‹ Aa pays des ajoncsChapitre 9 sur 37 · CROQUIS "BRETONS · texte numérisé non relu

CROQUIS "BRETONS

La mystique Bretagne est une bonne vieille Dont la candeur enchante et la grâce émerveille. Modeste, elle n'a pas toujours de ces grands airs De cueilleuse de gui, de prêtresse des mers Qui font que de bien loin la foule s'agenouille. Parfois elle s'endort, en filant sa quenouille, Devant l'àtre enfumé qu'habite le grillon. Adieu le châle vert, adieu le cotillon Qui la virent, naïve et souple pa3'sanne, Danser la dérobée au pardon de Sainte-Anne! Mais ses yeux n'en sont pas devenus plus dolente.

La coiffe sied encore à ses beaux cheveux blancs.

Et dès que la fleur d'or apparail sur la lande,

Quand un vent de printemps souffle sur la mer grande,

Elle aime à retrouver quelque lai d'autrefois.

Un charme de jeunesse est resté dans sa voix.

Qu'elle évoque saint Yve ou la Vierge Marie,

Qu'elle dise Thorreur de la vague en furie

Ou l'amour, pur et bleu comme le firmament,

On sourit à l'entendre, et rien n'est plus charmant

Que ce rai de lumière aux lèvres de l'aïeule

Que réclame le soir et qui va rester seule.

Un pré vert qui reluit dans l'aube transparente.

Un moulin qui tictaque au bord de l'eau courante.

Des fleurs, des fleurs, des fleurs au milieu du cresson.

Et toujours et partout l'idéale chanson,

Puis de petits moutons qui broutent l'herbe drue.

Des enfants piaillant, très sales, dans la rue.

Une nature aoreste et sans orrand tra la la.

Et je me dis : « Où diable ai-je vu tout cela ? »

Je connais le berger, je connais la bergère.

L'épicière du coin ne m'est pas étrangère.

Le facteur me salue. Il est de mes amis

Et me demande à boire ainsi qu'il est permis

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