‹ Abailard et HéloïseChapitre 15 sur 80 · I.VI · texte numérisé non relu

I.VI

KSSAI IIISTOUKJI’E

tciir : Abiiilani nous dit sculeineiit que des discours ealoninieux atta(|uèront sa conduite ainsi que sa doctrine, et que soutenus de rautorité de ses deux redoutables adversaires, répandus par eux dans le inonde, « ils finirent par lui aliéner les puissances non-seulement ecclésiastiques, mais séculières, lui enlevèrent scs princil)aux amis, et contraignirent ceux qui lui conservaient de rattachement à le dissimuler par crainte. « On ne connaît pas davantage le genre des persécutions aux- (luelles Abailard fut en butte; mais elles désolaient sa vie et avaient frappé son imagination à tel point « qu’il n’entendait pas parler d’une convocation ecclésiasti(iue , lie quelque sorte que ce fût, qu’elle ne lui parût avoir pour objet sa condamnation, et qu’il ne s’attendît à tout moment à être traîné devant les conciles comme liéréticiuc ou sacrilège. » Dans cet état d’angoisse, le désespoir s’empara de lui, et plus d’une fois, songeant à fuir la domination des chrétiens, il forma le projet d’aller « au pays des infidèles chercher le repos, et, |)Our un tribut tel qu’on voudrait l’exiger, vivre chrétiennement au milieu des ennemis du Christ. « J’espérais, » ajoute-t-il, « les trouver d’autant plus favorables, (jiie, d’après le crime qui m’était imputé, ils pourraient me soupçonner de n’être pas chrétien, et me croire ainsi plus disposé à embrasser leur foi. » Espoir singulier, et dont, il faut le croire, Abailard ne s’est amusé ([ue comme d’une comliinaison d’esprit.

Au milieu de ces agitations, il crut entrevoir un |)ort (le salut. Les moines de Saint-Gildas de Ruys'.

‘ Celle abbaye étailsiluée sur leborcl delà nier, au bourg de Ruys, diocèse de Vannes, dans la Rasse-Rrelagne. Elle lui fondée, au \r siècle, sous Cliilpéric, fils de Mérovée, par sainl Ciblas, dii le Sage,

ABAII.ARD RECEVANT AU PARACIÆT UES RELIGIEUSES D’ARGENTEUIl.. P. lyii.

SU! AltAILAHIl KT HÉLOÏSE.

dans le diocè.se de V'aniies, venaient de; le clioisir pour leur abbé. Il obtint sans ])eine de l’abbé et des moines de Saint-Denis la permission d’aecepter, et les terreurs (jui le poursuivaient en France l’emportèrent sur l’eftroi de ce qui l’attendait en Bretagne : « des moines déréglés et indomiitables, un pays barbare , dit-il, situé à l’extrémité des terres, sur le bord des ondes de l’Océan, et liabité par des peuples léroces et turbulents dont la langue lui était inconnue. » Cependant rien ne l’arrêta : il romi)it son école, et partit pour Buys. Il y trouva ce (jii’il aurait dû prévoir, des difficultés au-dessus de son énergie, des peines trop fortes pour son courage, le désordre au dedans et au dehors, les terres de l’abbaye envahies par un puissant voisin, aiujuel des moines sans règle, et par conséquent sans autorité, n’avaient aucun moyen d’imposer ; des embarras d’administration ([ue les moines, irrités des tentatives de réforme de leur nouyel abbé, s’appliquèrent bientôt à lui rendre insurmontables; iioint de secours dans une population semblable aux gens contre lesquels il aurait eu à se défendre, et, au milieu de ces sauvages, l’éloipience, l’esprit, la science, la renommée complètement inutiles. Dans sa détresse, le désolé Abailard tournait des regards de repentir vers le Paraclet, que, sans absolue nécessité, il avait laissé désert, négligé, trop pauvre pour fournir à l’entretien d’un desservant. Il apprit (jue les religieuses d’Argenteuil, parmi les- «pielles Héloïse occu])ait alors la dignité de ])rieure.

abbé (J’un iiionaslère d’Anglelerre. Les religieu.x étaient de l’ordre de saint Benoît; ceux de la cougrégulion de SaiiU-Maur y lurent introduits en IGiO. Cette abbaye ne doit pas être confondue avec celle il(' Saint-Cild;is-des-lîois, (|ui est dans le diocèse de Nantes.

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