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vers latins les vingt-sept vers grecs dont la prédiction est composée. Voici les sens de quelques-uns :
« En signe du jugement, la terre se mouillera de sueur : un roi , qui doit vivre dans tous les siècles , descendra du ciel, revêtu d’un corps humain, pour juger l’univers. »
En réunissant les premières lettres de chaque vers grec, l’acrostiche donne : «Jésus-Christ, fils de Dieu, Sauveur.»
Lactance cite aussi plusieurs prophéties de la sibylle au sujet de Jésus-Christ :
« Il tombera ensuite , dit-elle , dans les mains des infidèles; ils donneront à Dieu des soufflets avec leurs mains incestueuses, et de leur bouche impure ils vomiront contre lui des crachats empoisonnés. Mais il tendra humblement à leurs coups ses épaulés sacrées, et il recevra leurs soufflets en silence, de peur qu’on ne reconnaisse le Verbe, et que l’enfer ne soit instruit de son arrivée. Us le couronneront d épines. Pour nourriture ils lui donneront du fiel, et pour breuvage du vinaigre : telle sera la table de leur hospitalité. Nation insensée! tu n’as pas compris ton Dieu, que tous les mortels devaient adorer ; mais , au contraire, tu l’as couronné d’épines, et tu as mêlé le fiel dans sa coupe. Le voile du temple se déchirera, et au milieu du jour d’épaisses ténèbres couvriront la terre pendant trois heures ; il mourra , et après trois jours de sommeil, sortant des enfers, il reparaîtra à la lumière pour marquer le principe de la résurrection. »
Virgile, le plus grand de nos poètes, connaissait sans doute cet oracle de la sibylle, puisqu’il y fait allusion dans sa quatrième églogue, où il prédit, sous le règne de César- Auguste et le consulat de Pollion, la naissance miraculeuse d’un enfant qui devait être envoyé du ciel sur la terre pour effacer les péchés du monde et créer une ère pleine de merveilles. Cet événement avait été révélé au
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poêle, comme il le ilil lui-même, par les oracles sibyllins de l'antre do Cumes. Il semble convier tous les hommes à se fêliciler, à chanter et à écrire sur la naissance future de cet enfant divin, en comparaison duquel il néglige toute autre pensée comme vile et méprisable :
« Muses de Sicile, cherchez plus haut le sujet de vos chants. Les arbrisseaux et l’humble bruyère ne peuvent plaire à tout le monde. Les derniers temps prédits par l'oracle de Cumes sont arrivés. Les siècles vont se dérouler dans un ordre nouveau. La vierge va revenir, le règne de Saturne va recommencer. Une race nquvelle est envoyée du haut des deux, etc. »
Pesez toutes les paroles de la sibylle, et vous verrez qu’elles renferment clairement ce que la foi .chrétienne doit croire de Jésus-Christ. Et dans sa prophétie, dans ses écrits, elle n’a oublié ni sa divinité, ni son humanité, ni son arrivée pour les deux jugements : le premier, dans lequel il a été injustement condamné aux tortures de sa Passion; l'autre, par lequel il jugera justement le monde dans la majesté. Et en faisant mention de sa descente aux enfers et de la gloire de sa résurrection , elle s’est élevée au-dessus des prophètes et même des évangélistes, qui n’ont rien dit de sa descente aux enfers.
Qui n’admirera pas l’entretien, aussi long que familier, auquel le Christ voulut bien s’abaisser avec cette femme païenne de Samarie? L’extrême condescendance avec laquelle il daignait l’instruire excita l’étonnement des apôtres eux-mêmes ? Après l’avoir réprimandée sur son incrédulité et sur la multitude de ses amants, il voulut bien lui demander à boire, et nous savons qu’il ne demanda jamais d’autres aliments à personne. Ses apôtres surviennent, et lui offrent des aliments qu’ils venaient d’acheter, en disant: « Maître, mangez; » mais il les refuse, en
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disant, comme pour s’excuser : « J’ai une nourriture à manger que vous ne connaissez pas. » Il demande Inimême à boire à eette femme, qui, déclinant une telle faveur, lui dit : « Comment vous, qui êtes Juif, demandezvous à boire il une Samaritaine? les Juifs n’ont pas coutume de communiquer avec les Samaritains. » Et ensuite : « Vous n’avez pas de quoi puiser de l’eau, et le puits est profond. » 11 demande donc lui-même de l’eau à une femme infidèle, qui lui en refuse, et il ne se soucie pas des aliments que ses apôtres lui présentent. Quelle est donc, je vous prie, cette prédilection qu’il accorde h la faiblesse de votre sexe, pour demander de l’eau à une telle femme, lui qui donne la vie h tout le monde, si ce n’est pour montrer ouvertement que la vertu des femmes lui est d’autant plus agréable que leur sexe est plus faible; qu’il a soif de leur salut, et qu’il le désire avec d’autant plus d’ardeur qu’il est certain que leur courage est plus admirable ; et lorsqu’il demande il boire à une femme, il fait entendre qu’il veut quelle étanche sa soif par le salut de son sexe. Il appelle cette boisson nourriture : « J’ai, dit-il, une nourriture à manger que vous ignorez, » et il lionne l’explication de cette nourriture , en disant : « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père, » désignant ainsi que la volonté particulière de son Père est qu’il travaille au salut du sexe le plus faible.
Nous lisons que le Seigneur eut un entretien familier avec Nicodème, chef des Juifs, qu’il le recevait même secrètement, et l’instruisit sur son salut; mais Nicodème n’en retint pas alors un aussi grand fruit. La Samaritaine, au contraire, fut remplie du don de prophétie; elle annonça la venue du Christ, non-seulement chez les Juifs, mais encore chez les Gentils, en disant : « Je sais que le Mi >ssie, qui s'appelle Christ, doit venir; lorsqu’il sera
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arrivé, il nous annoncera tout; » et plusieurs citoyens, croyant à ses paroles, se rendirent au pics de Jésus-Christ, crurent en lui, et le retinrent deux jours avec eux, lui qui cependant dit ailleurs à ses disciples : « Eloignez-vous de la voie des Gentils, et n'entrez pas dans la ville des Samaritains. n
Saint Jean rapporte bien que Philippe et André annoncèrent à Jésus-Christ que plusieurs Gentils, qui étaient venus à Jérusalem pour y célébrer un jour de fête, désiraient le voir; mais il ne dit pas qu’ils furent admis, ni que sur leur demande la faveur de son entretien leur ait été accordée comme à la Samaritaine, qui ne l’avait point demandée. C’est par elle qu’il semble avoir commencé la prédication chez les Gentils ; non-seulement il la convertit, mais par son moyen il se lit beaucoup de prosélytes. Les mages, éclairés aussitôt par l’étoile et convertis à Jésus- Christ, attirèrent à lui un grand nombre d’hommes par leur doctrine et leurs exhortations , mais ils vinrent seuls à lui de leur propre mouvement : ce qui prouve clairement combien la Samaritaine obtint de confiance auprès des Gentils au nom de Jésus-Christ, puisque, le devançant, annonçant sa venue , et prêchant ce qu’elle avait entendu, elle gagna si promptement à la vérité une grande partie du peuple de son pays.
Si nous feuilletons l’ancien Testament ou l’Écriture évangélique, nous verrons que les grâces les plus éclatantes de résurrection ont été accordées principalement aux femmes pour leurs morts, et que ce n’est qu’à leur sollicitation, ou pour elles-mêmes, que ce miracle s’est opéré. D’abord Élie et Elisée ressuscitèrent des enfants à la prière de leurs mères; et le Seigneur lui-même, en ressuscitant le fds d’une veuve, la fille du chef de la synagogue, et Lazare, à la prière de ses sœurs, a surtout pri-
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vilégié les femmes du bienfait de ce grand miracle. Ce qui fait dire à l’Ap6tre, dans son épltre aux Hébreux : « Les femmes ont recouvré leurs morts par la résurrection; » car celte jeune fille ressuscitée recouvra son propre corps , et les autres femmes eurent la consolation de voir revivre ceux dont elles pleuraient le trépas. Des preuves nombreuses nous attestent donc la constante faveur dont Jésus-Christ a honoré les femmes. Il voulut d'abord les combler de joie, en les rappelant elles-mêmes du sépulcre, ainsi que les personnes qui leur étaient chères : et n’ont-elles pas obtenu le plus glorieux des titres quand le Sauveur leur apparut, puisqu’elles furent choisies pour être les premiers témoins de sa résurrection ?
Votre sexe parait s’être rendu digne de ces augustes témoignages par sa tendresse naturelle et sa pieuse compassion pour le Seigneur, au milieu de tout un peuple acharné. Car, selon saint Luc, lorsque les hommes le conduisaient au Calvaire pour le crucifier, leurs femmes suivaient en pleurant, et se désolaient. Jésus se retourna vers elles, et, tout ému des larmes de leur pitié, il leur lit entendre , à l’heure même de son supplice, -les paroles de sa gratitude miséricordieuse, en leur prédisant les malheurs futurs, afin qu’elles pussent s’en garantir :
« Filles de Jérusalem, dit-il, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos fils; car le jour est proche oii l’on dira : Heureuses les stériles et les entrailles qui n’ont point enfanté! »
Saint Matthieu rapporte que la femme de ce juge inique avait travaillé avec zèle à la délivrance du Sauveur :
« Tandis qu’il était assis au siège judicial, sa femme envoya lui dire : Ne vous embarrassez point dans l’affaire de ce juste, car j'ai été aujourd'hui étrangement tourmentée dans un songe, à cause de lui. »
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Quand il prêchait, c’est encore une femme qui seule éleva la voix, du milieu de la foule, pour lui adresser ce magnifique éloge : « Bienheureuses les entrailles qui vous ont porté, et les mamelles qui vous ont nourri ! » Mais au cri de son âme et de la vérité le Seigneur opposa une douce réprimande, en lui répondant : « Et moi je vous dis à mon tour : Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui l’accomplissent ! »
Seul entre tous les apôtres, saint Jean obtint de Jésus- Christ le privilège d’être appelé son bion-aimé. Ce même saint Jean dit de Marthe et de Marie : « Jésus aimait Marthe, Marie sa sueur, et Lazare. » Ce même apôtre, qui fut seul appelé le bien-aimé du Seigneur, ainsi qu’il l’atteste lui-même, accorda à son tour à des femmes le privilège d'une dénomination refusée à tous les autres apôtres; et quoiqu'il associe au même honneur le frère de ces femmes, il les a cependant nommées avant lui, pour montrer qu’elles étaient les premières dans son amour.
Revenons aux femmes chrétiennes : publions avec admiration, et admirons en les publiant, les effets de la divine miséricorde à l'égard même de celles qui vivaient publiquement dans la prostitution. Quoi de plus vil que la conduite de Marie-Madeleine et de Marie ('Égyptienne dans les premiers temps de leur vie? Et cependant quelles femmes la grâce divine a-t-elle plus élevées en honneur et en mérite après leur conversion? La première, ainsi que nous l’avons vu, reste constamment dans le collège des apôtres; la seconde, ainsi qu’il est écrit, déploie une vertu surhumaine dans la lutte et l’austère pénitence des anachorètes. Ainsi le courage «le ces deux femmes est au-dessus de celui de tous les différents solitaires, et ces paroles du Seigneur aux incrédules : « Les courtisanes vous précéderont dans le royaume de Dieu, » peuvent s’appliquer