‹ Abailard et HéloïseChapitre 72 sur 103 · LETTRE DE BÉRENGER A L’ÉVÈQIE DE MENDE · texte numérisé non relu

LETTRE DE BÉRENGER A L’ÉVÈQIE DE MENDE

frères; mais, pour mieux les accréditer dans le public, vous me faites l’inventeur de ces belles choses. Nierai-je avec serment? mais vous rirez comme si une montagne accouchait d’une souris. Avouerai-je? mais la vertu de la croix me serait bientôt connue par expérience. Qu’ai-je donc à faire? Je vous demande pardon, pourtant je suis innocent; et, si vous l’aimez mieux, j’implore mon pardon, et je suis coupable. Pour combler la mesure de votre satisfaction, je vous offre encore une palette de utou sang.

Grâce donc, mes frères, encore une fois grâce : et ne permettez pas que votre louche se dégrade par l’incrimination de notre chétive personne; car ma langue milite pour votre louange, et partout je suis un pieux prédicateur de votre Eglise. Absent, je vous envoie par cette lettre l’expression de mon humilité; si Dieu me prête vie, je vous la renouvellerai de vive voix, et ma présence vous la confirmera.

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