PRELUDE
Le soir ncst pas cucor loinhc, Je soir mystique Oui calmera nos cœurs et fermera nos yeux, Le soir où surgiront, par delà d'autres deux. Les tours de sombre a\^ur des villes du cantique.
Mais déjà quelque brise, un murmure confus Dans t'ombre qui s'allonge en annoncent t'approche. Et je me sens bercé d'une invisible cloche C2ui pleure, o)i le dirai!, sur Thomnie que je fus.
L'eau vive court encore où ranémone blanche Abandonna son cœur aux souffles du matin. Un charme est demeuré sur la mousse et le thym ; Le rossignol d'amour est toujours sur la branche.
Hélas ! La toute belle a perdu ses couleurs ; Une ombre de langueur se mêle à sa tendrcs'^e, Et le chant de Voiseau na plus cette allégresse Qui faisait tressaillir tout le pays des fleurs.
Quand midi grésillait sous l'azur qui flamboie, fai cheminé dans l'or comme un bon moissonneur, J'ai tenu dans mes mains Vécusson du bonheur. J'ai porté flcrement V étendard de la joie.
Faut-il donc insulter à ce passé charmant ? Non, non. Je suis à lui comme au toit F hirondelle. S'il ne me connait plus, je lui reste fidèle ; Je nai rien désappris du vieil enchantement.
Car je tiens que le rire est une noble chose, Un frère de F amour, un guide sans pareil, Et qu on ne peut avoir, au pays du soleil. De meilleurs conseillers que le lys et la rose.
Pourtant, aux meilleurs jours, f ai parfois entendu Souffler en mon jardin comme un vent de colère. Un serpent U'émeraude est au fond de Veau claire; Quand je m'y suis baigné, le traître m'a mordu.
Et f ai souffert. Beaucoup. Peut-être plus qu'un autre. J'ai fait plus d'une halte au château des affronts.