ÉPILOGUE
Ici termine cette trop longue histoire le pauvre esclave de Dieu, toujours résigné (il l'espère) à la volonté divine. Mohammed, fils d'Haddad, de la noble tribu 20 des H< ni-Malik. Plaire aux délicats, Mohammed n'y compte guère; il laisse cet honneur aux enfileurs de perles et aux ciseleurs du Caire et de Téhéran. S'il a fait sourire ceux qui pleurent et pleurer un instant 1 Abdallah veut dire serviteur de Dieu.
ABDALLAH 2CJ
ceux qui rient, le conteur est satisfait; que Dieu lui pardonne sa folie ! Devant Celui pour qui toute notre science n'est que vanité, peut-être au jour du jugement y aura-t-il plus d'indulgence pour la fable qui console que pour la vérité qui dessèche et qui tue. A 5 cette heure terrible où chacun répondra de ses paroles, puissent les fautes d'un rêveur ne pas emporter le plateau de la balance; c'est là l'espoir et la prière du fils d'Haddad!
Que si quelque méchant se blesse de ce récit et s'en 10 fait l'application, qu'il le mange avec son pain; le conteur ne s'en trouble ni ne s'en soucie; il ne parle pas pour les fils de Pharaon. Mohammed est vieux, il a fait son choix. Depuis qu'il est sur la terre, il a vu réussir plus d'un Omar, il a vu disparaître avant l'âge 15 plus d'un Abdallah; son âme n'en est point ébranlée; c'est en Dieu qu'il se fie. C'est Dieu qui mêle l'amertume aux joies de l'égoïste, c'est Dieu qui coule une douceur secrète dans la souffrance des cœurs aimants. C'est Dieu qui glorifie la défaite du juste, et qui 20 déshonore le triomphe de l'impie. C'est lui qui donne la paix. Il est le Maître de la vie et de la mort! Il est l'Éternel! le Sage! le Fort! le Clément! le Miséricordieux! l'Unique!