‹ áA mes prãetres (volume 3)Chapitre 34 sur 114 · LA SAINTE MESSE · texte numérisé non relu

LA SAINTE MESSE

L'Eucharistie comme sacrifice est désignée universellement sous le nom de sacrifice de la messe. C'est le sacrifice de la Loi nouvelle par lequel on offre à Dieu, par les mains du prêtre, le

corps et le sang de Jésus-Christ, sous les espèces du pain et du vin ; c'est le sacrifice des sacrifices, la merveille des merveilles, le mémorial et l'abrégé de tous les dons de Dieu à l'égard des hommes, comme aussi l'action de grâces la plus parfaite que les hommes puissent rendre à Dieu.

" La messe, dit saint Bonaventure, est l'abrégé de tous les bienfaits dont le Seigneur a comblé les hommes. Il ne fait pas au genre humain une faveur moins grande en s'immolant sur l'autel que celle qu'il lui accorde en s'incarnant pour nous sauver. "

" La messe, déclare le Concile de Trente, est l'acte le plus agréable à Dieu, celui auquel est attaché le salut du monde entier. Quod si necessario fatemur nullum aliud opus adeo sanctum et divinum a Christi fidelibus tractari posse, quam hoc ipsum tremendum mysterium, satis etiam apparet omnem operam et diligentiam in eo ponendam esse, ut quanta maxima fieri potest, interiori cordis munditiâ et puritate atque extoriori devotionis et pietatis specie paragratur. "

" La messe, dit saint François de Sales, est entre les exercices de piété ce qu'est le soleil entre les astres ; car elle est véritablement l'âme de la piété et le centre auquel tous les mystères et toutes les lois de la religion chrétienne se rapportent. "

Saint Léonard de Port-Maurice appelle la messe : " l'âme de la foi, le centre de la religion catholique vers lequel convergent les rites et les sacrements, en un mot, tout ce qu'il y a de beau et de bon dans l'Église de Dieu ".

" Seigneur, disait le Prophète, qui gravira votre montagne, qui pénétrera dans votre sanctuaire ? Quis ascendet in montent Domini aut quis stabit in loco sancto ejus ?" et il répondait : ° celui qui a les mains innocentes, le cœur pur et les lèvres immaculées : innocens manïbus et mundo corde . . . nec juravit in dolo proximo suo. "

A chaque jour, le prêtre gravit la montagne eucharistique ; chaque jour, il s'approche de Dieu autant qu'il est possible de

s'en approcher sur la terre ; il le voit face à face par la foi et rien n'est supérieur à cette union que celle dont il jouira dans le ciel. Ses yeux sont voilés sans doute mais son entendement ne l'est pas ; il lui parle, il l'appelle du ciel, il le tient dans ses mains, il lui fait de son cœur un tabernacle.

Il faut donc que la sainteté l'élève au-dessus de ce bas monde. Si les fidèles brillent comme des étoiles, à lui de resplendir comme un soleil. Vos estis lux mundi.

Qu'il se garde bien de se familiariser avec un tel mystère et d'en perdre la vive impression. Quel appui peut manquer à un prêtre qui aime sa messe quotidienne ! La sainte messe renferme tout : " nutrit, prœservat, réparât, détectât et auget : Jésus y est la nourriture du prêtre ; il est son abri, son délassement, ses délices, ses forces croissantes. "

Quando sacerdos célébrât, angelos lœtificat. Alors en effet les anges assistent le prêtre, toute l'armée des puissances célestes chante, en remplissant tout l'espace qui est autour de l'autel pour y faire honneur à la Victime qui y est gisante. Ils s'unissent à elle pour rendre leurs hommages à Dieu : per quant majestatem tuam laudant angeli.

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