STYLE OGIVAL DE LA 3« ÉPOQUE (PEINTDRB SDR TERRE
GompUcaUoD de lignes etd'ornemenU ; et, comme toat l'enchatoe dans ce qui tient au goût et aux formes, ces détails sont tons empruntés à Tarckitecture du temps. On a dessiné, lur les Titrea, les dais, les pinacles, les frontons garnis de feuillages exubérants qui décorent les églises du XV* siècle et du XVI*.
U résulte de cette compUcaUon des détails architectoniques de l'encadreoMot, qu'ils deviennent souvent écrasanU pour les figures : elles paraissent succomber sous ces clochetons, ces pjramides sans fin qui s'élàvent au-dessus de leurs têtes ; et ce premier caractère, joint & ceux qoe peut fournir Texamen des formes architectoniques, asseï fidèlement exprimées en pefaiture, permet de reconnaître s'ils appartiennent au commencement ou à la fin du XVI* siècle.
Les légendes ou inscriptions explicatives des scènes , peintes sur des phylactères, se multiplient dans le cours du XV* siècle, et fournissent encore un mojen d'apprédcr les époques par la forme des lettres ; enfin, quand on examine de près toutes ces vitres, on finit bien souvent par découvrir des dates au milieu des luKriptions.
Les vilrcs du XV* siècle représentent, comme celles qui avaient précédé , des sctees de martyres, des miracles, etc., etc. ; l'histoire de J.-C. et plusieurs faits de l'Ancien-Testament, quelquefois aussi le Jugement dernier, enfin les figures des Apôtres, des prélaU, des abbés, les Sibylles, etc. , etc. , etc.
La couleur est une chose imporUnte à considérer dans les vitraux da XV* et du XVI* siècle. Sans doute, à cette époque, U y des vitraux, éblouissants de coloris , dans lesquels le rouge le plus éclatant rivalise avec le bleu le plus velouté, le vert et le jaune le plus transparents ; mais aussi bien souvent, surtout dans le XV* siècle, les teintes blanchâtres ou jaunes dominent : les tons clairs s'emploient surtout dans les dais et les pinacles qui encadrent les figures ; cette tendance à abandonner la couleur finit par &ire de tels progrès que, au XVI* siècle, on adopta presque généralement les grisailles ou les vitraux dans lesquels le jaune pftle et le gris-jaun&tre occupaient la plus grande place.
« Au XV» siècle, dit M. Hucher, les ouvertures sont immenses et « les meneaux qui les partagent peu apparents : les peintres-verriers « abusent du verre blanc et recourent à des accouplements de cou- « leurs qui sont très-piquants dans l'atelier, mais qui, vus à de grandes c distances, produisent de la lumière grise : telle est l'union du jaune « et du violet, du rouge et du vert, etc. Enfin, et c'est là surtout une c des plus mauvaises conditions des verrières, des fenêtres voisines^.
676 DZ GÂtlMORT. ABéCÉDAIRI D^ARCHÉOLOGIB.
« entièrement garnies de verres blancs, TerKot souvent daos le fiei 1 où est placé le spectateur, des torrents de lumière blandie qui tfta- 1 quent tout d*abord la rétine et décolorent, comme par antîcipatioB, c le tableau.
« Si, de reflet général, nous passons & Texamen de la fiustnre, à la c critique de TœuTre intrinsèque, nous reconnaitroos que les eaitow « sont, en général , disposés avec art ; qu*ils sont tracés même avec c une certaine vigueur, mais que Texécution sur le verre est timide et « le plus souvent inhabile : on s*aperçoit qu*on n*est plus au siècle « des grandes choses.
« Habituellement les tètes ne sont pas colorées, mais le pdntre a c teinté les ombres ; on reconnaît, à la variété des physfoooniies des c donateurs, que Ton a cherdié à donner leur portrait » Le penomiage qui occupe la verrière suivante ( V. la page 677 ) confirme les observations qui précèdent
Comme il n*y a rien de brusque dans la marche de Part, que tout s*ppère par voie de transition, on peut tirer parti de cette modification progressive de la couleur pour classer chronologiquement les vitraux postérieurs au XIV* siècle; il fendra pourtant user de tempérameals suivant les écoles ; car certains artistes ont plus ou moins loDg4emps lutté contre cette dégradation des couleurs si brillantes des XIII* et XIV* siècles.
Ainsi, au XV* siècle et au commencement du XVI*, le dessin des figures est assez fini; mais elles manquent d*eflbt, par suite de remploi des blancs, des jaunes et des couleurs pâles; les fonds offrent souvent des étoffés damassées d^une grande richesse, sur lesquelles on distingue des fleurs peintes en apprêt ; les étoffes des vêtements présentent la même richesse.
Les tentures figurées derrière les personnages, les lointains, les paysages, produisent souvent de la confusion. Les couleurs éclatantes, employées pour les vêlements des figures dans certains vitraux , sliarmonisent assez mal avec les clairs des fonds : il y a moins d*unité, moins dliannonie de ton que dans les siècles précédents.
L^encadrement des vitres de la 3* époque présente le plus souvent une guirlande de reuillages déchiquetés assez maigre, qui ne se détache pas assez franchement sur le fond : ces tons indécis, employés non-seulement dans la bordure, mais, comme je le disais, dans Farchitecture et dans plusieurs parties des tableaux, donnent beaucoup de vague aux compositions, et, comme décoration monumentale, eOei font, à mes yeux, inférieures à celles des siècles précédents.
STYLE OGIVAL DE LA 3* ÉPOQDE ( VITRAÏx).
n«ORI DE LOni II , DCC D'aKJOO, rOMTB DO MAI5e.
t7S DE CADMOIf . ABéCÉDAIRE O'aRCHÉOLOGIE.
« Une chose surprenante, dil Le Vîdl, c^est la quantité prodigieve « ôm ouvrages de peinture sur Terre de ce temps, dont ftirent gain « netHenlcnifnt les palais de nos rob, les égliiet, les MaiBoos des < grands» mais encore les lieux d^assemblées publiques dan§ toolesks «t Tilles, les oratoires, les cloîtres des monastères, les salons itos fiches, • les appartement! des simples particuliers, etc.—. t
Ce lut effoctlTement au XVI* sièele et à la te du XV* que k peteture sur Terre Ait communément emplojée pour les ienètret des déteaui et des maisons opulentes.
Pierre Le Vieil est grand admirateur des Titraux de la dendère époque, et nous ne saurions nous ranger de son aTls, qumqoe nons sachions appréder tous les cbefr-d*œuTre qu*eUe a prodoits. « On Ti, « au XVI* siècle, dit-il, la peinture sur Terre deTcnir ^tpfptfblf de t cet sites gracieux , de ces lointains agréables qui JusqQe4à amioA fl été impraticables aux artistes, et que Tétude de la perspective leur « aTait rendus aussi Ateiles qu*à ceux qui s*exerçaient dans les autres t genres de pdntnre. Tel Jtrbre, telle plante, qui, dans les sièdei « précédents, se voyaleut grossièrement chargés de leurs fleurs et de « leurs fruits, exécutés, comme dans la mosaïque, par un lourd I assemblage de pièces de rapport très-nombreuses jointes avec da « plomb, les montraient réunies btcc leurs troncs, leurs tiges et leurs « feuillages peints sur un ou plusieurs morceaux de Terre blanc d'une « juste étendue. >
Nous répondrons, avec M. Jules Renouvier, à Topinion ainsi aprimée, que les ombres et les reflets du clair obscur, le goût du deaia plus pur, Tabandon des fonds mosaïques, robsenration de la perspective, Tadmission des sites et des lointains agréables, lestons propres et naturels, la Tariété des costumes et des portraits, toutes ees modificatioDS , qui rapprochent la peinture sur Terre de la peinture ordi« nairt, ne lurent introduites qu^au détriment des qualités qui lui étaient propres, et en opposition k sa destfaiation qui est, comme peinture transparente et décorative, plutôt de frapper et d'éblouir par Tédat et reflet d'ensemble que d*attacher par la perfection des détails.
L'application des émaux colorants h la surface du verre dcTlnt un procédé ordinaire au commencement du XV* slède : on Toolait ainsi se rapprocher de plus en plus des effets de la peinture à Thuile; mais les émaux superficieb n'ont jamais produit le même eflH que ceux qui sont incorporés au Terre : ils manquent de transparence ; ib ont toujours quelque chose de terne et de crasseux.