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LETTRE D’aBAILARD
œuvres; si elle a bien élevé ses curants; si elle a exercé l'hospitalité; si elle a lavé les pieds des saints; si elle a secouru les affligés; si elle s’est appliquée à toutes sortes de bonnes œuvres. Evitez de choisir pour cet emploi îles veuves plus jeunes. » Il est aisé de voir combien l’Apôtre recommande plus d’attention dans le choix des diaconesses que dans celui des évéques et des diacres , lorsqu’il dit : « Qu’on puisse rendre témoignage de leurs lionnes œuvres; qu’elles aient exercé l'hospitalité. » Il ne fait pas cette observation pour les diacres, et n’exige pas d’eux, non plus que des évêques, qu’ils aient lavé les pieds des saints, secouru les affligés, etc. 11 se contente de dire que les évêques et les diacres soient sans reproche. Mais il veut non seulement que les temmes soient irrépréhensibles, mais encore quelles aient toujours fait de bonnes œuvres. Il fixe leur Age avec soin, pour qu’elles aient plus d’autorité, en disant : « Pas moins de soixante ans, » afin que les bonnes œuvres de leur vie, jointes à l’expérience de la vieillesse, inspirent plus de respect.
Aussi Jésus-Christ, malgré son amitié pour saint Jean, lui préféra-t-il saint Pierre, ainsi qu’aux autres, en raison de son Age ; car on est moins offensé de céder le pas à un vieillard qu’à un jeune homme, et l'on se soumet plus volontiers à celui qu’une vie sainte et la nature et l’ordre des temps ont mis au-dessus de nous.
Saint Jérôme, dans son livre contre Jovinien, dit, en parlant de l'élection de saint Pierre : b Un seul est choisi, afin d 'ôter l’occasion du schisme par l'établissement d’un chef. Mais pourquoi Jean ne fut-il pas élu? C’est que Jésus-Christ a déféré à l’Age, parce que Pierre était plus vieux, et pour ne pas donner à un jeune homme, encore presque enfant, la préférence sur des vieillards. En lion maitre il devait ôter à ses disciples tout sujet de querelle
A HÉLOÏSE
ot no pas exciter de jalousie on choisissant son bion-aimé.
C'est par celte considération que l'abbé dont il est parlé dans la vie des Pères ôta la primatie à un frère plus ancien de profession, pour la donner à un autre qui vint après lui, par la seule raison que ce dernier était le plus âgé. 11 craignait que ce frère, encore trop attaché au monde, ne supportât avec peine la préférence que l’on donnerait à un plus jeune. Il se souvenait de l’indignation des apôtres contre deux d'entre eux qui se servaient do l’intercession de leur mère pour obtenir de Jésus quelques prérogatives; car cette ambition paraissait surtout condamnable dans le plus jeune des apôtres, c’est-à-dire Jean lui-même dont nous venons de parler.
Le choix des diaconesses n’a pas seul excité la vigilance de l’Apôtre; mais généralement les veuves qui voudraient se consacrer à la profession religieuse sont l’objet de son attention particulière. O 11 voit qu’il veut éloigner d’elles toutes les tentations. Après avoir dit : « Honorez les veuves qui sont véritablement veuves, » il ajoute aussitôt : « Si quelque veuve a des fds ou des petits-fils, qu’elle apprenne d’abord à conduire sa maison, et qu elle fasse pour ses proches ce que ses parents ont fait pour elle. » a Si quelqu’un, dit-il plus loin, n’a pas soin des siens, et surtout de ceux de sa maison, il a renoncé à la foi, et il est pire qu’un infidèle. » l*ar ces paroles, il satisfait en môme temps à la dette de l’humanité et aux devoirs de la religion. Il veut empêcher que, sous le prétexte delà religion, de pauvres orphelins ne soient abandonnés, et que la compassion humaine envers des malheureux ne trouble la sainte résolution des veuves, ne ramène leurs regards en arrière, quelquefois môme ne les conduise au sacrilège, et ne les engage à donner à leurs proches ce qu elles détourneraient de la communauté.
LETTRE D ABAILABI)
C’était donc lin conseil nécessaire d’avertir celles qui sont encore chargées de famille, avant qu’elles passent à un véritable veuvage et se dévouent sans réserve au service de Dieu, de faire pour leurs proches ce que leurs parents ont fait pour elles, et de suivre la même loi, en élevant leurs enfants comme elles ont été élevées elles-mêmes par leurs parents.
Le même apôtre, pour augmenter encore la perfection religieuse des veuves, leur ordonne de persévérer jour et nuit dans les oraisons et les prières. Egalement inquiet sur leurs besoins, il dit : « Si quelque fidèle a des veuves qui lui soient proches, qu’il les secoure, et cpie l’Eglise ne soit chargée que de celles qui sont véritablement veuves. » C’est comme s’il disait : Si quelque veuve tient à une famille riche qui puisse subvenir à ses besoins, qu’elle en soit secourue, afin que les revenus de l’Église puissent subvenir aux autres. Cette doctrine prouve clairement que si quelqu’un refuse de secourir les veuves qui lui appartiennent, l’Église peut le contraindre, par l’autorité apostolique, à s'acquitter de cette dette. L’Apôtre ne s’est pas contenté de pourvoir à leurs besoins, il a songé à l’honneur qui leur était dû, en disant : « Honorez les veuves qui sont véritablement veuves. »
Telles furent, nous le croyons, ces deux femmes dont l’une est appelée « Mère » par l’Apôtre lui-même, et saint Jean l’évangéliste appelle l’autre « Dame », par respect irour la sainteté de sa profession. « Saluez, dit saint Paul écrivant aux Romains, saluez Rufus, qui est élu dans le Seigneur, et sa mère, qui est également la mienne. » Saint Jean commence ainsi sa seconde épltre : « Le vieux Jean à Dame Élecle et à ses enfants »; et il ajoute plus bas en lui demandant son amitié : « Actuellement je vous prie, mu Dame, que nous nous aimions l’un l’autre. »
A HÉLOÏSE
Appuyé aussi de relie autorité, saint Jérôme, dans sa lettre à la vierge Eustochium, qui avait embrassé votre profession, ne mugit pas de l'appeler sa Dame, et même il rend compte aussilot de la raison qui l’y oblige: « Eustochium est ma Daine, parce que je dois appeler Dame celle qui est l’épouse de mon divin Maître. » Et dans la même lettre, élevant l’excellence de cet état au-dessus de toute, la gloire humaine, il dit : « Je ne veux pas que vous communiquiez avec les femmes du monde, que vous fréquentiez les maisons des nobles, et que vous visitiez souvent ce que vous avez rejeté et méprisé en consacrant votre virginité au Seigneur. Si l’ambition pousse le flot des courtisans au lever de l’impératrice, pourquoi feriez-vous injure à votre époux 1 ? Fiancée d’un Dieu, pourquoi rendriez-vous des devoirs ù l’épouse d’un Homme? Pénétrezvous en ceci d’un saint orgueil, et sachez que vous êtes bien au-dessus d’elle, n
Le même, écrivant à une vierge consacrée à Dieu, sur le lionheur céleste qui attend ses vertueuses compagnes, et sur le respect qui leur est dit sur la terre, dit :
« Après le témoignage des saintes Écritures, la pratique inviolable de l'Eglise vient encore nous enseigner quelle est la béatitude réservée dans le ciel à cette virginité sacrée, et nous apprendre qu’un mérite particulier s’attache à cette consécration spirituelle. En effet, quoique tous les chrétiens participent d'une manière égale aux dons de la grfice, et se glorifient de recevoir les mêmes bénédictions par les sacrements, les vierges cependant l’emportent sur les autres fidèles, puisqu’elles sont choisies par l'Esprit saint dans cet immaculé troupeau de l’Église, comme des victimes plus saintes et plus pures que le grand-prêtre offre à Dieu pour le service de ses autels... La virginité a donc un mérite au-dessus des autres, puisqu’elle obtient spécia-
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lement la grâce, et qu’elle jouit du privilège d’une consécration qui lui est particulière; consécration si auguste qu’elle n’est |toint |>ertnise, excepté le cas de mort imminente, à d’autres époques que le jour de l’Épiphanie, l’octave de Pâques et les fêtes des Apôtres. Et même il n’appartient qu’au chef des prêtres, c’est-à-dire à l’évêque, de procéder à la bénédiction des vierges et du voile qui doit couvrir leurs têtes sanctifiées. »
Pour les moines, quoiqu’ils soient de même profession et de même ordre et d’un sexe plus noble, d'ailleurs à mérite égal de pureté, ils ne jouissent pas de ces distinctions honorables. Il est permis à leur abbé de recevoir leurs vieux chaque jour indifféremment, et de bénir leur personne et leur habit. Les prêtres et tous ceux qui sont admis dans les grades de la cléricalure peuvent être ordonnés dans les Quatre-Temps , et les évêques chaque jour de dimanche ; mais la consécration des vierges, d’autant plus précieuse qu’elle est plus rare, est réservée comme une cérémonie d'allégresse pour les fêtes les plus solennelles.
Cette admirable vertu des vierges excite dans l’Église les tressaillements d’une joie extraordinaire, ainsi que David l’avait prédit pur ces paroles : « Des vierges seront amenées au roi ; » et ensuite : « Elles lui seront présentées dans la joie et dans l’allégresse ; on les amènera dans le temple. » On croit que saint Matthieu, l’apôtre et l’évangéliste , a institué ou dicté le rituel de cette consécration, et c’est ce qui se trouve rapporté dans les actes de son martyre, car il mourut [tour la défense de la virginité religieuse. Mais jamais les apôtres ne nous ont rien laissé par écrit touchant la consécration des clercs et des moines. C’est aussi du nom de la Sainteté que leur profession religieuse a tiré le sien, puisque du mot Sanctimonia, c’est-àdire sainteté, dérive celui de Sanctimonialcs ou moinesses.
A IIÊLOÏSE.
En effet, le sexe des femmes étant plus faillie, leur vertu est aussi plus agréable à Dieu et plus parfaite à ses yeux, ainsi qu’il le dit lui-méme en exhortant son Apôtre à combattre pour la couronne de la gloire : « Ma grâce te suffit , car c’est dans la faiblesse que la vertu brille. »
C’est ainsi qu’en parlant, par la bouche de cet Apôtre, des membres de son corps, qui est l’Église, comme s’il eût principalement recommandé l’honneur aux membres les plus faibles, il lui fait dire dans cette même épitre aux Corinthiens :
« Les membres de notre corps qui nous paraissent les plus faibles sont les plus nécessaires. Nous honorons même davantage par nos vêtements les parties du corps qui paraissent les moins honorables, et nous couvrons avec plus de soin et d’honnêteté celles qui sont les moins honnêtes ; car pour celles qui sont honnêtes elles n’en n’ont pas besoin. Mais Dieu a disposé le corps de manière qu’on rend plus d’honneur aux membres les plus faibles, afin qu’il n’y ait point de schisme dans le corps, mais que tous les membres conspirent mutuellement A s’aider les uns les autres. »
N’est-ce pas aux femmes qu’il a dispensé sans réserve les trésors de la grâce divine, quoique leur sexe fût le plus faible et le moins noble, tant par le péché originel que par sa nature ! Examinez-en les différents états, les vierges, les veuves, les femmes mariées, et même celles qui vivent dans les abominations du libertinage, et vous verrez en elles les plus grands effets de la grâce du Seigneur, selon les paroles de Jésus-Christ et de l’Apôtre : « Que les premiers soient les derniers, et les derniers soient les premiers ». Remarquez encore : « Là où il y a eu abondance de péché, qu’il y ait aussi surabondance de grâce. »
En effet, si nous remontons à l’origine du monde, nous
LETTRE u’aBAILARP
trouverons que la femme, dès sa création , a été favorisée des dons de la grâce divine, et d’un honneur particulier. Elle fut créée dans le paradis ; I llumine fut créé hors du paradis ; ce qui doit toujours rappeler aux femmes que le paradis est leur patrie naturelle , et que les pures régions du célibat les rapprochent de leiu - céleste demeure. C’est et* qui fait dire à saint Ambroise, dans son livre sur le paradis : « Dieu prit l'homme qu’il avait fait, et il le mit dans le paradis. » Or vous voyez qu’il a pris celui qui était déjà, et qu’il l’a placé dans le paradis. Observez que l’homme a été fait hors du paradis, la femme dans le paradis. L’homme, qui a été créé dans un lieu moins noble que la femme, se trouve meilleur qu’elle, et la femme, née dans le paradis, se trouve inférieure à l’homme.
Èvc , l’origine de tous nos maux , a été rachetée par Marie, dans le Seigneur, avant que la faute d'Adam eût été effacée par Jésus-Christ. La faute ainsi que la grâce nous est venue par la femme, et les saintes prérogatives de la virginité ont refleuri. Déjà Anne et Marie avaient donné aux veuves et aux vierges le modèle de la profession religieuse, avant que Jean ou les a|M>tres montrassent aux hommes l’exemple de la vie monastique.
Si , après Eve , nous examinons la vertu de Débora , de Judith et d’Esther, nous conviendrons assurément qu’elle doit faire rongir la force de l’homme. En effet. Débora, en qualité de juge d'Israël, se mit à la tète de l’armée , qui n’avait plus de généraux , livra bataille , vainquit les ennemis, et délivra le peuple de Dieu par le plus éclatant des triomphes. Judith, sans armes, accompagnée d’une servante, attaqua une armée terrible, et seule, après avoir tranché la tète d’Holopherue avec sa propre épée, elle délit l’ennemi, et sauva la cause désespérée de son peuple. Esther, par une inspiration secrète
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de l’Esprit saint, quoique mariée contre la loi à un prince idolâtre, prévient la perfidie d’Aman et l'édit cruel qu’il avait surpris nu roi, et en un instant fait retomber sur l'impie la terrible sentence.
On regarde comme un prodige de force et de vertu que David avec une fronde ait vaincu Goliath ; et la veuve Judith, sans pierre et sans fronde, et sans le secours d'aucune arme, s’avança contre toute une armée ennemie. Esther par sa seule parole délivre son peuple, et tournant contre ses ennemis le décret de proscription, les précipite eux-mêmes dans le piège qu’ils avaient tendu. C’est eu mémoire de cette action remarquable que les Juifs ont institué une fête annuelle, ce que jamais ils n’ont fait pour les actions d’aucun homme, même les plus héroïques.
Qui n’admirera pas l’incomparable courage de cette généreuse mère des Machabées, que l’impie roi Antiochus, selon l’histoire, fit saisir avec ses sept enfants, et cette constance contre laquelle échouèrent tous les efforts des bourreaux pour leur faire manger de la chair de porc, défendue par la loi ? Cette femme, oubliant lous les sentiments de la nature et de l’humanité pour ne soir que Dieu seul, consomma par son propre martyre tous ceux qu’elle avait déjà soufferts dans la personne de chacun de ses fils, après les avoir envoyés devant elle, par ses exhortations, à la couronne céleste qui les attendait. Feuilletons tout l’ancien Testament : que trouverons-nous qui soit comparable à la fermeté de celte femme?
Le démon, après toutes ses vaincs persécutions contre le saint homme Job, connaissant la faiblesse humaine aux approches de la mort, dit : « L’homme donnera la peau d’autrui pour conserver la sienne, et tout ce qu’il possède pour sauver sa vie. » En effet, l’horreur que nous inspire
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l'instant de la mort est si naturelle, que souvent nous opposons un membre pour la défense de l'autre, et que pour conserver notre vie nous a’appréhendons pas les plus grands maux. Cette héroïne chrétienne a préféré de perdre sa vie et celle de ses enfants, à la coupable pensée de transgresser la loi dans un seul point. Quelle est donc, je vous prie, celte transgression à laquelle on voulait la forcer? L’obligeait-on de renoncer à son Dieu et de sacrifier aux idoles? Non, on ne leur demandait à tous que de manger des viandes défendues par la loi. 0 mes frères, et vous tous qui avez embrassé la vie monastique, qui transgressez tous les jours notre règle d’une manière si audacieuse en mangeant des viandes qu elle vous défend, que direz-vous, au spectacle d’une telle fermeté dans une femme? Êtesvous assez insensibles pour n’ètre pas confondus par un pareil exemple? Sachez, mes frères, le reproche que le Seigneur fait aux incrédules en parlant de la reine du Midi : « La reine du Midi s’élèvera au jour du jugement contre cette génération et la condamnera. » La constance de cette femme déposera contre vous, d’autant plus gravement, que sans devoir autant que vous qui êtes moines, elle aura fait infiniment davantage. Aussi, en faveur du combat quelle a soutenu si courageusement, a-t-elle mérité que l’Église instituât une messe et des prières commémoratives de son martyre; honneur qui jusqu’alors n’avait été accordé à aucun des saints dont la mort avait précédé la venue du Seigneur. Cependant la même histoire des Machabécs nous montre Éléazar, ce vieillard vénérable, l'un des premiers scribes de la loi, mourant dans les supplices pour la même cause. C’est, nous l’avons déjà dit, que le sexe de la femme étant plus faible, son courage est aussi plus agréable à Dieu et plus méritoire; et le martyre du pontife n’est point célébré par une solennité particulière, parce que l’on ne
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s’étonne point que le sexe le plus fort soit aussi le plus patient à souffrir. Aussi l’Ecriture se répand en éloges sur cette même femme : « Cependant, dit-elle, cette mère admirable, et digne de l’éternel souvenir des fidèles, voyant succomber en un même jour ses sept enfants, supportait constamment leur mort, à cause de l’espérance qu’elle avait en Dieu ; remplie de sagesse, et mêlant à la tendresse d’une femme le courage le plus viril, elle exhortait fortement chacun d’eux. »
La fille unique de Jephté n’a pas fait moins d’honneur à son sexe parmi les vierges. Pour que son père ne fût pas même coupable de la violation d'un vœu imprudent, pour que la victime promise répondit à la grâce dont il venait d’être comblé, cette généreuse fille excitait elle-même son père vainqueur à consommer le fatal sacrifice. Qu’auraitelle donc fait, si, dans cette arène sanglante des martyrs, les infidèles avaient voulu la forcer de renier son Dieu? Si elle eût été interrogée, comme le prince des apôtres de Jésus-Christ, aurait-elle dit : « Je ne connais point cet homme? » Son père l’abandonne à sa liberté pendant deux mois; elle revient, à leur expiration, s’offrir au couteau paternel. Elle va au-devant de la mort, et la provoque au lieu de la craindre. Elle paie de son sang le vœu insensé de son père, et le dégage de sa parole aux dépens de sa vie. 0 glorieux amour de la vérité! Quelle horreur n’aurait pas eu pour un parjure personnel celle qui n’a pas permis celui de son père ? L'amour de cette vierge pour son père charnel et pour son père spirituel n’est-il pas sans bornes? En même temps que par sa mort elle épargne au premier un mensonge, elle satisfait à la promesse faite à l’autre. Cette grandeur d’âme dans une jeune vierge a mérité que les filles d’Israël s’assemblassent chaque année dans im même lieu pour célébrer ses funérailles par des
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