‹ Abécédaire ou rudiment d'archélogieChapitre 10 sur 128 · ÈBB ROMANE PRIMITIVE ( TISSUS J · texte numérisé non relu

ÈBB ROMANE PRIMITIVE ( TISSUS J

K]rwM»(V|«iiècle)le Maire de saiuC Victor, à Sens. Celle ai», « t chaneis, a m publiée en chramoUliiopapliic par la BœUtt ar* ) de Sens ; elle est couverte de caissons ellipti^iiai occupés pir on personnage à longs cheveux et à monstaclie, vêtu d*aM oauflt IPiy^pM sans Diandies ; il a les mains élevées et repoussant deui Hoat fiels à le dévorer , tandis que deux autres bétes féroces le saisissent mÊX jambes. Les caissons sont entourés d'une bordure en spirale, •vee dmiMa baguette de per4es et ornée, au point de coalael« es rofui sf reproduisent plus grandes et plus riches au eantiu dss tcurnUgnes ménagés entre les oMlifs principaux. Trsls taua ont été employés pour: le dessin le bleu, le blanc et le jause •Wr(4).

11. YlcUNT Petit m*a remis le dessin dHin autre tissu que roQ vilt à r)é§Mae M-Eusèbe d'Auierre, et qui est oné d*aigles aux ailes éployéss, ifpafés les uns des autres par des rosaces. Ces figures sont da couleur jaune et se détochent sur uq fond violet Si Tau en croit la tradition , eette étofle aurait était donnée par l'impératrice Placidie, pour couvrir le cercueil de saint Germain , lorsqu'on rapporta son corps de Ravenue, au V* siècle; elle est d'une belle conservatiott et eonnue sous la déno« miuation de suaire de saint Germain (Y. la page 123).

Le troisième tissu est une càape cooiervée dans la cathédrale de Meti, à laquelle eNe aurait été donnée par Charlemagne, suivant la tradition ; ce tissu apparticodiait, par conséquent, à une époque moins reculée que le précédent 11 est en soie rouge; on y voit des aigles aux ailes éployées, d'un très4wau style, et divers omemenls fldèlement rendus dans Pesqulsse pbeée page 123 (î).

Les couleurs employées dans les broderies de la chape de Metz sont le jaune, le bleu, le vert.

La ligure qui suit est celle de la léte des monstres qui mordent h» jambes des aigles.

Des étodes du même genre se trou- ^ aient dans beaucoup d'églises, et Anas- (ase-le-Billi9thécaire parle souvent, dans i sa Fte</esPap^, des tissus ornés de lions, de gnioDS, d*aigles , qu'on voyait de son temps dans les églises de Roose : il se sert

(i) V. rapport do M. de LiiMS déjà cité, p. 13.

(3) CeUe «fquiite a été faite pour moi , à Mets, par M. Boue(.

122 DE CAIMOT. ABÉCKDAIHK i/aUC1IÉ0L0GI£.

KIU<.MtM l»l SIAIBR Pr SMM «.r.BMVIV , K AlXIRRE,

ÈRE ROilANE PUIMITIVE ( TISSIS ). 123

196 DE CADMOIIT. ABÉCÉDAIRE 0*ARCHÉOLOGIB.

îd*t4iectife pour indiquer ces omemeuts, et désigne parfois sous la dénomination de Leonata les tissus portant des lions, et d'Aquilata ceux qui pistaient des aigles (1).

U n*est pas douteux que ces di?ers tissus ne soient venus de TOrient , ce qui eiplique très-bien les images qu^on y trou?e : on sait que Tart de travailler la soie ne s^est introduit qu'asseï tard en Occident.

Il est essentiel d*observer que la date de la plupart des anciens tissus est très-problématique. M. de Longpérier a découvert, sur quelques-uns de ceux que Ton croyait des premiers ùèdes de TÉglise, des preuves manifestes d*une origine bien moins ancienne, des XI* et XII* siècles. Ce n*est donc que sous toute réserve qu*il faut examiner les tissus réputés comme les plus anciens ; mais, s^ils ne remontent pas à Tépoque qu'on leur a assignée, on peut être certain qu'ils reproduisent des figures qui existaient sur les tissus précédents : Tart est resté stationnaire, et les mêmes dessins ont été copiés avec une scrupuleuse exactitude pendant des siècles.

Il résulte de cette persistance des types, et abstraction faite de Torigine absolue de certains tissus, qu'on doit tenir compte de Télénient décoratif fourni par les étoffes aux sculpteurs chrétiens ; on n'a pas encore fait asses d'études sur ce sujet, et nous le signalons comme très-digne d'occuper les antiquaires.

11 est certain , d'ailleurs, que le goût des étoffes à figures d'animaux remonte très-lobi : M. l'abbé A. Martin dte, dans ses Mélanges d'ar^ chéotogie^ un passage d'Astérius, évéque d'Amasée à la fin du IV* siècle, dans lequel cet évéque s'élève contre le luxe de son temps, qui avait trouvé le secret d'imiter dans les tissus, en combinant l'union de la chaîne et de la trame , toutes les formes d'animaux.

• On est avide, dit Astérius, d'avoir pour soi, pour sa femme, pour « ses enfiints, des vêtements ornés de Oeurs et défigures sans nombre..... « dé sorte que, quand les riches viennent à se produire en public avec 4 ces peintures, les petits enfants se rassemblent, les montrent au doigt u en fiant et leur laissent à peine un moment de répit. On voit là de» « lions, des panthères, des ours, des taureaux, deb chiens, des forêts, « des rochers, des chasseurs, et tout ce que les peintres savent copier

• dans la nature.

« Ce n'était donc pas assex d*orner ainsi les murailles, il ^lait ani-

• mer les tuniques mêmes, ainsi que les manteaux qui les couvrent.

CXt Stephanu», anoo b35 , )>. 236.

àBB ROMÀlfl PBIMITIVI (TI8808). iS5

« Ceux qui ont plos de reUgion, parmi les riches, suggérait «ix artistes • des sujets tirés de ]*histaîre éTangélique et font représenter J.-C. au « milien de ses disciples, ou bien ses dirers miracles : les Noces de « Gana arec les amphores, le Paralytique portant son lit sur ses « épaules, IMveugle guéri par un peu de boue, raémorrOiBse touchant la « (range des Têtement» du Sauveur, Laiare sortant du sépulcre; et ils « se figurent en cela iUre une ceurre pie et se couvrir Aablts agréables « à Dieu. •

M. de Unas , de la Société française d'archéologie « et M. Vabbé Bock, de Cologne, ont beaucoup contribué par leurs études oipiiatives à déterminer l'âge relatif des dillèrents tissus qui existent m France et à Pétranger. Leurs travaux doivent être consultés par ceux qui voudront en foire une étude spéciale.

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