‹ Aa pays des ajoncsChapitre 27 sur 37 · OSE DE NOËL · texte numérisé non relu

OSE DE NOËL

Sous la neige et le vent qui l'assaillent ensemble Le merveilleux automne a perdu ses couleurs. Adieu la vie, adieu la joie, adieu les fleurs, Et le bois qui murmure et le rayon qui tremble !

Le sanctuaire intime et doux s'est refermé ; Les splendides couchants ont épuisé leurs flammes, Et les feuilles s'en vont, s'en vont, comme des âmes. Lasses d'avoir vécu, tristes d'avoir aimé.

Nul écho n'est resté de la suprême fête. Sous un soleil d'adieu, resplendissant encor, Nous ne reverrons plus les chrysanthèmes d'or Au vent froid du parterre écheveler leur tête.

176 AVANT I.r. SOIR

L*univers s'endort, nu, sous l'infini du ciel. Rien ne transparait plus du sourire céleste. Ah ! si, pourtant ! Timide et frêle, et si modeste, Voici venir enfin la Rose de Noël.

N'est-elle pas un peu fille du sortilège,

Celle qui dans la nuit se résigne à fleurir,

Et s'ouvre juste à l'heure où tout semble mourir.

Pâle rose d'hiver, éclose sous la neige ?

ÉTlé n'a pas surgi dans les enchantenj^nt^, Au chant des vît)ieas^.iiisaTrf''srDienvenue. Humble et disgrâaée, elle est trop ingénue Pour mêler sa caresse à celle des amants..

Ce n'est pas, à coup sûr, la rose d'allégresse. On ne la verra pas aux mains de l'oiseleur. Mais quoi ? C'est une fleur, et la dernière fleur, On est heureux de faire accueil à la pauvresse.

Ainsi, quand s'est évanoui le temps charmant. Quand a fui pour toujours la merveille du rêve. Au fond du cœur glacé quelque chose se lève Qui s'essaie à sourire et fleurit tristement.

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