‹ Abcès de l’UtérusChapitre 6 sur 37 · NATURE DE L’AGENT PATHOGÈNE · texte numérisé non relu

NATURE DE L’AGENT PATHOGÈNE

Abcès puerpéraux.

Dans presque tous les cas où le germe pathogène a été recherché, on a trouvé le streptocoque pur.

Pourtant on a pu noter un cas d’association streptocolibacillaire. Le staphylocoque a été mis en évidence dans le cas de Carle et Gatti. Le colibacille, abondant dans les lochies, a été soupçonné dans celui de Le Lorier. On a rencontré également, chez une malade d’Indochine, une association staphylo-colibacille.

On pourrait s'attendre à rencontrer assez souvent le gonocoque, si fréquent dans les voies génitales. Mais ce microbe qui a une préférence marquée pour la surface des muqueuses est de plus une cause de stérilité. De fait, un seul cas d’abcès à gonocoque paraît certain. C’est celui de Madlener (obs. 14). Dans 3 autres cas, on a pu le soupconner.

Ces germes anaérobies n’ont, semble-t-il, jamais fait l’objet d’une reconaissance bactériologique dans le pus de l’abcès. D’après Boudreaux ces germes pourraient être mis en cause plus souvent qu’on ne le pense

généralement. Il a observé un cas d’abcès pyogazeux mais j’examen bactériologique n’a pas été pratiqué. On peut également citer un cas probable de Banzet et un cas de Chomé (hémoculture positive avec association strepto-perfringens). Petit-Dutaillis estime de son côté que « beaucoup de ces abcès gangréneux pas- .sent inapercçus, du seul fait qu’ils servent de point de départ à une septicémie ou à une péritonite putride à grand fracas ». :

Dans les 17 cas cités dans cette thèse, l’examen bactériologique fut pratiqué 5 fois. Dans les 4 cas d’abcès puerpéraux on trouva le streptocoque 3 fois et le sonocoque 1 fois.

Rôle de l'infection endo-utérine.

Nous avons déjà discuté l’importance qu’on pouvait attacher au traumatisme. Etudions maintenant une cause habituelle, sinon constante, l'infection endoutérine.

Cette endométrite puerpérale est due fréquemment à une rétention de cotylédons, membranes ou caillots. Et ceci pourrait, entre autre, expliquer la localisation habituelle des abcès au niveau du fond utérin et en particulier de la corne gauche (22 cas contre 9 à droite) difficile à cureter.

Comme Forgue l’a indiqué, les métrites fundiques sont fréquentes.

Mercadé incrimine des kystes d’origine embryonnaire, Wolfienne ou quelquefois mullérienne, qui se rencontrent quelquefois dans les cornes et qui facilite-

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raient l'infection. Mais ces kystes sont très rares et l'examen des pièces anatomiques n’a pas confirmé cette hypothèse, $

Wilmoth met en cause une obstruction passagère de la trompe par de l’œdème ou un bouchon muqueux.

Küss pense que certains abcès de l’utérus peuvent être assimilés à une salpingite interstitielle, mais malgré iopinion de cet auteur, la coexistence d’abcès utérins et d’annexite semble rare comme nous le verrons plus loin.

Voies d'accès de l'agent microbien.

Indépendamment de l'introduction directe au cours de l'avortement, sur le lieu même de l’abcès, 2 voies d'accès sont possibles, les veines et les lymphatiques.

La voie veineuse a peut-être joué un rôle dans quelques cas : 4 observations mentionnant des thrombophlébites suppurées (Treub Anderodias et Loubaït. Faure et Mouchotte, Reeb). Mais ces lésions pouvaient être secondaires et non primitives.

La voie lymphatique a été, par contre, depuis Bernütz et J.-L. Championnière considérée par tous les auteurs comme la voie principale d’accès du microbe : « On peut rencontrer dans les parois de l'utérus, déclare le second, tous les intermédiaires entre les lymphatiques dilatés par le pus et ce qu’on appelle les abcès de l’utérus ». |

Cette hypothèse explique aussi la fréquence des abcès au niveau du fond utérin, le réseau lymphatique étant particulièrement riche dans cette région.

Les 3 stades pathologiques suivants se succèdent donc ainsi en général : 1) infection de la muqueuse ; 2) lymphangite interstitielle sans doute assez fréquente, car c’est un fait banal dans les suites de couche de trouver une corne utérine exquisement douloureuse (Démarez) ; 3) formation soit d’abcès miliaires, soit d’un ou plusieurs gros abcès.

Mais ce dernier stade ne sera que rarement l’aboutissement du second, soit grâce à la résolution des phénomènes inflammatoires, soit à cause d’une septicémie qui ne laissera pas à un abcès le temps de se former. À

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