ÈRE ROMANE PRIMITIVE ( VASES SACRÉS
de la coDstrucUon dont je parle : c^est encore un spécimen qui peut conduire à distinguer le X* siècle des époques suivantes.
Je regarde aussi comme antérieures au XI* siècle : i* les colonnes de la crypte de Lemenc à Chambéry, dont les chapiteaux ont un fiiire carlo¥ingien et qui ont été décrits dans le compte-rendu du Congrès sdentiiique de France tenu dans cette ville (p. 98-101) ; J« quelques-unes des colonnes qui précèdent la crypte de la rotonde de Si-Bénigne à Dijon. Parmi les édifices de la dernière moitié du X* siècle, on cite aussi la chapelle St-Satumin, à St-Wandrille (Seine- Inférieure ).
En étudiant attentivement nos vieilles églises , en en faisant une sé- Tète anatomie, on finira par trouver de nouveaux exemples & citer et des caractères de plus en plus accusés pour les périodes mérovingienne et carlovingienne.
Vases sacrés.
LIS trésors des églises étaient très-riches en objets d*art, durant la période romane primitive, mais il reste à peine quelques pièces d*orlévrerie, qui puissent remonter aussi loin : s*occuper de cette brandie de Tarchéologie serait nous écarter du plan que nous avons annoncé vouloir suivre dans cet Abécédaire. Je dirai pourtant un mot des calices et des vases accessoires de Taulel, parce qu'il en existe encore quelques-uns réputés antérieurs au X* siècle, et qu'il est utile de connaître la forme qu'ils affectèrent alors pour la comparer avec celle des vases de même espèce figurés, aux XI% XII», XIII» et XIV» siècles, sur des pierres tombales et dans des bas-reliefs.
11 y avait deux sortes de calices : les calices qui servaient au prêtre pour le saint sacrifice, et ceux avec lesquels on administrait la communion aux fidèles ; on appelait ceux-ci calices ministériels ; ils étaient plus grands que les premiers.
Il y avait encore d'autres calices, dont parlent Anastase-le-Bibliothécaire et divers auteurs, et qui, vu leurs grandes dimensions, ne pouvaient servir que d'ornement dans les églises (i).
(1) Anastase-le-Bibliothécaîre parle de ces calices dans plusieurs' endroits du Liker pontifiealiê : dans la Vie de saint Léon , il en cite un qui avait été ofiert par Charlemagne et qui pesait 58 livres; dans la Fie de Grégoire )1I , il en indique un autre dont le poids était de 34 livres. Ces calices avaient deax anses , on les suspendait avec des chaînes aux jours des grandes solen* nités ; mais il y en avait que Ton plaçait simplement sur Tautcl.
(Voir le mémoire de M. Tabbé Barraud, de riostilut des provinces, dam le l, VIll du BulUlin mouumcnleU, p. 383 cl suivanles. ;
116 DE CAUHONT. ABÉCÉDAIRI D*ARCHiOL06lE.
Les calices Paient en or, en argent, en cuivre, etc. ; on en Ht aussi en i? oire, en corae, en Terre, en étain, et même en twis.
Le pape Léon IV (IX* siècle) dérendit de se servir de calices de bois ou de verre. Cette défense fut renouvelée par le Concile de Tibur, lenn en 895.
Les calices ordinaires étaient souvent ornés de pierres précieuses ; ils avaient la forme d*nne coupe hémisphérique, portée sur un pivot et sur un pied plus ou moins orné. La plupart étaient garnis de deux anses.
On a trouvé, il y a peu d'années, à Goiirdon, arrondissement de
kK£ ROMAHB PRIMITIVE ( VAbËS SAGBÉ8 ). 117
Cliâlon»-siir-Saône, uiie certaine quantité de médailles, dont plus de cent étaient à TefCgie d^Anastase et de Justin, qui ont régné à Gonstantinople de 508 à 527, et avec elles un petit plateau en or (p. 116) et un vase à anses en fonne de calice orné de diverses moulures, de filigranes et de cœurs, les uns en grenat, les autres en turquoises (4) : si ce n^était pas nn caJiee, attendu qu'il est d'une très-petite dimension, ce serait,
> »»r EN on TBOCVK a r.orniM»>.
roniine le pense M. Rossignol, une dés amjmUœ que nous connaissons sous le nom de burettes. Ainsi les burettes auraient eu parfois, daus le VI« siècle, la forme de petits calices; à cette époque, on en avait aussi d*une forme très-diflërente, comme il serait facile de le prouver, et qui se rapprochaient beaucoup de la forme actuelle.
(I) Les fiièccs d'orfèvrerie mérovingienoe sont souvent ornées de grenats o«i de verroteries rouges cloisonnées , c'est-à-dire posées dans des alvéoles où elles sont enchâssées et retenues par le bord même des alvéoles légèrement rabattu siir elles.
Comme exemple de calices d*uDe époque moins aiicie&ue, je préseule Tesquisse du calice de saint Gozlin, évèque de Toul de 93S à 962, lequel a été décrit par M. Auguste Digot, et qui se trouve à Nancy, dans le trésor de la cathédrale.
L'extérieur de la coupe, le pied et les anses sont richement ornés de ciselures, de pierres précieuses et d'émaux verts et bleus.
CALICE «E SMNT GO^in.
Le* patènes avaient, dès les premiers temps , à peu près la même ftHme que de nos jours ; les plus riches éiaicnt ornées de pierres précieuses, de ciselures et d'émaux, comme les calices. On possède à Nancy lîf patène de saint Gozlin.
Son diamètre est de 15 centimètres ; la partie intérieure présente une sorte de rosace, formée ^e cinq arcs do cercle garnis d'un ornement en filigrane; des pierres enchâssées se trou^enl duns les angles
ronné5 par la réunion des arcs. Le cercle extérieur est orné de pierres et d^émaux.
PATENE De SAI!«T COZllII.
Peut-être doit-on aussi allribuer à la .fin de la période romane primitive quelques-unes des piîcei renfermées dans le riche trésor de Conques (Aveyron) qui, pour la plupart, sont du temps de Tabbé Begon (1099-1118). Les i. elles couronnes du trésor deGuarrazar en Espagne, aujourd'hui au uuiséeduCluny, sont des monuments uniques de rorfévrerie du Vil* siècle.
Tissus.
TV LIANT les périodes mérovingienne et carlovingienne , les tissus sont \/ extrêmement rares el renfermés depuis longtemps comme reliques dans les trésors des églises, soit qu'ils servent à envelopper des ossements vénérés, soit qu'ils aient été employés ù confectionner d'anciennes chapes ou des chasubles.
Je figure trois tissus de ce genre, dont l'ancienneté est généralement acceptée.
120 DE CAUMOMT. ÀBécéDAIRI D*ARGHiOLOGIE.
M. de Linas ( Rapport $ur Uê oncieiu vêtements êaeerdotauA et les
rn\(.-,rM it twn.v. vu s\im victor , a sens.
anciens tissus) p.dmet l'opinion qui attribue aux manufacturtt de