‹ áA mes prãetres (volume 3)Chapitre 26 sur 114 · MATIÈRE DU SACREMENT · texte numérisé non relu

MATIÈRE DU SACREMENT

1. — Matière du pain. La matière valide pour la première consécration doit être le seul pain confectionné avec la farine de froment, pétrie uniquement avec de l'eau, cuite au feu et assez cuite pour être du pain.

La consécration est également valide avec le pain levé et le pain sans levain. Dans l'Église latine, on consacre avec du pain azime ou sans levain et dans l'Église grecque, avec du pain fermenté. Le prêtre qui ne se conformerait pas à cette règle consacrerait validement mais il pécherait mortellement.

L'hostie doit être mince, ronde et plus grande pour la messe que pour la communion. Il serait permis de célébrer avec une

petite hostie, s'il s'agissait de donner la messe un jour d'obligation ou de procurer le Viatique, et même si l'on disait la messe par dévotion dans une chapelle privée.

Si, après la consécration de la petite hostie, on en apportait une grande au célébrant, celui-ci ne devrait pas réitérer la consécration. Si, au contraire, le célébrant avait une grande hostie avant la consécration, il renouvellerait mentalement l'offrande et continuerait la messe.

2. — Matière du vin. La matière valide de la seconde consécration est le seul vin naturel de la vigne.

Un vin acide qui n'est pas encore du vinaigre ou un vin qui aurait subi un mélange d'autres liquides au-delà du tiers, devrait être considéré comme matière douteuse et ne devrait pas être employé.

Avec les falsifications qui se pratiquent aujourd'hui, la difficulté de se procurer du vrai vin est grande. On a à se tenir en garde contre les vins fabriqués avec des matières autres que le raisin, contre les vins altérés par des additions qui les modifient substantiellement, contre les vins de sucre et les vins de raisins secs.

Les prêtres n'achèteront donc leur vin de messe que chez les marchands qui auront donné à l'évêque les certificats garantissant la nature, la valeur des vins dont ils disposent.

Lorsqu'on a mis le vin dans le calice, il faut, sous peine de péché grave, laisser tomber quelques gouttes d'eau dans le vin. L'opinion de quelques théologiens est que cette quantité d'eau peut égaler le tiers du vin ; mais cette opinion n'est pas à suivre dans la pratique. La quantité d'eau doit être telle : ut per se manere non valeat, sed eam vinum absorbere et consuniere queat.

Si on avait oublié de mettre de l'eau dans le calice, cette omission pourrait se réparer jusqu'à la consécration.

Rien n'est fixé au sujet de la quantité de vin à mettre dans

le calice. Il suffit qu'il y en ait assez pour que l'espèce du vin puisse être bue, sans être altérée par le mélange d'eau.

3. — Présence nécessaire de la matière. La matière à consacrer doit être moralement et sensiblement présente. Ainsi un prêtre ne pourrait consacrer des hosties qui seraient renfermées dans le tabernacle ou placées à une trop grande distance ; mais il consacre validement des hosties renfermées dans un ciboire quand bien même il aurait oublié de l'ouvrir, comme aussi il consacre validement le vin dans un calice couvert de la pale.

Quand le prêtre veut consacrer des petites hosties, il doit les offrir avec la grande. Si elles avaient été oubliées, on pourrait, pour une raison grave, comme celle de ne pas priver de pieux fidèles de la communion, les recevoir jusqu'au commencement du canon et en faire l'oblation mentale. Il faudrait une raison plus grave après le canon commencé. On pourrait cependant encore le faire pour ne pas priver plusieurs personnes de la sainte communion. S'il n'y avait qu'un seul communiant, il vaudrait mieux lui donner une partie de la grande hostie ; ce qui peut se faire, surtout si la personne devrait attendre longtemps pour faire la sainte communion.

La matière à consacrer doit être déterminée par l'intention au moins virtuelle du ministre. De là serait invalide la consécration de celui qui ne voudrait consacrer qu'une partie des hosties présentes. De même les hosties qui aurait été placées sur l'autel à l'insu du ministre et qu'il n'aurait pas aperçues, ne seraient pas consacrées, par défaut d'intention.

Si le prêtre a eu l'intention de consacrer des hosties au moment où elles ont été mises sur le corporal, la consécration est valide, quand bien même il ne pense pas à ces hosties en prononçant les paroles sacramentales.

Le calice et le ciboire doivent être placés, au moins en partie, sur la pierre sacrée, saltem sub veniali. Dans tous les cas, il y a obligation grave de placer toutes les hosties à consacrer sur le corporal.

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