LE SAINT NOM DE MARIE
Prononcez souvent dans le cours de la journée le saint nom de Marie. Après le nom de Jésus, celui de Marie est le nom le plus saint, le plus auguste, le plus vénérable, le plus suave qu'il soit donné à l'homme de proférer.
"Le plus beau nom du monde est celui de Marie ; Ce nom est doux au cœur qui l'aime et qui la prie!
Lorsque notre âme s'élève vers la Sainte Mère de Dieu, ne dirait-on pas qu'elle se penche vers nous avec un amour ineffable, nous présentant Jésus dans ses bras et nous disant : " Ne craignez pas, j'ai trouvé la grâce ; j'ai le Seigneur avec moi et avec lui, tous les biens ; je puis vous aider, vous secourir et vous bénir."
Ce nom de Marie a je ne sais quoi d'harmonieux, de doux qui rafraîchit l'âme et embaume le cœur. C'est un nom de grâce, une source de bénédictions, un baume de salut, un rempart de protection. Il est tout cela pour ceux qui le prononcent avec une confiance pieuse. Il fait la joie du ciel ; les anges et les saints se réjouissent quand nous le proférons avec une respectueuse ferveur. 11 est l'effroi de l'enfer ; les démons faiblissent, tremblent lorsqu'ils entendent le nom de celle qui broya la tête do leur chef et les dépouilla de leurs conquêtes. Il est notre consolation ; car il nous rappelle que près du trône du Tout-Puissant nous avons une Mère qui nous affectionne encore plus que notre mère terrestre, une Mère qui est notre Médiatrice à la droite de Jésus, une Mère qui nous aide à triompher des faiblesses de la chair, des scandales du siècle, des fureurs de Satan ; une Mère qui adoucit nos peines, ranime notre courage, rétablit la paix dans notre cœur, nous prépare une place dans l'éternité bienheureuse.
" Ce nom, dit saint Antoine de Padoue, est plus flatteur à l'oreille que la plus ravissante mélodie, plus délicieux à la bouche
qu'un rayon de miel, plus réjouissant pour le cœur que l'allégresse la plus pure."
11 Lorsqu'on prononce le nom de Marie, dit saint François d'Assise, le ciel s'embellit, la terre se réjouit, les anges tressaillent de joie, les démons, saisis d'épouvante, se dispersent plus prompts à s'enfuir que la poussière qui se dissipe sous le souffle du vent."
E1 saint Bonaventure de dire : " O Marie, que votre nom est glorieux, qu'il est admirable, puisque ceux qui l'invoquent n'ont rien à craindre à l'heure de la mort."
" O Marie, pleine de grâces, s'écriait saint Alphonse de Liguori, faites que votre nom soit la respiration de mon âme. Je ne veux jamais manquer de recourir à vous en disant : Marie ! Marie ! Quelle consolation ! Quelle douceur ! Quelle tendresse ressent mon âme quand je prononce votre nom."
Le Bienheureux Henri Suzo goûtait aussi la douceur cachée dans le nom de sa divine Mère. Il s'écriait parfois, tout hors de lui-même : " 0 Marie, qui êtes-vous donc vous-même, si votre seul nom est déjà si aimable et si doux ! "
" Votre doux nom, s'écrie saint Ambroise, est un parfum des plus odorants descendu du ciel, une huile salutaire1 répandue sur l'âme pour guérir ses blessures et la fortifier dans les combats: Oleum effusum nomen tuum."
Saint Germain de Constàntinople disait : " Comme la respiration est en même temps une cause et un indice que l'homme es1 vivant, dans l'ordre naturel, de même l'invocation fréquente du nom de Marie prouve la vie dans l'ordre spirituel : elle est le germe qui la produit et l'aliment qui la conserve."
" Quelle doit donc être, dit saint Bernardin de Sienne, la joie et le bonheur de vous voir, o Marie, dans la patrie céleste. de vous contempler dans tout votre éclat, environnée dv^ chœurs des anges et assise sur le trône de votre royauté, puisque, même dans cette vallée de larmes, dans ce séjour de misères, le seul
souvenir de votre nom fait goûter à l'âme de si douces et de si pures délices ! "
Le Bienheureux Hermann-Joseph ne cessait de répéter le nom de sa tendre Mère. Quand il était seul il se prosternait humblement et redisait sans cesse : Marie ! Marie ! Marie ï Un de ses amis, lui aussi très dévot à la Sainte Vierge, l'ayant surpris un jour dans un de ces moments si suaves, fut étonné de le voir si longtemps et profondément prosterné. " Que faites-vous là? lui dit-il, et quels sentiments vous occupent? " Hermann répondit : "Je cueille, mais avec une consolation divine, les fruits délicieux du nom de Mari?. Quand je le prononce, il me semble que toutes les rieurs, que tous les parfums se réunissent autour de moi pour embaumer l'air, tandis que mon âme est remplie d'une joie céleste. Je me délasse de mes travaux, j'oublie les amertumes de la vie, quand je dis : " Marie " et je voudrais toujours rester le front dans la poussière pour ne jamais cesser de répéter le nom, le1 saint, le doux nom de ma Mère bien-aimée."
Tous les Saints ont eu la plus grande vénération pour l'auguste nom de Marie. Après celui de Jésus, il était le plus fréquent sur leurs lèvres, l'objet le plus ordinaire de leurs aspirations, le texte chéri de leurs méditations. Ce nom gracieux se trouvait le matin dans leurs premières paroles ; le soir ils le prononçaient encore pour s'endormir plus tranquilles ; avant le travail ils disaient : " Marie," afin de lui en consacrer les peines ; fatigués, ils répétaient ce nom pour se délasser, ils le murmuraient pour avoir force et rafraîchissement ; troublés, ils invoquaient Marie pour se pacifier ; mourants, ils soupiraient " Marie," pour être secourus à ce moment critique.
Faisons-nous donc un bonheur de répéter ce nom béni. 11 sera notre bouclier dans les combats du salut, notre force dans les tentations, notre égide dans les dangers, notre lumière dans les moments de perplexité. Il versera dans notre cœur cette douce onction qui rend plus léger le Fardeau de la vie et les sacrifices de la vertu moins pénibles. Ayant été notre sou-
tien et notre charme durant la vie, sur nos lèvres, à la dernière heure, il sera, avec le nom de Jésus, le gage de notre bonheur et s'envolera avec notre dernier soupir au ciel où nous le chanterons de concert avec les anges pendant toute la durée des siècles.
Puisse chacun de nous pouvoir dire avec sincérité :
" Marie, Ah ! que ton nom est pour moi plein de charmes. A ma bouche le miel est moins délicieux ; Remède à tous les maux, il bannit mes alarmes ; Il est pour mon oreille un son mélodieux Et répand dans mon cœur la douce paix des cieux.
Nom aimé, nom béni, tendre espoir du malheur, Comme un sceau précieux, sois gravé dans mon cœur ; Ah ! le regard tourné vers la sainte patrie, J'écoute sans effroi l'heure de mon trépas ; Car aux parois divins, tu diriges mes pas, Nom sacré de Marie. "