‹ Aa pays des ajoncsChapitre 32 sur 37 · IMPRESSION DE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

IMPRESSION DE PRINTEMPS

Dig, dig, dig, dig, din, don ! Dans l'azur incertain J'entends le tintement d'une cloche argentine. Le monde qui s'éveille est comme une églantine, Toute frileuse encor sous le vent du matin.

Dig, din, don ! C'est vraiment la cloche de l'aurore. Et voici qu'agitant le thyrse éblouissant, Surgit à l'horizon le bel adolescent Qui baisera tantôt la rose près d'éclore.

Il arrive aujourd'hui du pays merveilleux. Pour venir de si loin il n'est pas trop farouche. Toute la joie éparse est au coin de sa bouche. Et toute la jeunesse illumine ses yeux.

O printemps, doux printemps, délices de nos âmes, C'est donc vrai qu'à ton ombre on peut s'aimer encor, Que rien n'a fait crouler les cathédrales d'or, Que l'idéal autel n'a pas éteint ses flammes !

Notre ciel est toujours adorablement bleu,

La brise matinale a balayé la boue.

Il est permis d'avoir des roses sur la joue,

N'est-il pas vrai, la belle en qui je crois un peu ?

En ce léger soleil toute femme est jolie, Adieu tristesse, adieu rancune, adieu rancœur ! Le page de la reine est tout prés de son cœur ; Hamlet va s'endormir aux genoux d'Ophélie.

O belle, accueille-moi d'un sourire indulgent. Dig, din, don ! — Sur le pré ne te fais plus attendre Regarde la colline avec son rose tendre. Ecoute les sons clairs de la cloche d'argent.

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