BÉNÉFICES DE L'ABBAYE DE CERISY
PRIEURES
Les prieurés qui dépendaient de l'abbaye de Cerisy étaient au nombre de huit : Barnavast, les Deux-Jumeaux, Lyons, Marcei, Saint-Fromond, Saint-Marcouf, Vauville et West-Shirburne (Angleterre) .
1° Babnavast (Saint-Martin de). — A ce petit prieuré fut réuni celui de Saint-Mabcouf en l'année 1256. L'archevêque de Rouen, Eudes Rigaud, s'exprime ainsi dans sa visite de Cerisy : « In uno prioratu « qui est in quadam insula moratur unus solus monachus; inîunxi- « mus ei dari socium, vel eum ad clausum revocari... » Tout aussitôt, l'abbé de Cerisy sollicita et obtint, du roi Louis IX, la réunion des deux prieurés à Barnavast.
Manche H. 1404. — Louis par la grâce de Dieu roy de France au bailli de Coustances salut comme il soit ainsi que nos amés et féaux l'abbé et couvent de Cerisy nous aient requis de demander que deux moines dudit lieu dont l'un demeure à Barnavast et l'autre à Saint- Marcoulph puissent demeurer ensemble affin qu'ils puissent estre plus aisément soulagés de leurs commodités à servir Dieu ainsi réunis et assemblés selon la règle de l'ordre. Nous vous mandons que vous permettiez auxd. moines de demeurer ensemble à Barnavast parce que toutesfois ils n'auront là autre usage que celui qu'un seul avoit. Ce faict à Avranches l'an de nostre seigneur mil deux cent cinquante six au mois d'avril.
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Registrum... 1451. — Domine priore de Benevast, témoin à un acte de l'offi-
cial de Cerisy, p. 598.
H. 1481. — 1474. Sentence ratifiée par l'abbé attribuant au prieur le tiers
de la dîme des terres appelées le degast des forêts.
Voici les noms de quelques-uns des prieurs de Barnavast :
1483. Thomas du Jardin, abbé de Longues.
1564. Jean Le Forestier.
1609. Provision en cour de Rome pour Jean Le Prévost, moine de Montebourg. H. 1922.
1652. Guillaume Feuillée, résigne.
1652. Jacques de Monts, sous-chantre de Montebourg.
1769. Charles-François Pigaciie, docteur en Sorbonne, sieur et curé d'Alleaume. H. 1923.*
1769-88. Dom Julien-Gilles Pitteu, prieur conventuel de Saint-Jean de Chàteau-Gontier (Mayenne) .
2° Deux-Jumeaux {Saint- Martin des) — , de Duobus-Gemellis, canton d'Isigny, Stat. monum., T. III, p. 772. C'était anciennement un monastère qui prit naissance dans le VIe siècle a cette occasion : un abbé de Yertou (Vertavensis, Loire-Inférieure), nommé Martin, revenant de la Grande-Bretagne, ressuscita deux jumeaux morts sans avoir reçu le baptême. Leur père, riche habitant du Bessin, fut si touché de ce miracle qu'il fonda de ses biens un monastère où le saint abbé consacra les deux jumeaux à la vie monastique. Saint-Evroult, qui était du même pays, contribua aussi à la fondation et se fit moine; puis il en sortit pour aller, dans le diocèse de Lisieux, construire l'abbaye qui porta son nom : Uticensis, Sanctus Ebrulfus. Les actes des évêques du Mans font mention d'un abbé des Deux-Jumeaux, et l'an 831 Anségise, abbé de Saint-Vandrille, légua deux livres de monnaie à ce monastère. Peu après, il fut détruit par les Normands
et tomba en des mains laïques. Orderic Vital dit que de son temps on voyait encore quelques restes des bâtiments primitifs. Au XIIe siècle, Robert de Villers donna ce prieuré «à l'abbaye de Cerisy qui le posséda jusqu'à la révolution. Le prieur présentait à la cure et percevait les dîmes ; le curé jouissait d'une pension de 300 '. Tous les mercredis, il s'y tenait un marché. Au XIVe siècle le prieuré fut taxé à 105 x.
L'église a été supprimée et l'office se fait à Longueville ; malgré cela elle est soigneusement entretenue par les habitants. Déjà, au siècle dernier, la nef avait été démolie ; le service paroissial se faisait dans le chœur et le bas côté. M. Lambert dessina en 1827 le chœur et le transept avec le clocher. L'abside, bâtie au XIIe siècle, était demi-circulaire. Elle était éclairée par trois grandes fenêtres surmontées de deux plus petites géminées. Le chœur secomposaitd'une grande travée voûtée, percée dans l'origine de cinq fenêtres de chaque côté. 11 devait y avoir primitivement deux basses-nefs se terminant carrément comme à Cerisy. Le transept avait été utilisé pour des usages domestiques ; il était divisé par des planchers. Une grosse tourelle située à l'angle renfermait un escalier. On voit encore quelques fenêtres anciennes dans le gable que surmonte actuellement une cheminée. Au rez-de-chaussée se trouvent deux oculus bouchés et semblables à ceux de la porte de Cerisy. Toute cette partie a dû être remaniée au XIII0 siècle ; c'est à cette époque aussi que fut construite la tour qui séparait le chœur de la nef. Elle est éclairée par quatre fenêtres à meneaux et se termine en batière. De l'autre côté règne dans toute la longueur un bas-côté qui fut refait à la fin du XVe siècle. Il est orné de cinq fenêtres à dessins flamboyants et fleurs de lis. On y voit aussi une porte fort élégante, ornée de pignons et de feuillages sculptés. Sur une grande frise se déroule une chasse au cerf, composée d'un chasseur, de trois chiens et d'un cerf, séparés par d'élégantes feuilles de chardon. Cette partie a été relevée et dessinée en 1864 par M. le Verrier, architecte à Bayeux.
On connaît deux monnaies frappées à Deux-Jumeaux. La première, de l'époque mérovingienne, avait d'abord été attribuée- à Saint-Martin-aux-Jumeaux d'Amiens; mais dès 1849 M. Lambert
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la restituait au prieuré de Cerisy. C'est un triens sur lequel on lit : GEMELLOS, au centre se voit une croix sur deux degrés. Le revers est orné d'un calice entre deux croix grecques ; on y lit : SCS MAR. (Sanctus Martinus). M. Doucet a fait à ce sujet une lecture à la Société d'agriculture, arts et belles lettres de Bayeux.
La seconde est un denier de Charles le Chauve (912-923). Le monogramme ordinaire du Roi occupe le champ autour duquel on lit: + GRATIA D — REX. Le revers présente une croix à branches égales et cette légende DVOS IEM — LLIS M. T. (Duos jemellis monasterium) . Ce dernier, d'abord attribué à Dieuze (Decempagi), a été restitué en 1849 par M. Duchalais. M. Doucet l'a également décrit.
On lit dans un poëme, composé vers la fin du XIIe siècle par un moine de l'abbaye de Saint-Evroult, les passages suivants concernant la famille de ce saint et son séjour à Deux-Jumeaux1 :
Saint Evroult li père honorable Fu uns hons doux et amiable Qui fu de Baieux la cité De genz de noble antiquité, Dez plus nobles d'icel pais Et si n'estoient pas haïs De lor veisins, mes moult améz De bonne vie réclamez...
Et Evrous ne s'oblia mie.
Ains devint moine, et se rendi En un lieu, si corn j'entendi, En une mult riche abeïe Se mist, et mena sainte vie.
Ilec à Dieu se commanda, Chascun jor sa vie amenda.
Perfes fu en devocion, Et en sainte religion.
Cil qui nos a escript sa vie, Par nom si ne nos nomma mie.
Celui où à Dieu se rendi.
1 Société historique et archéologique de l'Orne, T. vi, p. 16 et 23.
Mes par anciens entendi
(Qui ce dévoient savoir bien
Mentir n'en vousissent por rien
Si com je croi bien fermement).
Que il fu anciennement
Une abeïe à Dieu sacrée.
Qui Dex-Jumeaux fu apelée,
(Por ceu que dex estant jumeaux
Mult nobles, et riches, et beaux
Fil d'un noble homme, avant baptesme,
Ne qu'énoï fussent de cresme
Furent mort trop soudenement
Du voleir à cil qui ne ment
Bien prèz de Baieux la cité
Qui est de grand antiquité).
Qu'un sainz par don ilec fonda,
Qui de sainte mult abonda,
Qui Sainz Martin fut apelé ;
A cui par Dieu fut révélé
Que il revinsist d'Engleterre
Por visiter et por enguerre
Comment sez gens font en païs.
Où il n'esteit mies haïs.
La vision tost éprouva
Au païs vint. Lors ci trova
Dolenz et marriz sez amiz.
A reson doncques lez a miz
Et demanda que il avoient,
Et pourquoy tendrement ploroient
Il li ont conté l'aventure
Des dex enfanz, qui fu trop dure ;
Comment avant crestienté
Furent mort, et cil qui enté
Aveit en Dieu trestout son cuer,
Ne poet soffrir com à nul fuer
Soient li fruit perdu. Qu'il puisse,
On convient ; donc se dit qu'il truisse
Comment il les suscitera.
Granz prières à Dieu fera Adonc s'est mis en oreison.
Et prie Dieu, com est reison, Et requiert mult dévotement.
Quant ont ouré mult longuement Et sont que Diex le visita, Les enfanz adonc suscita, Et les fist tantost crestiens, Et lor enseigna mult de biens, Et les fist moines, comme sage, En lieu de lor propre héritage, En l'abeïe qu'out fondée Qui Dex-Jumeaux fut apelée, Por les Jumeaux qu'out suscitez Quant out ses amis visitez.
Encor pert ans granz fondemenz Et aus mons de pierre, ossemenz, Que del sainct l'abitacion Ennoura celé région.
Après ce que il l'out fondée.
Ne sai où fu sa demourée, Ne mes livres ne me dist mie Comment parti de ceste vie.
A icel tans qu'il la fonda, Li bons Evrous mult habonda, En biens, et en mult de richesse, Et en honnours et en noblesce.
Ei il mist du soen largement, Et aida dévotement Aus fondéours, qui la fondèrent, Et qui de lor biens i donnèrent, Et aïda, et conseilla Et au parfaire mult veilla, Et por ceu qu'il l'aveit fondée En partie, sa demourée I out, et o dévocion I eslut s'habitacion, Et prist l'habit de moniage
Et le maintint tout son aage, Et mena si parfete vie, Que tant con fu en l'abeïe Tozjors il fut obedient A l'abbé (n'i faillit nient)
On lit dans les Annales ordinis Sancti Benedictini, T. II, p. 120 :
. . . Post novem annos Herlemundus (episcopus Cenomanensis) ad epulas invitatus a Gauzioleno, nihil doit suspicatus, ad convivium accessit ; sed inter ferales epulas, oculis ab eodem privatur. Sic orbatus, miser in reliquum vitœ secessit in monasterium pagi Baiocassini Duorum Gemellorum nuncupatum, eut frater ipsius abbasprœerat...
P. 511. In illo sancti Salvii monasterio inter alios cœcus Hildebonus nomine eo profectus de monasterio quod ad Duos Gemellos appellatur lumen oculorum decepit...
P. 541. Ansegisi, abbatis Fontellanensis, largitio monasteriis facta ad Baiocas civitatem libras duas : ad Duorum Gemellorum monasterium Vibras duas.
On conserve à la Bibliothèque nationale un manuscrit qui a été écrit par un moine des Deux-Jumeaux. C'est Le code Thèodosien et les cinq livres des Novelles de Théodose... On y avait d'abord écrit les Épigrammes de Saint Prosper dont on voit encore les titres tracés en caractères rouges du VIe siècle. On peut voir dans la Statistique monumentale de M. de Caumont, T. III, p. 772, le fac-similé de la fin de ce livre donnant les noms et la date où il a été transcrit (832).
explicit féliciter in Xristo.
Ego Begenardus clericus, Esau rogante, hune librum scripsi sub tempore Chludouvico imperatore, anno XVIIII imperii sui, et sub tempore Erimberto, urbis Bajocas episcopo, Etichone Duos Gemellis abbate, et hujus provîneiœ Henrico comité.
Il faut noter que le mot Duos Gemellis est celui-là même que l'on a vu gravé sur le denier de Charles-le-Chauve : DYOS IEM — LLIS.
Les Normands détruisirent l'abbaye des Deux-Jumeaux. L'église et les terres appartenaient à la fin du XIIe siècle «à Robert de Villiers.
Manche, H. 1404 et Bibl. nation. 12,702, latin, folio 226. — Sciant omnes
prœsentes et futuri qnod ego Robertus de Viliers pro amore Dei et pro sainte animes meœ et antecessorum meorwm dedi et concessi deo et sancto Vigori Cerasii et monachis ibidem Deo servientibus in perpétuant et puram elemosinam perpetuo possidendam prioratum de Duobus-Gemellis cum omnibus pertinenciis suis, in decimis, in terris, virgultis et omnibus quœ de jure patronatus met sunt scilicet station ipsius loei cum virgultis et... eidem loco adjacentibus, ecclesiam sancti Martini cum tota décima ejusdem villœ, deux acres et demie de terre à la Mare- Baudry, et deux acres à la croix Buzat et quatorze du fief Jobauld, dimidiam ecclesiam de Ver avec une inazure que tient Guillaume fils du prestre à Formigny, decimam totius terrœ meœ et à Maulpertus un quartier de froment avec les regards et à Mareschaux une acre de terre, à Maisons toutte la dixme que je avois là toutoutesfois à telle condition que les moines de Deux-Jumeaux de ce prendront annuellement quinze sextiers de froment et trois sextiers d'orge et ce que restera me le rendront. Je doneques concédé touttes les chozes cy énoncées pour en posséder fermement, franchement et quictement à tousjours, et je ce corroboré de mon sceau et promis maintenir et garantir, la main sur les saints Évangiles, nihil mihi terrenœ consuetudinis vel transitoriœ mercedis in his omnibus retinens. Testibus Roberto abbate Cerasiensi et ipsius loci conventu, Mathieu, chappelain de Gerisy, Robert de Parfourue, Jordan de Mozles, Odet d'Argouges, prestre, Guillaume de Grae, Guillaume de Viarville, soldats, Richard de Villiers, Raoul de Greinville, Guillaume Taillebois, Hébert Portier, Roger de Montfréant, Renault de Quesnoy, Raoul Boulenger, Anschitille Osmond, laiques.
Le même Robert, par une autre charte sans date, fonda une lampe devant l'autel Saint-Martin et donna pour l'entretien d'un cierge à la messe de Beata Virgine.
Manche, H. 1404. — L'abbé Martin fit accord avec Henri, évêque de Bayeux. — XIIIe siècle. Robert et Guillaume de Viliers, fils de Robert donnent cinq vergées et une acre de terre pour la fondation d'une messe. — 1224 et 1247. Guillaume de Ver et Samson Guérard, piètre de Longueville font aussi des fondations pour des
cierges. — A tous fidèles Chrestiens qui ces présentes lettres verront ou orront Thomas de Ouville, soldat, salut. Je vous fais scavoirtrès certainement que Vimond Le Coupé, mon homme, de mon consentement et volonté a donné à Dieu a Saint-Martin des Deux-Jumeaux et aux moynes en ce lieu là priant Dieu, en pure et perpétuelle aumosne demie acre de terre qui est seize es moulins devant la maizon de Raoul de Meizuley, jouxte Lespine-Homey qui est de mon fief, franche et quicte de toutte ayde, coustume et droict féodal, scavoir à cette condition que led. Richard ou ses héritiers posséderont lad. terre à droit héréditaire en rendant annuellement au jour et feste Saint-Martin trois deniers en mon-
noye ayant cours Et par ce qu'il n'avoit point de sceau, à sa
prière et requeste, je confirme sa donation et ma concession de mon sceau.
1258. Les saints pères nous apprennent que ceste vie estant bornée et renfermée d'un petit espace de temps, les biens passagers nous sont pour ce concédez de la libéralité divine affin que Dieu qui est la vraie récompense nous donnant un heureux changement, par iceux nous puissions conquérir avec les biens spirituelz ceux qui sont éternelz et non périssables. A ces causes je Robert de Rurecy, soldat, fils aisné et héritier de feu seigneur Zacharie de Rurecy, soldat, fais scavoir à tous fidèles chrestiens présens et avenir que je ferme et agréable pour moy et mes héritiers, pour le salut de mon âme et de mes ancestres, touttes les donations, concessions et possessions que tous mes ancestres dès le commencement jusques à présent ont faictes en pure et perpétuelle aumosne pour le salut de leurs âmes et de leurs ancestres et prédécesseurs et je dis, recognois, accordes et concèdes qu'ils les ont faictes à Dieu et h Saint-Martin, au prieuré et moynes des Deux-Jumeaux sur lesquelles j'ai voulu exprimer par leurs propres noms les choses du don de Sybille de Auqueville mère de mon père, touttes ces chozes, que je vues estre contenues en ses lettres et escriptures en ceste forme : Scachent tous presens et avenir que je, Sybille de Auqueville, donné et concédé et par le présent papier confirmé charitablement pour l'amour de Dieu et principalement pour l'amour de Emma ma fille aisnée, en pure et perpé- , tuelle aumosne une acre de terre proche la maison de Robert Guespillon de mon domayne sur le chemin d' Auqueville et de-
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mie acre sur le Mont Cinore à Dieu et à la bienheureuse Vierge Marie pour restablir une lampe d'huile et la tenir tous les jours ardente à perpétuité en l'église Saint-Martin des Deux-Jumeaux, devant l'autel de la bienheureuse Vierge Marie. Je aussi donné... une acre de terre.... pour l'âme de Nicollas de Vireville mon premier époux et demie acre à Hougetes pour l'âme de mon second et deuxième mari. Davantage je leur ai donné toute la dixme de mon foin d'Auqueville annuellement à perpétuité et deux accres de terre scizes proche l'arbre vulgairement appelé des Croix
d'Auqueville. Je concède aussi ce que mes ancestres ont donné
justement, légitimement et canoniquement a scavoir trois accres de terre à la fosse d'Auqueville et deux accres au hault du village de Auqueville vers Caen et une vergée et demie que Alvred Le Charpentier tenoit en fief et une accre et demie que Gosselin de Hologate tenoit à fieffé et trois accres que Henri Golin et Tostain Lenoir tiennent féodalement et deux acres et demie jouxte la maison Cherard Le Bort et une acre et demie à Holegate et sept vergées dessus le chemin d'Auqueville et trois vergées soubs le même chemin du fief as Gouliez et.... où des granges sont assises et scituées et une acre de terre jouxte la Croix de Pierre
et demie acre de terre jouxte la devise du fief de Longueville. Tesmoins ceulx-ci : Pierre, chappelain de Vireville, Mathieu, doyen de Longueville, Geoffroy, prestre des Deux-Jumeaux, Raoul de Fierville, Zacharie de Burcey, Thomas de Ouville, Hugues d'Asnières, Robert Picot, Thomas de Ouville, Guillaume filz Robert, Robert Senont, Geoffroy Morel et plusieurs autres. Aussi de la concession et confirmacion de feu seigneur Zacharie de Burcy, soldat, mon père celle qui suit en ceste forme : Scachent tous... c'est la confirmation des dons de sa mère énumérés plus haut.... et demie acre as Gougettes pour l'âme de Guillaume Cauvin mon père... laquelle terre Sybille ma mère a donnée à la ditte maison des Deux-Jumeaux au jour de son decebz pour son ame et de sa mère. Et moy Zacharie confirme touttes ces susd. donations pour les avoir et posséder à perpétuité franchement, paisiblement et quietement de touttes coustumes, exactions et droits féodaux. Et affin que ce que dessus ait force perpétuelle je confirme la présente lettre de mon sceau. Et moy Robert de Burcey susd. soldat voulant augmenter lesd. donations... de mon
propre don je suraccreu et leur ay donné, concédé et du tout délaissé, quicté en pure et perpétuelle auinosne une fourche à gerbes et quelques paires de gans que le prieur dud. lieu ou son serviteur lorsqu'ils venoient ou envoyoient pour cueillir les gerbes des dixmes de mon domaine ou de mon fief avoient accoustumé de me donner annuellement.... Faict l'an de Nostre Seigneur mil deux cens cinquante huit le dimanche prochain apprès la feste Saint Barnabe apostre.
1266. Denise veuve de Richard d'Escajeul donne un pré.
1267. Scachent tous présens et à venir que je Robert de Hotot soldat et seigneur de Beaumont-Richard ay ferme et agréable pour moy et mes héritiers pour le salut de mon âme et de mes ancêtres la donation, rente que Guillaume de Camb, prestre a faite au prieur et moines et prieuré de Deux-Jumeaux de toute la terre en prey et rozerie que il tenoit de moy proche le lieu qui est dict le Manoir, par la main de l'abbesse de Caen une rente de quatorze quartiers d'avoyne mesure de Beaumont et deux pains, deux guelines et vingt œufs pour laquelle avoine et regards lesd. religieux m'ont assigné et à mes héritiers en échange huict quartiers et trois boesseaux de froment mesure des Deux-Jumeaux deux pains, deux guelines et dix-huit œufs de rente annuelle sur Richard Alvered.... Ce fut faict l'an de nostre Seigneur mil deux cent soixante sept au mois de septembre.
1274. A tous fidèles chrestiens qui ces présentes lettres verront on orront salut. Laurent par la permission de Dieu, abbé du monastère de Cerisy et couvent dudit lieu et Robert de Villers sur la mer soldat, salut en nostre seigneur. Vostre université scaura que comme il soit ainsi que le jour de la veille de l'Ascension de nostre seigneur et le mardy précédent le peuple ait coustume de s'assembler de tous les quantons du monde tous les ans à Deux-Jumeaux pour vendre et achepter laquelle assemblée de peuple est vulgairement appelée foire ou marché, au quel marché ou foire nul n'a encore accoustumé de prendre, recevoir ny prendre de coustume et que moy Robert susdit aye impetré et obtenu puissance et pouvoir d'avoir et recevoir la coustume desd. foires et marchez chacun an auxd. jours de très excellent Monseigneur Philippes par la grâce de Dieu illustre Roy des François et nous abbé et couvent de Cerisy, prieur et rnoynes des Deux-Jumeaux a ce nous
opposans et soustenans au contraire et disans que pour à ce, il nous arrivit plusieurs dommages et incommoditez s'il estoit permis aud. Robert de prendre la coustume et exercer la justice auxd. foires et marchez enfin de commun advis de nos amés.... a esté entre nous transigé, accordé et pacifié ainsi qu'il en suit : Assavoir que moy Robert susd. j'ai donné et concédé auxd. prieur et moynes de Deux-Jumeaux cinquante sols tournois de rente annuelle à percevoir sur ladicte coustume et paiable par le commis à la recette d'icelle ou aultre compétente personne... Et pourront lesd. prieur... exercer leur justice auxd. foires et marchés sans contredict de moy ny de mes héritiers.... parce qu'aussy moy Robert susd, suis tenu changer le lieu et siège desd. foires et marchés et retirer icelles de l'église, cimetière et terre d'aumosne desd. religieux et leur prieuré... Ce faict l'an de nostre seigneur mil deux cens soixante et quatorze le jour de lundi prochain apprès la feste Saint-Laurens.
1320. A tous ceulx qui ces présentes lettres verront Jean Loncle, bailly de Caen, salut. Comme contens et descord fust meu entre Robert de Villers, escuier seigneur de Villers sur Mer d'une part et religieux hommes l'abbé et le couvent de Cerisy d'aultre sur ce queled. escuier disoit que son droict, toutes fois que le prieuré des Deux-Jumeaux vacquoit, il avoit la garde de la dite prieuré et quand il estoit requis de mettre un prieur, il alloit à l'abbaye de Cerisy et prenoit un moyne quelque il lui plaisoit et l'instituoit en ladicte prieuré pour prieur et disoit il que en temps que il avoit esté en la garde du Roy un prieur y avoit esté mis non pas de son droict. Si nous requeroit et par plusieurs fois nous avoit requis que nous contraignissions lesd. religieux à la fin de faire vuider led. prieur; lesd. religieux affermants le contraire que il ne ce pouvoit pas faire en la manière que il disoit. A la parfin, scachent tous que aux assises qui furent à Evrecy l'an de grâce mil trois cens vingt le lundy avant Noël furent présens led. escuier d'une part et led. abbé en sa personne et frère Geoffroy de Vaucoulles procureur pour le couvent suffisamment fondé par procuration pour faire accord, d'aultre, et cognurent que eux avoient faict paix et accord par le conseil de bonnes gens en la manière qui en suit. C'est assavoir que toutes fois que lad. prieuré vacquera de prieur, led. escuier
et ses hoirs ou ceux qui auront causse de luy ou d'eux auront la garde dud. prieuré et des biens de l'autel et quand led. escuier ou ses hoirs seront requis d'aller à lad. abbaye pour faire un prieur il ira ou envoirra certainne personne pour luy et l'abbé choisira huict de ses moynes et les présentera aud. escuier ou à celuy qu'il y envoirra pour luy et led. escuier prendra des huict lequel que il luy plaira et luy baillera la saisine dud. prieuré quant au temporel et des biens que il aura en sa garde au temps, car si spirituel y a, il ne s'en mesle et présentement led. escuier voulut que le prieur qui y est, y demeurast au nom de luy et promirent et s'obligèrent lesd. abbé et procureur pour eux et leurs successeurs, avoir ferme et agréable l'accord dessusd... Et nous en tesmoin de ce nous avons mis en ces lettres le scel de lad. baillie.
Le Registrum curiœ officialis fournit quelques renseignements sur les visites de l'église, les noms des prieurs et des curés.
P. 30G. — 1314... Visitavimus ecclesiam de duobus Jemellis... présentions Domino Nicolao de Cardonvilla administratore prioratus ad prœsens... domino Radulfo Ravenger presbitero, curato dictœ ecclesiœ... primo invenimus defectum notorium in ecclesia parrochiali de libris, secundo in vestimentis sacerdotalibus et de touaillis ad altare, tertio inarmariolo in quo non erat serratura et similiter in fontïbus ; quarto in cimeterio quia indiget quod a feodo laico dividatur et quod claudatur ; nam porci sœpe fodiunt et exterrare nituntur corpora mortuorum quod est aborrendum... Item pro cereo Paschœ quilibet parochianus solvit duos denarios et non habent cereum in quo dicunt esse defectum et similiter de ture. Item quia presbiter non cantat matutinas nec horas in ecclesia unde scolares parrochiœ minus bene erudiuntur... Radulfus Ravenger presbiter curatus dictœ ecclesiœ diffamatur...
P. 314. — 1315... Nihil invenimus emendatum unde ordinamus sub pœna suspensionis et excommunicationis quod emendentur prout alias fuit injunctum... Item conqueruntur de vesperis quianimis tarde. Item de calicibus.
P. 324. — 1318. Le curé Raoul Ravenguier est condamné à une amende de 10 livres tournois.
P. 335. — 1319. Enquête faite par l'official. Le curé est de nouveau menacé d'une amende de cent livres.
P. 373. — 1325. Nouvelle enquête. Radulfus Cauvin invenit Radulfum Ravenquier presbiterum cum uxore sua et inter se verberarunt invicem, sed tamen non crédit quod esset suspecte, quia fama non tenet.
P. 378. — 1330. Libri deficiunt in ecclesia ad dicendum divinum servitium. Luminaria non possunt ardere propter ventum fenestrarum. Presbiter maie se habet ideo quod reddit litteras sigillatas antequam citatio facta sit...
P. 385. — 1332. Defectus est in ecclesia quia in eadeni pluit et tantus ventus descendit quod luminaria ardere non possunt. Item defectus est in libris.
P. 391. — 1333. In ecclesia deficiunt libri et vitreœ...
P. 458. — 1371. Prior de Duobus Jumellis suspensus pro contumacia contra Colinum de Cantilleyo, clericum.
P. 524. — 1391. Henricus Maresc coram nobis gagiavit emendam ex eo quod in die Eucharistiœ Bomini infra monasterium de Duobus Jumellis, hora missœ, magnum scandalum fecit, impediendo servicium missœ, taliter quod presbiter et clerici siluerunt propter lumidtum et clamorem gencium qvas ipse inflammavit... quam emendam taœavimus ad X solidos.
P. 550. — 1402. Invenimus deff'ectum in libris, in vestimenlis. Ecclesia indigebat multis réparai ionibus...
P. 552. — 1403. Le vicaire de l'église s'appelait i¥e Robert Godet.
P. 553. — 1405. L'official écrivit au curé : Ricardus de Sancto Claro pro contumacia contra fratrem Jacobum Le Boucher priorem dicti loci.
Titres scellés V. 20914. — 1423. Jean Rogier, prieur, donne un reçu de 37 sous 6 deniers dus à l'abbaye.
P. 598. — 1451. Le Prieur de Deux-Jumeaux présent à un acte de l'official.
1507. Jean Ouenne, prieur claustral de Cerisy, prieur des Deux- Jumeaux et du Goulet, fut aussi abbé de Longues.
1562. Claude de Chàulieu, syndic des prieurs du diocèse, était prieur au moment où les protestants vinrent ravager les bâtiments et l'église des Deux-Jumeaux. Il fut, avec les religieux de Cerisy qui y résidaient, obligé de fuir devant leurs menaces et leurs violences. Le 1er juin 1564 il obtenait du Roi un édit qui « l'autorisait « à faire la recherche des biens de son prieuré qui avaient été dis- « sipés ou usurpés. » Jusque là, l'office des religieux était séparé de celui de la paroisse et se faisait dans le chœur ; depuis cette époque, à cause des malheurs des temps, il n'y eut plus à Deux- Jumeaux de moines de Cerisy.
1581. François Montagne, prieur, résigna à
1581. Jean Dauney.
... N. Benoise, conseiller clerc du parlement de Paris. « De son « temps, il y avait un chapelain pour s'acquitter de l'office du « prieur, distingué de celui du curé. On enleva tout ce qui restoit « de chaires des deux côtés du chœur, marques authentiques des « religieux qu'on y avoit établis et des fondations de la piété des « fidèles. »
1641. — Robert Ruault, prieur, après sa mort :
1641. Guillaume Le Roy, prêtre licencié en droit canon, chanoine deN.-D. de Paris.
Original. — Présentation par le roi de Guillaume Le Roy, à cause du litige qui est entre plusieurs patrons et prétendus collateurs. — N. H. Jean de Cabazac, sieur des Landes, présente aussi Nicolas Chasles, docteur en théologie.
... N. Le Clerc de Lesseville, neveu d'Eustache évêque de Coutances, résigné à
ÉYÊCHÉ DE DAYEUX 163
1680. Louis Milon, installé le 17 décembre.
... Jean vu Hamel, permuta avec son frère
1716. Thomas du Hamel, chanoine et chancelier de l'église de Bayeux, prieur de Saint-Lambert ; il remit son prieuré aux religieux de la congrégation de Saint-Maur.
1758-1776. Jacques Desmares, prêtre licencié en Sorbonne, avocat au parlement de Paris, et Jean-Baptiste Le Texier, bénédictin de Saint-Maur, demeurant a Saint-Nicolas d'Angers, se disputaient le prieuré des Deux-Jumeaux.
Original. — Procédures sans cesse renouvelées entre les deux titulaires, l'un à la nomination du Roi, l'autre à celle des religieux.
En 1785, un sieur Le Peton, fermier du prieuré, devait par son bail, « outre la somme de 5,000 livres :
« Quatre cent cinquante livres de beurre valant 340 ' ; un sac de « froment ; un sac de sarrasin ; trentre livres de sucre. — 11 devait « acquitter sur le prix de sa ferme au curé de Deux-Jumeaux 300 l ; « au curé de Longueville 300 ' ; au vicaire 150 ' ; au chapelain de « Deux-Jumeaux 2251, plus les décimes ordinaires et extraordinaire res, la capitation et autres charges qui se payaient en deux termes « février et octobre. »
1774. M. Le Vannier, curé de Deux-Jumeaux, étant mort, l'année suivante, les religieux qui nommaient à la cure présentèrent M. Le Turc ; mais l'évêque de Bayeux prétendant qu'il n'avait point donné le visa, déclara la cure vacante et y nomma un abbé de Saint-James ; le droit des religieux fut néanmoins maintenu.
1779. « Le curé des Deux-Jumeaux ayant cru devoir a l'occasion « d'un procès criminel qu'on lui avoit intenté, donner une démis- « sion pure et simple de son bénéfice, Monseigneur notre abbé « nomma, sur la présentation de la communauté, le sieur Aveline, « curé de Crouai, mais pendant l'intervalle de la prise de possession
164 AHBAYE DE CERISY
« du sieur Aveline, un certain abbé Saint James, nommé trois ans « auparavant par l'évêque de Bayeux, se transporta clans la paroisse « et se mit en possession de fait de faire les fonctions curiales. » De là procès, action en complainte au bailliage de Bayeux, sentence adjugeant la récréance au pourvu par l'évêque, appel au parlement de Bouen qui, par sentence d'août 1781, maintint l'abbé Aveline. Celui-ci l'année suivante reçut la visite de D. Villeroy, officiai de Cerisy, qui installa comme maître d'école un nommé Paris.
On voit encore, au sud de l'église, les bâtiments du prieuré ; ils sont assez bien conservés et paraissent dater du XVIIe siècle.
3° Lyons (Saint-Paul de) . — Sanctus Paulus in Leonibus, diocèse de Bouen. On a très peu de renseignements sur ce petit prieuré où demeuraient deux moines de Cerisy, comme il paraît dans le Registrum officialis, p. G26... Monachum et professum in prioratu nostro sancti Pauli in Leonibus... una cumpriore nostro ibidem commorantem.
Manche, H. 1488. 1340. L'abbé Robert fit une transaction avec l'archevêque de Rouen Aimery par laquelle les dixines de la lande des Outrepresseures appartiendrait, comme par le passé, au prieuré de Saint- Paul-en-Lions.
H. 1489. — 1494. Aveux des abbés pour les dîmes de tous les bois es rentes de la ville de Saint-Denis en moulins, en essartement, en terre cultivée, en venaisons, en oiseaux, en plaids, en exploits, en pasnages, en porqueries.... baux des dîmes de la forêt de Lyons. etc.
■4° Marcei (Saint-Ouën de). — De Marceio, Marsay, canton de Mortrée (Orne). Ce prieuré, fondé en 1174, fut promptement abandonné ; en 1250 il était en des mains laïques. Les terres qui en dépendaient formaient, dès 1480, une baronnie dont les abbés de Cerisy rendirent aveu jusqu'à la Bévolution.
Manche H. 1404. — 1174. Henri de Raslon, chevalier, donne le prieuré de Marsay. 1174, Hugues de Raslon et Hugues son frère donnent l'église de Saint-Ouën, ainsi que Geoffroy fils Visman et Mathilde de Malherbes sa femme.
1180. Le mèine Hugues de Baslon renonce, devant Froger évèque de Séez, à ses droits sur Marsai.
1216. Sylvestre, évèque de Séez, nomme à la cure Guérin de Neuilly.
1217. Guillaume Malfrais vicaire nommé curé. 1245-1246. Alexandre de Vaubadon, prêtre, et Piolland de
Larrey déboutés aux assises de leurs prétentions sur l'église.
1250. Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, dans sa visite à Cerisy, parle ainsi du prieuré de Marcei : Invenimus quod quidam prioratus qui vocatur Marsey ubi soient esse duo monachi, privatur servitoribus suis, et traditus fuit cuidam seculari qui vocatur magister Nicholaus de Bleve.
Manche H. 1404. — 1261. Thomas, évèque de Séez, confirme le don de Jean de Meillères des dimes de Marcei.
H. 1718. — 1365. Lettres de Charles, fils du roi de France, duc de Normandie, mandant qu'il a remis à l'abbé de Cerisy l'amende qu'il avoit encourue pour non comparence aux pieds de pasnage de la forest de Gouffer et de la Haye d'Exmes, l'abbé lui ayant démontré qu'il avoit été empêché « pour causes des guerres et « doubte des pilleurs et robeurs qui ont esté et encore sont sur « les chemins tellement qu'il n'oseroit sortir de sa forteresse où « il est demeurant. »
H. 1722. — 1567. Charles IX crée une foire par an le 14 septembre et un marché au jour de jeudi de chaque semaine à Marsay, chef-lieu de baronnie « située en bon et fertile pays et bien peuplée de sujets « pour la commodité desquels l'abbé de Cerisy Antoine d'Apchon « avoit sollicité cette création. »
On peut voir à la bibliothèque d'Alençon et aux archives de la Manche une longue série d'aveux rendus à la baronnie de Marcei et aussi les aveux rendus aux rois de France par les abbés de Cerisy.
Le curé de Marcei devait, de pension, pour l'engrangement de ses gerbes, 37 sous 6 deniers. L'abbaye avait la moitié de toutes 1er, oblations, pain d'autel, offrandes et chandelles aux fêtes de NoëL
la Chandeleur, Pâques et Rouaisons ; la moitié des dixmes des lins et chennevières, en temps qu'il y en a en royauté.
H. 1716. — 1648. Etablissement du Saint-Rosaire, à la demande de l'abbé Habert, du curé et des habitants de Marsay. Erection de la confrérie à l'autel spécialement dédié à cet effet.
1665. Daniel Guilbert, curé.
1688. François Saulier.
1763. Jean-Damien Le Lièvre.
5° Saint-Fromond. — Sanctus Frotmundus, canton de Saint-Jean-de- Daye (Manche). Saint Fromond naquit à Brévands, près Carentan. Épris de la vie cénobitique, il jeta, au lieu qui depuis a porté son nom, les fondements d'un monastère dont il devint le premier supérieur et d'où il fut appelé à l'évêché de Coutances. Il consacra, vers l'an 678, un autel à la Sainte-Vierge dans un monastère de bénédictines situé dans la paroisse du Ham. Cet autel, portant une longue inscription, est actuellement conservé au musée de Valognes. L'évêque de Coutances fut inhumé dans son monastère et son tombeau fut profané en 1793. Ses reliques avaient été pendant longtemps conservées dans l'église Saint-Lô de Rouen. Saint Fromond avait d'abord construit un oratoire dédié à la Sainte-Vierge. On croit qu'à cette place même fut édifiée l'église paroissiale dite Saint-Jacques de la Vallée, dont il ne reste plus rien ; elle servait de nef à l'église actuelle que Laurent Le Clerc, prieur de Saint-Fromond avant d'être abbé de Cerisy, avait fait construire en style ogival très pur mais sans grande ornementation. Elle se compose du chœur, des transepts et d'une nef n'ayant qu'une seule travée. Au centre, sur quatre gros piliers, s'élève une tour en batière. On trouve encore dans l'église quelques carreaux émaillés qui paraissent avoir été mis au hasard en réparant le pavage.
Dans la chapelle adjacente au chœur, dite la Chapelle du Régent,. on voit le tombeau et l'épitaphe d'un prieur, Joachim de Mathan,
dont les armoiries gravées sur la pierre tombale ont été martelées en 1703. Voici l'inscription :