littérature des miracles fut donc exclue de cet article, mais lit l'objet d'un index provisoire, publié dans le tome XXI des Analecta sous le titre Miraculorum B. V. Mariac quae saec. VI-XV latine corner ipta siint indcx posUa perficiendus. Le P. Poncelet, qui le jugeait incomplet, a réussi à y rassembler près de mille huit cents numéros et à donner aux travailleurs un des guides les plus précieux qui existent à travers la littérature pieuse du moyen âge latin.

En 1910, parut la Bibliothcca hagiographica orientalis, base indispensable du bollandisme oriental, et non moins nécessaire aux études d'hagiographie générale. L'ouvrage est conçu sur le plan des bibliographies précédentes, et donne le résultat du dépouillement de toutes les publications de textes arméniens, syriaques, arabes, coptes, éthiopiens, qu'il a été possible d'atteindre. Provisoirement, la littérature géorgienne a dû être exclue. Il n'était pas

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possible de la traiter avec la même ampleur que les autres, sans avoir au moins visité les bibliothèques de* Saint-Pétersbourg et de Tifli-s. Une loi, alors encore rigoureusement observée, excluait les jésuites du territoire russe.

Le nombre des ouvrages publiés séparément en dehors des ^«a/djc^^ — il faut encore y joindre le Repertorium Hymnologimm du chanoine Ulysse Chevalier— devenait assez considérable pour former une nouvelle série, qui reçut le titre de Subsidia hagiographica. Elle compte actuellement vingt volumes, et d'autres sont en projet.

Nous avons dit les obstacles que rencontra la réalisation des plans du P. V. De Buck par rapport au martyrologe hiéronymien. Il avait fallu se contenter, à sa mort, d'en publier un seul manuscrit, un des principaux, il est. vrai, et le texte du Bermnsis avait trouvé place dans le tome XIII d'octobre, en attendant qu'on eût les loisirs et les ressources nécessaires pour préparer une édition critique. Quand ce moment viendrait-il? Allait-on retarder indéfiniment une publication indispensable à quiconque veut approfondir les antiquités chrétiennes ? Deux savants illustres, qui hono-

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raient les bollandistes de leur amitié, avaient en*r tre les mains les matériaux nécessaires ; ne consentiraient-ils pas à les mettre en œuvre e^ à faire bénéficier les Acta sand or um à' wn travail qu'eux seuls étaient capables de mener à bonne fin ? On le, leur demanda, et ils n'hésitèrent pas à se mettre à l'œuvre. L'édition si longtemps attendue du martyrologe hiéronymien par J.-B. de Rossi et Mgr Duchesne parut dans le tome II des Acta sanctormn de novembre. ,

Un des livres les plus constamment citésdans les travaux d'hagiographie grecque est le synaxaire de Constantinople. Il n'était guère connu que par des extraits et par les notices des menées, et dans toute cette littérature représentée par un grand nombre de manuscrits, régnait la plus grande confusion. La publication du Synaxarium ecclesiae Consiuntinopolitanae, soit du texte intégral du synaxaire de Sirmond avec des extraits d'autres exemplaires, fut destinée à combler cette lacune. Il parut, en 1902, en un volume séparé, faisant partie de la grande collection, sous le titre de Propylaetim ad Acta sanctcrum novembris.

Le 4 mars 191 1, mourait, plein de jours et de mérites, l'homme vénérable qui fut le maître de la dernière génération, et dont les

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qualités morales non moins que la valeur intellectuelle, avaient été d'un si précieux secours pour tirer l'œuvre bollandienne d'une léthargie inquiétante. En 1895, répondant aux félicitations de ses amis réunis pour fêter sa nomination de correspondant de l'Institut de France, il trouva qu'on lui faisait la part trop belle, et se tournant vers ses collaborateurs, il rappela le mot célèbre : « Je suis leur chef, donc je dois les suivre. » C'était dans sa bouche, autre chose qu'une spirituelle boutade. Il pouvait se rendre cette justice qu'il n'avait jamais contrarié aucune initiative et il n'était pas de ceux qui, pour embrasser une idée, ont besoin de se persuader qu'ils ont été les premiers à l'avoir. Il ajoutait:* Cette réserve faite, reste le témoignage rendu par le premier corps scientifique de l'Europe à l'œuvre dont le privilège de l'âge m'a fait le président. Ce témoignage, je puis .sans remords et sans crainte de scandaliser les saints, en être fier et heureux comme d'un grand honneur pour cette œuvre, pour la famille religieuse à laquelle elle appartient et à qui je dois tout ce que je suis, et aussi pour notre cher petit pays où elle est née et où elle a grandi. J'oserai même dire qu'elle mérite cet honneur, par les principes qu'elle

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professe et qu'elle est jalouse de mettre toujours en pratique. Poursuivre et proclamer la vérité historique, et rien que la vérité, malgré les contradictions, les colères, les ennuis de divers genres auxquels cette franchise peut donner lieu et ne rien négliger pour atteindre à la connaissance de cette vérité, c'est bien notre constante et unique préoccupation \ »

Nous pouvons bien le dire sans faire tort à personne, à côté du P. De Smedt, nul n'a rendu de plus grands services à l'œuvre bollandienneque le P.Albert Poncelet, qui, moins d'une année plus tard, devait le suivre dans la tombe. Jamais on ne vit, avec une santé débile, une pareille opiniâtreté au travail, une pareille abnégation pour le bien de l'œuvre sur laquelle il concentrait toutes ses pensées. Uniquement préoccupé de consolider les bases scientifiques de l'hagiographie et d'assurer aux publications de la Société une tenue honorable, il sacrifiait, sans compter, son temps et ses propres travaux. Commencée par le P. De Smedt, la Bibliotheca hagiographica latina

1. Souvenir de la manifestation organisée à Bruxelles le ler avril 1S95 en l'honneur du P. Charles De Smedt, p. 14.

dut au P. Poncelet sa forme définitive, et nous savons au prix de quel labeur fut forgé cet instrument, qui sera toujours le premier à mettre aux mains de quiconque voudra se faire ha''giographe. Il attachait, avec raison, le plus grand prix à la continuation de la série des catalogues de manuscrits hagiographiques, et venait de partir pour une expédition à travers les bibliothèques capitulaires d'Italie. Il avait à peine atteint Montpellier, que la mort le frappa, dans la force de l'âge et du talent.

Le champ des études bollandiennes, déjà élargi par le développement donné à l'hagiographie orientale, s'étendit encore dans les dernières années par l'adjonction à la bibliothèque des bollandistes d'une section slave. Les jésuites russes, Jean Gagarine, Jean Martinov, Eugène Balabine et Paul Pierling avaient fondé, en 1871, à Paris, une bibliothèque spéciale, sous le titre de Musée slave des saints Cyrille et Méthode, destinée à répandre la connaissance des choses de leur pays et à favoriser les projets d'union religieuse qui préoccupaient tant de nobles esprits. Les ouvrages d'histoire, de liturgie, les publications académiques formaient la partie prinx:ipaie de cette collection. Elle s'accrut métho-

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diquement durant une' vingtaine d'années, et prit des propositions remarquables. Vinrent en France les mauvais jours, qui dispersèrent les congrégations religieuses. C'est alors que le dernier survivant du groupe russe, le P Pierhng. voyant la bibliothèque menacée dû sort de tant d'autres, se souvint des vieilles relations des jésuites slaves av=c les ha-iographes de Bruxxlles ; il se décida à envover ses livres en Belgique et à annexer à^a bibliothèque boUandienne le musée des saints Cyrille et Méthode.

Il ne nous appartient pas de porter un jugement sur le résultat des efforts tentés en ces dernières années pour mettre les Acta sanctorum à la hauteur du progrès. L'unanimite avec laquelle les Académies et les principaux corps savants de tous les pavs ont inscrit la nouvelle Société des bollandistes au nombre de leurs sociétés correspondantes peut être considérée comme une approbation de ses tendances et des moyens mis en œuvre Les éditeurs des Acta sanctormn trouvent aussi un puissant encouragement dans les services que leur rendent libéralement les administrateurs des grandes bibliothèques, parmi lesquelles ils aiment à citer en première

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ns

ligne la bibliothèque Nationale de Paris * et le British Muséum. Enfin des maîtres ont parlé pour leur apporter un suffrage autorisé. Nous pourrions citer, après beaucoup d'autres, les appréciations de Léopold Delisle, rendant compte régulièrement de leurs principales publications % de K. Krumbacher, le rénovateur des études byzantines % de MM. Ad. Harnack * et C. H. Turner % deux grands

I. Les bollandistes ont tenu à témoignex leur reconnaissance à la direction de ce grand établissement scientifique en dédiant à M. Léopold Delisle, administrateur de la bibliothèque Nationale, le Fropylaeum ad Acta sanctorum novembris {1902).

3. Par exemple, Bibliothèque de VÉcule des Chartes, t. LI (1890], p. 532 ; Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions^ 1^593, p. 368 ; 1901, p. 860 ; Journal des Savants, 1698, p. 744 ; 1900, p. 200.

3. Byzatuuiisolii y^diisj.'if^lft, t. IX 11900;, p 573 ; t. XII 119031, p. 675.

4. Gesohichte dcr altchristlichen Liieratur, t. II, 2, p. 463 ; Th&ologische Lutraturzeitun^, t. XXVIII (1903), p. 300.

5. « Oi" ail literary undertakirigs which the European world lias known, the Acta Sanctorum must cer-r tainly hâve had the longest continuons history.... Hagiography had earned an ill notoriety as a department of history, but within the iast fifty years so complète a révolution has been effected in the principles and methods of the Acta Sanctorum, that an ordinary historian, paradoxical as it may sound, is likely to

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connaisseurs de l'antique littérature chrétienne, celle aussi du plus illustre représentant parmi nous des études eclésiastiques, Mgr Duchesne *. Voici le jugement que portait M. Auguste Molinier sur l'ensemble de l'œuvre : « Inutile de faire longuement l'éloge d'un ouvrage aussi universellement estimé ; dès les premiers volumes, l'esprit critique apparaît, et les Pères Bolland, Papebroch et Henschenius, témoignent pour certaines légendes mal venues d'une sévérité égale à celle des simples laïques ; plus tard, cette critique pourra, faiblir ; on a noté dans certains volumes parus au dix-huitième et au dix-neuvième siècle trop de complaisance pour certaines fables gros-

proveamore linient judge ofthe historical value ofhagiographical matcrJal than the boUandist Fathers. The keynote of the new developmcnt was struck bij Pères De Buck and De Smedt, and the quarterly publication of the « Analecta Bollandiana » begun in 2882, carries out in détail the business of amplification and rectification. When one reflects on the gigantic nature of their task and on the paucity of their numbers — they are seldom more than four or five, and they hâve recently lost Père C. De Smedt and Père A. Poncelet — the net resuit can only be pronounced astonishing. » I. Plus haut. p. 218. Voir aussi Bulletin critique, t. XI (1890), p. 121-125, et Analecta Bollandiana, t. XXX (1911). p. X.

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sières, mais dans l'ensemble l'ouvrage fait grand honneur à l'Ordre qui a osé assumer une tâche aussi immense. Aujourd'hui, d'ailleurs, le caractère purement scientifique de l'entreprise s'affirme de plus en plus, soit dans les derniers volumes de la collection, qui répondent aux exigences de la critique moderne la plus sévère, soit dans une publication annexe, les Analecta Bollandtaîta, revue hagiographique de premier ordre *. >

Nous ne pouvons passer sous silence un reproche fait aux nouveaux bollandistes, dans certains milieux qui leur sont sympathiques, sans doute, mais où l'on ne semble pas se rendre suffisamment compte des conditions actuelles de la recherche scientifique.

Que la succession des volumes in-folio s'espace de plus en plus à mesure que l'on avance, c'est ce qui ne saurait être contesté. Les premiers bollandistes cultivaient un sol vierge, d'une fertilité illimitée, où il suffisait de déposer la semence. Maintenant, il s'agit de creuser à des profondeurs toujours plus

I. Les sources de Vhistoire de France, t. V (1904), p. cLXiii-CLXiv. A propos des Analecta, M. Salomon Reinach émet un avis analogue, Revue archéologique^ 1895, t. II, p. 238.

l'œuvrb des bollandistes

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grandes et de préparer minutieusement le terrain. Les documents alors se recommandaient par leur nouveauté même, et les conditions générales du travail scientifique ne permettaient guère d'ouvrir sur chacun d'eux des horizons presque indéfinis. Aujourd'hui il n'en est plus ainsi, et les progrès de la critique dans tous les domaines font surgir à tout instant des problèmes nouveaux dont il n'est pas loisible d'ajourner la solution. Souvent aussi à propos d'un texte, on peut être amené à courir le monde, s'il est de ceux, et ils sont nombreux, qui ont pénétré partout. Si d'autres savants l'ont connu, ce qui est fréquent, il n'est pas permis d'ignorer ce qu'ils en ont pensé et avant d'énoncer ses propres conclusions, il faut noter celles d'autrui dispersées en vingt volumes, les apprécier si elles en valent la peine, ou se dire mélancoliquement à part soi, en fermant le livre, qu'on a perdu son temps à le lire. En un mot, il est exigé que les textes soient établis et éclaircis à l'aide de toutes les ressources qu'il est possible d'atteindre et que les travaux bénéficient de tous les efforts tentés n'importe où et par n'Importe qui. Et c'est ainsi qu'un commentaire, qui pouvait autrefois se construire à l'aide d'une demidouzaine de volumes, exige aujourd'hui une

bibliothèque. Si l'on veut supputer ce que la production effrénée des cent dernières années a ajouté à la littérature historique et religieuse du dix-septième et du dix-huitième siècle, on se rendra mieux compte de la tâche qui est désormais dévolue à la critique hagiographique.

Il n'est pas exact que les travaux entrepris à côté des Acta sanctorum sont un nouvel obstacle au prompt achèvement de la collection. Bien au contraire. Ils s'imposent comme l'unique moyen de déblayer le terrain, outre qu'ils permettent souvent d'anticiper sur les volumes à paraître. C'est ainsi que bien des saints qui attendent leur tour, ont leur commentaire à moitié préparé dans les Analecta et les Suhsidia, Il est assez indifférent que les résultats de la recherche s'entassent dans des in-folios plutôt que dans des volumes maniables, qu'une série se développe régulièrement plutôt qu'une autre. Ce qui importe, c'est que la science avance, et les travaux d'approche, d'un caractère plus technique, y contribuent incontestablement beaucoup.

On peut s'en rendre compte en parcourant la liste des thèses d'université présentées en divers pays durant les vingt dernières années. Le nombre des sujets hagiographiques est con-

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sidérable et contraste étrangement avec le complet dédain que l'on affectait auparavant pour cette branche de la littérature. Les boUandistes ne prétendent pas avoir créé ce mouvement, que bien des circonstances concourent à expliquer. Mais il est certain que des répertoires comme la Bibliotheca hagiographica n'y sont pas restés étrangers. Ils ont mis à la portée d'un plus grand nombre des matériaux auparavant peu accessibles. Les équipes de travailleurs se multipliant, il est impossible que le progrès scientifique ne s'affirme pas.

Nous ne pouvons guère nous dispenser de dire un mot de la situation de l'œuvre bollandienne au sortir de la grande tourmente qui a ébranlé tant d'mstitutions.

Lorsque la guerre éclata, diverses publications étaient en préparation , d'autres en perspective : un volume de suppléments aux Acta sanctorum composé surtout de textes grecs omis par les prédécesseurs ; le tome IV de novembre ; les tomes VII et VIII des Acia sanctorum Belgii ; dans les Subsidia, un volume consacré aux Actes des saints Stylites ; une bibliographie raisonnée des Acolouthies grecques recueillie par S. G. Mgr Petit, archevêque d'Athènes ; le catalogue des manuscrits ha-

giographiques latins de Munich, de même, le catalogue du British Muséum et de la Bodleienne d'Oxford.

Il est à peine nécessaire de dire que, l'un après l'autre, ces travaux ont dû être abandonnés. Durant plus de quatre années, la Belgique a été une vaste prison dans laquelle la vie scientifique comme toute autre action a été supprimée par un régime d'oppression atroce. Coupes de toute communication avec les pays qui fournissaient au travail bollandien ses matières premières, mis dans l'impossibilité de suivre le mouvement des publications scientifiques ou de se procurer les renseignements les plus indispensables, soumis pour n'importe quelle démarche à une surveillance sévère, pour le moindre écrit à une censure incompétente et tracassière, les éditeurs des Acta sanctorum furent bientôt réduits à une inaction presque complète. En vain essaya-t-on d'obtenir qu'il fût permis à l'un au moins d'entre eux de ravitailler l'œuvre en allant se documenter dans quelque bibliothèque voisine restée en communication avec le monde civiHsé. A six reprises différentes, un refus brutal accueillit la demande. , Si du moins ce régime de morne réclusion eût été assuré du bénéfice de la tranquillité ! Mais à moins d'être indifférent aux souffran-

ces de son prochain, de quelle liberté d'esprit pouvaient jouir les témoins des épreuves inouïes inflig-ées à toute une population, des attentats journaliers contre le droit et l'humanité? Puis chacun se sentait pris au piègfe d'une infinité d'ordonnances contre lesquelles le plus paisible citoyen péchait sept fois par jour, à la merci d'une lésion d'espions et de policiers à qui tout prétexte était bon oour s'introduire dans les demeures. A plusieurs reprises le colr lè^^e qui abrite l'œuvre bolland'ienne reçut la visite des émissaires du pouvoir occupant, autorisés à pénétrer dans les chambres, à fouiller les personnes, à saisir les papiers, à mettre le désordre partout. La bibliothèque ne fut point respectée. Pendant plusieurs heures, sans témoins, des ai2:ents ig^norants et indélicats, le cigfare à la bouche au risque de provoquer rincendie. s'y livrèrent à leur besogne favorite, et emportèrent, sans avertissement, ce qui leur parut de bonne prise, y compris un manuscrit préparé pour les Acia sanctorum. Après la perquisition, ce fut l'amende, puis la prison, puis le bagne, peines que nul ne pouvait se flatter d'éviter sans se faire à soi-même le reproche de complicité avec une tyrannie

LA RÉORGANISATION

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insupportable*. Loin de nous de regretter d'avoir partagé le sort de tant d'autres de nos compatriotes, coupables de n'avoir pas prêté les mains à l'asservissement de leur pays. Mais il fallait dire ce que fut pour nous le régime d'occupation, et ses fruits naturels dans le domaine scientifique.

Gravement compromise dans ses intérêts matériels comme dans son activité, la Société des bollandistes eut d'autres épreuves à subir. Celui de ses collaborateurs qui semblait le mieux fait pour traverser sans atteinte les mauvais jours, ne résista point à la dure épreuve. Le 20 septembre 1917, le P. François Van Ortroy, dont la santé déclinait depuis des mois, était enlevé à l'affection de ses collègues et de ses nombreux amis. Un an après, jour pour jour, mourait le P. Joseph De Backer. Il avait, depuis quelques années, renoncé à l'hagiographie. Mais ce fut une grande tristesse pour les survivants, de perdre cet homme excellent, le dernier de la génération qui fonda les Analecta Bollandiana,

La paix, messagère d'espérance, nous ap-

I. On pourra lire quelques détails complémentaires dans l'Avis au lecteur, en tête du fascicule IV du tome XXXIII ( 1914 ) des Analecta, paru le 6 décembre 1919.

l'œuvre des bollandistes

porta des consolations auxquelles nul ne saurait être insensible. Les barrières qui nous séparaient du reste du monde n'étaient pas entièrement tombées, que nous arrivaient de France, d'Angleterre, d'Italie les témoignages spontanés -d'une amitié restée fidèle malgré l'éloignement, le malheur, les poignantes préoccupations de tous les jours. Les dévouements sur lesquels nous pouvons dès maintenant compter, permettent d'espérer que l'œuvre n'a pas perdu pour toujours sa prospérité d'autrefois, et qu'au seuil d'un avenir encore incertain, elle trouvera les concours indispensables à son relèvement.

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