II INTRODUCTION
nons d'énoncer, légitiment d'une manière aussi pressante le rapprochement de ces états pathologiques qui ne sont dissemblables qu'en apparence. Ce sont des considérations qui doivent contribuer à éclairer la nature du groupe des affections chroniques des os, dites scrofuleuses.
Malgré leur fréquence extrême, ces affections présentent de telles difficultés d'interprétation, soit au lit du malade, soit à l'amphithéâtre, qu'on éprouve souvent le plus grand embarras à leur donner une solution satisfaisante. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été l'objet de préoccupations et d'études sérieuses.
L'affection tuberculeuse des os, connue dans presque tous les temps, puisque Galien en faisait une cause des gibbosités de l'épine, ne devait cependant prendre sa véritable place dans le cadre nosologique que vers la première moitié de ce siècle ; c'est à Delpech que revient la gloire d'avoir à la fois soulevé la question et d'en avoir posé les points les plus saillants : une courte citation suffira pour montrer l'importance qu'il lui accordait et le rôle presque ignoré avant lui, qu'il lui faisait jouer (1). « Dans le lieu où existe un tubercule consistant et solide, le « tissu de l'organe primitif a disparu... ; dans un os on peut se « convaincre qu'il y a une véritable perte de substance ; en « effet, il existe une excavation profonde dans l'os sans tumé- « faction équivalente k l'extérieur. » Et plus loin, Delpech ajoute : « Un examen plus attentif démontre que les tubercules <( développés, soit à la surface des vertèbres, soit dans les fibro- « cartilages intermédiaires, soit dans le centre même de la « substance osseuse, sont la véritable cause du ramollissement « osseux et de la destruction successive des corps des vertèbres. « On a trouvé les tubercules à diverses époques de la maladie,
(1) Delpecli, Maladies réputées chirurgicales, t. III, p. 631. 1816.