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votre religieuse mémoire, vos eomrs bienveillants en ont si bien retenu les impressions, malgré sa brièveté, que vous n’avez laissé tomlver aucune de mes paroles. Celles que j’ai prononcées pour votre instruction, celles même qui pouvaient paraître sans valeur, vous avez tout recueilli ; la sincérité de votre affection a tout gravé dans votre esprit . comme des mots puissants , comme tics mots célestes et dignes de toute votre vénération, comme les paroles mêmes ou les actions du Christ. Peut-être cette attention extrême vous a-t-elle été inspirée par la recommandation contenue dans notre règle commune, celle qui appartient à la fois a Climy et au Paraclet, et qui nous ordonne d’adorer le Christ dans nos hôtes, car nous le recevons avec eux. N’avez-vous pas aussi songé à cette parole relative aux supérieurs . quoique je ne sois pas votre supérieur : « Celui qui vous écoute m'écoute moimême »? — Plaise au ciel que j'obtienne constamment auprès de vous la même faveur : daignez vous souvenir de moi, et implorer pour mon Ame la miséricorde du Tout- Puissant, avec le saint troupeau qui vous est confié. l)e mon côté, je vous offre tout le retour d’aflèction qui m’est |*>ssibte fcar longtemps avant de vous avoir vue, et surtout depuis que je vous connais, je vous ai réservé dans la profonde intimité de mon coeur la place d’un amour vrai . solide et digue de vous. Le don d’un Tricenarium que je vous ai fait quand j etais chez voua, je vous le continue, absent, par un écrit scelle de mon sceau, comme vous eu avez témoigne le désir.
Je vous envoie aussi , comme vous l'avez demande , l'absolution du Maître Ahailard sur un parchemin , également écrite de ma main et scellé»* de mon sceau.
Par votre Astraiabe, qui est aussi le nôtre, à cause de vous, dès que j'en trouverai le moyen, je m'efforcerai . et
\ mauiMi.
ce sera une grande satisfaction pour moi, de lui procurer une prébende dans quelqu'une de nos églises de premier ordre. La chose toutefois est difficile ; car, je l’ai déjà souvent éprouvé, lorsqu'il s'agit de donner des prébendes dans leurs églises , les évêques ne se montrent guère aeeouuno dants ; ils ont toujours des objections et des fins de nonrecevoir. Je ferai cependant pour vous tout ce «pie je pourrai et dès que je le pourrai.
Adieu !
ABSOLUTION’ IIK l'IEBRE ABA1LARD
Moi, Pierre, abbé det.luny, qui ai rrru Pierre Abailard comme moine de Cluuy, et qui ai concédé son corps, transporté furtivement a Héloïse, abbesse, et aux religieuses du Paraclet,
— Par l'autorité de Dieu tout -puissant et de tous les saints, je l'absous d'office de tous ses péchés.