‹ Abailard et HéloïseChapitre 82 sur 103 · PET KO ABÆLARDO ET II R LO I S SA · texte numérisé non relu

PET KO ABÆLARDO ET II R LO I S SA

OTHO El’ISCUl’l'S KRISENG EXSIS,

LU. I, OF R FBI' H GRATIS FR1DWUC.I I, I VPFR. — CAP. XI VU. XI.VIII F.T MAX. xu* ülfcn.K.

Etat auteiti Bernardus Clarcovallensis abbas, tàm ex ehristianæ religionis fenore zelotvpus, quiini ex habitudinali mansuetudine, qtiodammodô eredulus; ut et magis- Iros, qui humanis rationibus, scruluri sapicntiA ronllsi, nimittm inhærehant, abhorreret, et si quirquam ei rlirisliaiue fidei absoniim de lalibus direretur, facile aurem præberet. Ex quo fac tum est ut, non mnltô ante- liosdies, ipso auctore, prime) ab episropis Galli<t>, post à Itomano Pontiflcc Petro Abœlardo silentium impositum fuerit. Petrus iste ex eA Galliæ provinciA, quæ mine ab incolis

' Nous avons sous les yeux une liste de cent soixante quinze auteurs qui ont parlé d’Abailnrd. Nous en citerons seulement quelques-uns, sans observer scrupuleusement l'ordre chronologique.

TESTIMOXIA \ ETE Ht M.

Britannia dieilur, originem trahens (esl enim pnedrcta terra olericorum acuta ingénia et artibus applieata habentium, sed ad alia negotia pcnè siolidormn, ferax), is, inquam, litterarum studiis, aliisque facetiis ab ineunte ætate deditusfuit, sed tàm arrogans, siioquc tantum ingenio confidens, ut vix ad audiendos magistros ab altitudine mentis sua» bumiliatus deseenderet. Habuit tamen primo pra>ceptorem Hozelinum qucmdam, qui primus nos! ris temporibus in LogicA sententiam Vocuni institnit : et post ad gravissimos vires Anselmum Lauduncnsem, Guilbelmum Campellensem Catalauni episeopum migrans, ipsorumque dietorum pondus, tanquàm subtilitatis acumine vacuum judicans, uondiii suslinuit. Indè, magistrum induens, Parrbisios venil, pluriiniini in inventionum subtilitate non solùm ad pliilosophiam necessariarum, sed et pro commovendis ad jocos animis bominum utilium valons, l'bi oceasione quàdam salis notâ non lient'' tractatus, monachus in monasterio Saneti Dionysii effectus est. Ibi diu nocliiquc leetioni ae meditationi incubans, de aeuto acutior, de litterato eflicitur litteratior : in tantum ut, post aliquod tempus ab oliedienliâ ablratis sui solutus, ad publieum prodiret, docendiquf rursüs oHicium assumeret. Sententiam ergoVocum seu Nominum in naturali tenons facultate, non taillé tlieologiu» admiscuit. Qnarè, de sanctà Trinitale docens et scribcns, très personas quas sancta Eeclesia non xaeua Nomina tantum, sed Res dislinctas, suisque proprietalibus discretas, bactenüs et piè credidil, et litleliler tlocuit, nimis attenuans, non bonis usus exemplis. inter eietera dixit : « Sicut eatleni oratio est propositio, assumpiio, et conclusio : ità eadem essentia est Pater, et Filins, et Spiritus sanctus. » Oh lioc Suessionis provinciali contra eiini synodo sub priesenliû Humana' Sedis Legal i congregatâ, ab l'gregiis viris. et nominatis nuigistris. Alla rico

TESTIMOMA VETKHIM.

Remense, et Leutaldo Novariense, SaMlianus hærelicus judicatus, libres quos ediderat, propriâ nianu ab episcopis igni dare coactus est : nulld sibi retpondetidi facultate, eô quôd disceptandi in eo peritia ab omnibus suspecta haberetur, concessd. Hæc subLodovico seniore Francorum rege faeta sunt.

Cap. XLVIII. — Post hæc, dùm rurstts pluribus diebus legeret, maxiiuamquc post se socioriun multitudinem traheret, sedente in urbe RomA lnnocentio, in FranciA vero Lixtovico superioris Lodoviei iilio régnante, ab Episcopis abbateque Bernardo denuô ad aiulientiam apud Senonas evocatur, præsentibus Lodovico rege, Theobaldoque Palatino comité, et aliis nohilibus, de populoque iunumeris. l’bi dùm de lide suAdiscutcretur,seditionem populi timens, Apostolicæ Sedis præsentiam appellavit. Episcopi vert» siinul et abbas, missâ ad Komanam Ecclesiam legatione, ac eis pro quibus impetebatur capitulis, damnationis ejus

seiilentiani in litteris reportaverunt

Cap. XL 1 X. — Petrus damuationem soi dogmatis à Romanâ EcclesiA confirinatam cognoscens, ad Cluniacensc cœnobium se contulit, Apologeticum scriltens, prædictoruni capitulorum partim verba, ex toto autem sensuni negans qui sic incipit : « Ne juxtà Boctiaiiuin illud proamiis nihil aflerentibus tempos teratur, ad rem ipsam venienduin est, ut innocentiam meain ipsa rcrum veritas |M>tiùs qiiàin verltorum excusel prolixitas. » Hæc autem pauca de inultis contra eum jtosita sufticiant capitula :

« Quùd Pater sit pleua potentia, Filins qiucdum pob*ntia, Spiritus sanctus milia potentia.

« Uuod Spiritus sanctus non sit de substantià Palris.

« Uuùd Spiritus sanctus sit anima nnindi.

« Uuod Christus non assumpsit carnem, ut 110s ii jugo diaboli lilicrarcl.

TESTIVIONI V VF.TKIIIVI.

« Qtiôd non peoravermit «|iii Chrislmn ignora» ter rrncifhfrnnt. «

Ipso verA non niullis posl «lioltus roi il ni frntrihus suis fidrm suam liumililrr exponcns, in rodrni vilani finiril coenobio.

TRunlTTION.

Homard riait alors abbé dr Clairvaux. Sa douceur habituelle rl son zèle ombrageux pour la religion le rendaient naturellement crédule. Il avait en horreur les maîtres qui croyaient à la sagesse du siècle, et qui étaient trop attachés à la raison humaine. Aussi prétait-il facilement l'oreille à toutes les accusations dirigées contre eux au sujet de la foi chrétienne. O: fut à son instigation que les évêques de France et le souverain Pontife imposèrent silence à l'ierre ibailtird. (le Pierre était de la province de France que ses habitants

nomment aujourd'hui Bretagne Dès son jeune âge, il

s'appliqua tout entier à l’élude des lettres et aux exeri ires de l’esprit; mais il était si présomptueux et si plein de confiance dans son génie, qu’il consentait à peine à descendre des hauteurs de son intelligence pour écouter les leçons de ses maîtres. Il eut d’abord pour précepteur un nommé Kozclin, qui le premier, dans notre siècle, introduisit dans la logique le système nominaliste. Il visita ensuite les savants professeurs Anselme de I.aon et Guillaume de Champeaux, évêque de Chftlons, et se lassa bientôt de leurs graves enseignements, parce qu’ils manquaient à ses yeux de subtilité cl de finesse. Maître lui-même, il vint à Paris, et déploya une grande sagacité dans toutes les matières de la philosophie, en amusant les esprits par les ruses et les détours de la scolastique. Maltraité dans une circonstance bien connue, il prit l’habit de moine dans le monastère de Saint-Denis. IA, courbé nuit et jour sur les livres, enfoncé dans la méditation, il aiguisa encore son esprit, déjà si pénétrant, il agrandit le trésor de sa science,

TESTIMONIA VETERI M. 337

el délivré bientôt de l’obéissance envers son abbé, il se présenta derechef en public, et reprit le cours de ses leçons

Dans le synode provincial qui fut réuni contre lui à Soissons, sous la présidence du Légat du Saint-Siège, il fut déclaré hérétique sabellien, et forcé par les évêques à jeter au feu de sa propre main le livre qu’il avait composé; et la liberté de répondre el de se justifier lui fut refusée , tant on avait peur de son habileté consommée dans la dialectique. Ces choses se passèrent sous Louis-le-Joune, roi de France.

Chap. XLV1II. — Plus lard, le succès et l’influence extraordinaire de ses leçons provoquèrent la réunion d’un nouveau concile à Sens, auquel assistèrent le roi Louis, Thibault, comte |>alatin, et une foule de nobles. Pendant qu’on discutait ses principes, craignant une sédition du peuple, il lit appel au Saint-Siège. Mais les évêques et l’abbé de Clairvaux se hélèrent d’envoyer à Home des messagers porteurs des cliefs intentés contre lui, et qui revinrent aussitôt avec une lettre d'innocent, contenant la condamnation d’Abailard.

Chap. XL1X.— Celui-ci, connaissant que la sentence des évêques avait été confirmée par l’Église romaine, se retira dans le monastère de Cluny, et conq>osa une Apologie, où il rejette en partie les textes hérél ques qu’on lui attribue, M

proteste de son orthodoxie

Peu de temps après, il mourut dans le même monastère, en présence de ses frères, et dans tous les sentiments de l’humilité et de la foi.

SANCTUS BERNA RDUS.

KPlsTOLA AO PAPA* ISMJCKNTll.M II.

Habetis in Francia novum de Magistro theologum,

qui ah ineunte ætate sué, in dialecticé lusit : nunc in Scripturis sacris insanit. Qui, dùm omnium quæ sunt in coelo sursùm, et qua> in terra deorsùm nihil pra*ter se

TEST1M0M A > ETKRl'M.

solum nescio quid nescire dignatur, ponit in eœlo os suuin

TRADI'CTIOS.

Vous avez en France un théologien de fraîche date,

naguère maître d’école, qui dès sa jeunesse s est escrimé dans la dialectique, et déraisonne aujourd’hui sur les saintes Écritures. De toutes les choses qui sont au ciel et sur la terre, je ne sais ce qu’il daigne ignorer, si ce n’est lui-même. Aussi fait-il de su voix l’écho du ciel

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