‹ áA mes prãetresChapitre 17 sur 35 · DEVOIR POUR LE PRÊTRE DE REPANDRE CETTE DÉVOTION · texte numérisé non relu

DEVOIR POUR LE PRÊTRE DE REPANDRE CETTE DÉVOTION

Et cette dévotion qui sera, ou plutôt qui est la vôtre, vous devez faire tous les efforts possibles pour l'étendre autour de vous, pour la propager afin de vous conformer à la volonté de Jésus-Christ, aux désirs les plus chers du divin Sauveur.

Il nous a ordonné d'honorer notre père et notre mère ; il a été soumis à la sienne durant sa vie mortelle ; puis il nous a dit, avant de la quitter et de nous quitter nous-mêmes : " Voilà votre Mère ; honorez-la, aimez-la comme des enfants pieux et dociles."

Et pour nous rendre plus vénérable et plus auguste encore

cette Mère des nos âmes, il l'a transférée dans le ciel et il l'y a couronnée comme Reine des anges, des Saints et des hommes. " La Reine, chante le Prophète, est sur un trône à vos côtés, Seigneur ; elle est revêtue d'un manteau d'or aux mille variétés."

Pouvait-il mieux nous montrer sa volonté de la voir honorée, bénie et louée par toutes les créatures intelligentes ? Est-ce qu'un fils ne participe pas, dans l'intime de son cœur, aux honneurs et aux joies de sa mère ? Mais si Notre-Seigneur a pris tous les moyens de la glorifier, il ne peut donc qu'approuver, que bénir tous nos efforts à la faire connaître, aimer et servir.

Ce devoir du zèle pour la dévotion à Marie a été compris dès l'abord par les Apôtres. L'Apôtre saint Jean recueillit la Sainte Vierge chez lui, l'entourant d'honneurs et de tendresse ; Saint Luc voulut peindre de sa main ses traits augustes. Dès l'aurore de la foi, grâce à la prédication apostolique, toutes les églises ont admis son invocation et son culte ; partout où brillait l'étendard de la croix, se déploya la bannière de Marie.

A peine les Apôtres se furent-ils partagé le monde pour la prédication de l'Evangile, partout ils parlent de Jésus ils se croient obligés de parler de Marie et nul n'apprendra les mystères de notre foi sans redire dans le Symbole que c'est à Marie que nous devons un Sauveur.

Après les Apôtres, la gloire de Marie est proclamée par tous leurs successeurs et elle grandit à mesure que s'étend l'empire de Notre-Seigneur ; elle commence comme l'aurore pour croître comme le grand jour. A la voix des évêques et des prêtres, des statues, des autels, des chapelles, des basiliques s'élèvent en son honneur ; son culte se propage partout et chaque jour ajoute un diamant à sa couronne.

Comment aurait-il pu en être autrement ? Ces évêques, ces prêtres, ces confessuers de la foi, connaissent la puissance et la miséricorde de cette Vierge pleine de grâces ; ils savent l 'étendue de sa clémence et le prix de son assistance ; ils savent

que tous ceux dont elle soutient les intérêts, dont elle prend la défense, évitent les dangers, voient finir leurs épreuves et leurs douleurs s'apaiser. Alors leur charité pour leurs frères, leur zèle pour les âmes, les poussent à amener à cette bonne Mère les infortunés qui ne la connaissent pas ou qui l'ont délaissée, qui, pour les séductions du vice et des passions, sont allés vivre loin de ses ailes et de ses autels.

Cette charité, ce zèle leur font prêcher le culte de Marie à tous ceux qui les entourent. Ils aiment Marie et cherchent à la faire aimer. Ils profitent de toutes les occasions pour dire aux enfants que Marie est leur Mère très bonne, aimant leurs prières et y répondant par des caresses ; pour dire aux jeunes gens que le meilleur moyen de faire une heureuse traversée sur la mer de ce monde, c'est de placer leurs cœurs auprès du cœur de Marie et de remettre leur avenir entre ses mains maternelles ; pour dire à l'âge mûr que son culte est un gage de bonheur et de joie ; pour dire aux affligés que Marie a été la Mère de douleurs et que nul autre ne sait comme elle compatir à nos souffrances, que son seul souvenir rafraîchit l'âme et que son seul nom est plein de délices et de consolation.

C'est ce zèle, c'est cette charité que possédait le Souverain Pontife Léon XIII et il voulait les voir chez tous les prêtres. Voici comment il s'exprimait dans son admirable Encyclique Supremi Apostolatus.

" Le devoir du suprême apostolat qui nous a été confié et la condition si spécialement difficile des temps actuels nous avertissent chaque jour davantage, et, pour ainsi dire, nous pressent de veiller avec d'autant plus de soin à la garde et à l'intégrité de l'Eglise, que les calamités dont elle souffre sont plus graves.

" C'est pourquoi , autant qu'il est en notre pouvoir, en même temps que nous nous efforçons par tous les moyens de défendre les droits de l'Eglise, comme de prévoir et de repousser les dangers qui la menacent et l'environnent, nous mettons aussi notre plus grande sollicitude à implorer les secours divins

qui seuls peuvent assurer à nos efforts et à nos travaux un heureux résultat.

" A cette fin nous estimons que rien ne saurait être plus efficace et plus sûr que de nous rendre favorable, par la pratique religieuse de son culte, la sublime Mère de Dieu, la Vierge Marie, dépositaire souveraine de toute paix et dispensatrice de toute grâce, qui a été placée par son Fils au faite de la gloire et de la puissance afin d 'aider du secours de sa protection les hommes s'acheminant au milieu de tant de fatigues et de dangers, vers la cité éternelle."

Quel serait notre bonheur si nous pouvions tous nous rendre le témoignage d'avoir toujours travaillé avec ardeur à propager la dévotion à Marie qui est un thermomètre sûr de la ferveur ou du refroidissement soit dans les paroisses soit chez les particuliers !

Quel serait notre bonheur si, non contents de nous être donnés pleinement à Marie, nous ne pouvions cesser de manifester des désirs ardents d'apostolat qui tourmentent nos âmes et si chaque prêtre pouvait dire avec sincérité :

" J'aime ardemment Marie Après Dieu, mon Sauveur, Je donnerais ma vie Pour lui gagner un cœur.

O ma bonne Maîtresse !

Si l'on vous connaissait, Chacun ferait la presse À qui vous servirait !

Demandez souvent à la Sainte Vierge qui est le principe virginal de Jésus vivifiant, de vous aider, vous qui devez être vivifiants comme elle ; priez-la souvent de vous secourir, vous à qui Jésus demande de lui donner l'être sacramentel sous la forme duquel il ira sanctifier les âmes, vous qui devez semer la vie dans les âmes dont vous avez charge ; qu'elle se montre à vous dans tout l'éclat de sa blancheur ; qu'elle rende toujours présente à vôtre esprit la pensée que, pour attirer Dieu, il faut être pur, que pour incliner comme elle Dieu dans les âmes,

il faut comme elle le ravir par la beauté d'une âme qui soit tout entière à lui.

Selon saint Bonaventure, ceux qui ont à cœur de publier les gloires de Marie sont assurés du paradis ; ce que confirme Richard do Saint-Laurent en disant qu'honorer la Reine des anges est la même chose que faire l'acquisition de la vie éter nelle ; car, ajoute-t-il, cette Dame pleine de gratitude ne manquera pas d'honorer dans l'autre vie ceux qui ont soin de l'honorer dans celle-ci, glorificabit in futur o honorificantes se in prœsenti.

Et le dévot Thomas a Kempis représente Marie recommandant à son divin Fils ceux qui publient ses louanges et la fait ainsi aimer : " Fili, miserere animœ famuli lui, amatoris et laudatoris mei, O mon Fils, ayez pitié d'une âme qui m'a aimée et glorifiée.

D'ailleurs nous savons que la Sainte Eglise applique à Marie dans l'Office de l'Immaculée Conception ce texte de l'Ecriture Sainte : " Qui élucidant me, vitam œternam habebunt, ceux qui s'attachent à me faire connaître et aimer sur la terre, jouiront du bonheur céleste."

" Réjouis-toi donc, ô mon âme, s'écriait saint Bonaventure qui a déployé tant de zèle à publier les grandeurs de Marie, tressaille de joie en elle ; car des biens sans nombre sont réservés à ceux qui la glorifient, Exulta, anima mea, et lœtare in iïla ; quia midta bona sunt laudatoris prœparata."

Page 1