‹ Abailard et HéloïseChapitre 73 sur 103 · EN FAVEUR DE PIERRE ADAILARD · texte numérisé non relu

EN FAVEUR DE PIERRE ADAILARD

Au sod%t-r.mi Pontife, noire l*ére spècial, noire ligueur Pape Ikxoccst, son humble frère Pikhrk, abbé de Clun>.

obéissance el amour.

Pierre Abailard, le Maître, bien eoiinu, je pense, à votre sagesse, revenait dernièrement de France, et passa par Uluny. Nous lui demandâmes le but de son voyage : il répondit que, persécuté par la haine de ses ennemis, et chargé du nom d’hérétique, dont il avait horreur, il eu avait appelé à lu majesté apostolique, et qu’il voulait se réfugier sous sa protection. Nous avons approuvé son dessein, et nous l’avons engagé à s’adresser au refuge toujours ouvert. Nous lui avons dit que la justice apostolique, qui n’a jamais manqué ni à l’étranger ni au pèlerin, ne lui manquerait pas non plus. Nous lui avons promis que la Miséricorde elle-même, s'il le fallait, viendrait au-devant

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de lui. Pendant son si-jour au rouvent, monseigneur l'abbé de Citeaux arriva, et tons trois ensemble nous traitâmes de sa réeoneiliation avec monseigneur Tabla 1 de Chiirvaux, du jugement duquel Abailard avait appelé. Nous donnâmes nos soins à opérer cette réconciliation ; nous l'exhortâmes à aller trouver Bernard, accompagné de l'ahlié de Citeaux. Nous avons ajouté à nos avertissements, que s'il avait écrit ou énoncé quelque chose qui pût choquer les oreilles catholiques, il cédât aux exhortations de Tabla 1 et à celles des autres personnes sages et fidèles, en écartant de son discours de pareilles sentences et en les i ayant de ses livres. Et les choses se passèrent ainsi. Il alla, il revint, et nous apprit à son retour qu’il avait vu l’abbé de Clairvaux, et qu'avec la médiation de Tabla 1 de Citeaux, ils avaient assoupi leurs anciennes querelles, et fait la paix. Nos conseils, et l’inspiration du ciel, plus puissante que nos conseils, le déterminèrent encore it renoncer aux agitations «le l’école et de l’enseignement, et à faire choix de votre abbaye deCluny pour son séjour perpétuel. Son grand âge, sa faiblesse, su religion profonde, justifiant à nos yeux sa résolution, cl l’étendue de sa science, que vous ne pouvez entièrement ignorer, nous paraissant devoir être trèsprofitable à la multitude de nos frères, nous nous rendîmes à sa volonté; et, sauf le bon plaisir de votre Bienveillance, nous lui avons accordé, dans la pieuse pitié et dans la joie de notre âme, de rester av«>c nous, qui sommes vos serviteurs en toutes choses, comme vous le savez. Ainsi, très-saint Père, je vous supplie, moi le plus liumblé de vos serviteurs, votre serviteur cependant, tout le monastère de Cluny, qui vous est si entièrement dévoué, Vous supplie, Abailard lui-méme vous supplie, par lui-lliéme, par nous, par les porteurs des présentes, vos fils, parcelle lettre même qu’il m’a prié de vous écrire, qu’il vous plaise

VI l'U’fc INNOCENT II.

ordonner qu'il roule en paix dans votre abbaye de Cluny le reste des jours de sa vie et de sa vieillesse : ces jours peut-être ne sont pas nombreux. Puisque le passereau a trouvé une maison, puisque le ramier a trouvé un nid, que nulle violence au moins ne puisse désormais l’en arracher, ni troubler son repos; il réclame de cette paternelle bonté dont vous étendez les effets à tous les cœurs purs, et de cet amour dont vous l’avez honoré lui-même, la grAce d’être protégé par vous, avec le bouclier de la défense apostolique.

LETTRE

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