I.ETTBF. d'hÉLOÏSE
|)oint en lui. » H n'“.sulte clairement de ces paroles que les vertus seules sont méritoires devant Dieu, et que tous ceux qui sont semblables en vertus, bien qu'ils diffèrent par les œuvres, sont également aimés du Seigneur. Ainsi les vrais chrétiens, tout occupés de l’homme intérieur, et s’étudiant sans cesse à l’orner de vertus nouvelles, à le purifier de ses vic.es, négligent l’homme extérieur ou le lais- .sent tout-à-fait dans l’abandon. Les apôtres eux-mêmes furent si insouciants à cet égard, qu’ils marchaient sans tenue et sans dignité à la suite du Seigneur, et comme oubliant le respect qu’ils devaient à sa présence : on les >oyait, lorsqu’ils passaient dans les campagnes, arracher des épis de blé, et ne pas rougir de les froisser dans leuis mains, et de les manger comme auraient fait des enfants. Ils négligeaient même de laver leurs mains au moment des repas, ce qui les fit accuser de malpropreté ; mais le Seigneur les excusa en disant : « De manger sans avoir les mains lavées, ce n’est pas cela qui souille l’homme. » Et il ajouta aussitôt, comme une formule générale, que l’âme ne peut jamais être souillée par lescdioses extérieures, mais seulement par les choses qui viennent du cœur, et qui sont, dit-il, les mauvaises pensées, les adultères, les homicides, etc... Car si le cœur n’est point corrompu d’avance par une volonté dépravée, le péché ne s’introduira point dans les œuvres de la chair à l’extérieur. Aussi a-t-il eu raison de dire que les adultères et les homicides viennent du cœur, puisqu’ils pemvent être commis sans l’intenention du corps, selon cette parole ; « Quiconque regarde une fenune avec (convoitise a déjà commis dans son cœur un adultère. » Et : « Quiconque hait son frère est un homicide. » Car une femme qui succombe à la violeiuÆ n’est pas plus coupable d’adultère qu’un juge ne l’est d’homicide eu condamnant un coupable à la mort, lorsque la
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loi l’y oonirainl. « Tout homicide, ain.;i qu’il est écrit, n’aura p^lint de part au royaume de Dieu. »
C’est doue moins nos actions que l’esprit dans lequel nous les faisons que nous devons examiner, si nous voulons plaire à celui qui sonde les cœurs et les reins, qui voit dans les ténèbres, et qui jugera les plus secrètes pensées de l’homme. Voilà, dit saint Paul, ce qu’enseigne mon Evangile, c’est-à-dire la doctrine de ma prédication. La modique offrande de la veuve qui ne donna que deux oboles, c’est-à-dire un quatrain, fut préférée à celles des riches qui étaient beaucoup plus abondantes par celui à qui nous disons : « Seigneur, vous n'avez pas besoin de nos biens; » par celui qui aime l’offrande j)Our les mains dont elle sort, et non les mains pour leur ofl'raude, ainsi qu’il est écrit : « L’Éternel eut égard à .\bel et à son oblation ; » c’est-à-dire qu’il examina d’abord la piété du sacrificateur, et que cet examen lui rendit l’offrande agréable. Enfin la dévotion du cœur est d’autant plus agréable à Dieu que nous mettons moins de confiance dans ses manifestations extérieures.
C’est pourquoi l’Apôtre, après avoir permis l’usage de tous les aliments, ainsi que nous l’avons dit plus haut, écrit à Timothée, au sujet de l’exercice et du travail du corps :
« Exerce-toi dans la piété. Car l’exercice corporel est utile à peu de chose; mais la piété est utile à toutes choses, ayant les promesses de la vie présente et de celle qui est à venir. » En etfét, la dévotion et la piété de notre àme envers Dieu obtiennent de lui les choses nécessaires en ce monde, et la vie éternelle dans f’autre.
Que nous enseignent tous ces préceptes, sinon de vivre chrétiennement, et avec Jacob de préparer à notre père des animaux domestiques pour sa nourriture , au lieu d’aller , comme Ésaü, lui chercher des bêles des forêts, et de judaï-
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