ÈRE ROMANE SECONDAIRE (FORME DES ÉGLISES
an duEiir au-delà des trantepts ; mais fls 8*anétent là où eommenot la eourboTe de l'abside : de sorte qu'ils ne foot pas complètement le tour du chceur. Toutefois, on trouve aussi un grand nombre d'eiemples du prolongement des ailes autour de l*hémicycle du choeur ; on nomma ee prolongement deionbulaiorium»
L'abside allongée et placée à une plus grande distance du transept avait, dès les IX* et X* siècles, laissé pour le chœur un plus grand espace. Dès la fin du X* siècle, on vit quelquefois les bas-côtés conduit! tout autour du choeur et du sanctuaire et communiquer avec lui par des arcades portées sur des colonnes : ces bas-côtés durent, dès cette époque , donner asile à quelques chapelles. Au XI* siècle , rallongement du chœur et la disposition dont je parle devinrent d'un usage général pour les grandes églises. Les bas-côtés font le tour du sanctuaire à l'église de la Couture du Mans ( 995) , à l'église de Vignory ( Haute- Marne ) , dans les grandes églises de St-Savio , de Cluny , de St- Hilaire de Poitiers , de St-Germain-des-Prés.
Ils s'arrâtèrent, au contraire, de chaque côté du sanctuaire uns eo Aire le tour, à Caen ( église abbatiale de S**-Trinité ) et dans la plupart des églises normandes.
Mais il y avait aussi beaucoup d'églises à chevet rectangulaire comme
136 DE CAUMONT. ABÉCÂDAIRB D'ARGHiOLOGIB.
Gplles-ci , dont iine forme la croix (A) , et les deux autres de simples
ifiLlSES A COETET rectahouuhe.
paraUéloerammes rectangles (B,C),
Cryptes
ES grandes églises romanes ont souTent été élevées sur des cryptes. Ces chapelles souterraines ont été établies tant que l'ar-
iRB ROMANE SECONDAIRE ( CRYPTES). 137
dûteoture à pleiiHciotre a régné ; en généra^ on a cessé (l*cn conatonire après Tadoption de rarchitecture à ogive (j).
La phipart de nos cryptes des XI* et XII* siècles sont placées sous le chœur ; dans les petites églises, elles affectent souvent la forme rectangulaire, avec des voûtes sans colonnes* Dans les cryptes phis conii* déraUes, la \ù(Ae est ordinairement soutenue par des colonnes cylindriques, disposées sur deux ou quatre rangs. On peut citer la crypte de la cathédrale de Eayeui ; celle qui existe sous le choeur de Tabbaye de S^*-Trinité de Caen ; la crypte de St-Marcouf ( Manche) ; celle
Pl»> OV la CRtin DE 8A|>T-MARC01F (liA>CHK).
de rabhaye de Sl-Florenl-le-Vieil, à Saumur; celles de La Couture, an Mans ; de Notrc-Damp de Poitiers ; de St-Seurin de Bordeaux ; de la cathédrale d'Auxerre; de St-Maixeiil , de Nantes, de Cunault
(1) A peine pouirait-oii citer quelques exemple» de cryptes po»iérieure* au XII' siècle.
138 DR CAUHOIfT. ABiCÉDAIRC D*ARCHÉOLOGIE,
(Maiiie^-Loire'), de Limoges, de M ontmiOe et de Pierretot (Obe), etc., etc.
Des cryptes plus étendues sont celles de la cathédrale de Ghaitres* de St-Eotrqpe , à Saintes ; de St-GiUes et de quelques autres grandes .églises romanes de France et dltalie.
Quelques cryptes , comme celles de Spire , de SiUé-le-Gnfflaiimf (Saithe) et de plusieurs églises dltalie, 8*étendent sons les deux transepts jusqn*à leurs eitrémités.
On descend dans les cryptes par des escaliers placés dans les transepts, dans la nef, près de rentrée du cbœur, ou de côté, dans les collatéraux.
Oaractèree grénéraux du roman secondaire dans les difiTérentes rég-ions de la France.
SI rarchitecture offirait durant la période romane secondaire des caractères à peu près identiques dans les diverses régions de la France , il y a pourtant des différences à signaler.
Ainsi^ les monuments nonnands du XI* et du XII* siècle, comparés k ceux du Poitou , ces derniers comparés à ceux de la Boui^gogne et de TAuTcrgne, offirent tous des types généraux uniformes, les mêmes principes de construction, mais arec des différences dans la manière éotA les ornements sont traités ; ces dissemblances consisteront dans la prédominance de telle ou telle sculpture, dans Tadoption de certaines formes, de certaines combinaisons habituelles dans une province, plus rares ou insolites dansd*autres ; en un mot, dans une multitude de détails qui ne frappent pas toujours au premier abord, mab qu^un œil exercé apprécie bientôt avec un peu d*attention.
Sans doute, il fiiut bien distinguer, dans ces divers systèmes , ce qui appartient à Tinfluence des matériaux de ce qui vient du goût et^ de Inhabileté des sculpteurs. L*influence des matériaux a toujours été immense , et Ton conçoit qu*une pierre tendre , éclatant sous le moindre effort de Toutil , tdle que la craie , n^a pas dû recevoir les mêmes sculptures que les pierres homogènes et d'une dureté moyenne, comme celles que Ton possède dans le Calvados , dans le Berry et dans plusieurs autres contréeSi Le calcaire grossier, lardé de coquilles, ne pouvaltètre travaillé de la même manière que la pierredont je viens de parler ; enfin, le granité, si rebelle an ciseau, ne pouvait recevoir les i
àm ROMANE SBCONDAIIIE (CRTFTRS). 130
noolores que les matériaux plus tendres. Ainsi» l*on conçoit que le même sjstèmed^ornementation, je dirai plus, que le même ornement sera qudquefois rendu tout dilTéremment suivant la pierre que Parehi- Iccte aura mise en œuvre. Sur des matériaux à grain fin , d*une dureté moyenne, on a pu tracer des moulures dont les contours et les détails offraient une pureté de trait que Ton ne pouvait obtenir sur la pierre à gros grain : sur celle-ci , il fallait s'attadier moins à la pureté de trait qu*au relief et à reflet général des moulures vues à distance. Ce peu de mots suffit pour exprimer ma pensée ; le fait est d'ailleurs tdlement palpable qu'il n'a pas besoin de démonstration.
n faut donc , dans la géographie des styles archilectoniques et dans Tapprédation des dissemblances que présentent, sous ce rapport, les diverses provinces de France , tenir, avant tout, compte de l'influence des matériaux sur le choix des moulures et sur la manière de les traiter. Mais , après avoir accordé à cette influence toute l'importance qu'elle a eue sur l'état de l'art , il dut aussi reconnaître des écoles diverses , des dîflérences de goût et d'habileté, qui ne peuvent provenir d'aucune autre cause que des traditions d'école.
Jenrais énumérer, en très-peu de mots, les caractères principaux de rarchitecture religieuse durant la période romane secondaire, et renvoyer pour plus de détails à mon Cours d*antiquiti$ et à mon Histoire dg farchiueture. Il est bon de savoir, avant tout, que j'embrasserai d'un seul coup-d'mil les XI* et XII* siècles, sauf à indiquer ce qui distingue les productions de ces deux siècles : on ne saurait effiectivement les séparer, puisque les mêmes formes se sont présentées aux deux époques. Le XII* siècle nous oflre des contours plus corrects, une ornementation beaucoup plus riche , une exécution infiniment supérieure ; on peut dire que l'architecture romane n'est arrivée à la perfection que dans le XII* siècle.
Mais ce style si gracieux, dont les fleurs s'épanouissaient au Xn« siècle , grandissait au XI* ; l'arbre poussait alors les branches et les boutons qui devaient produire les fleurs. Ne séparons donc pas deux époques d'une même vie : il est plus rationnel , plus philosophique de les étudier dans leurs rapports , sauf à bien apprécier les phénomènes de leur développement , à suivre , au XII* siècle , le perfectionnement des élémenU qui existaient dès le XI*, l'introduction des innovations que le progrès , en toute chose , entraîne avec lui.
Les monuments du XI* siècle offirent, d'aflleurs, des caractères qu'un œil exercé peut saisir. Les moulures ont peu de relief, comme
tAO DE CAUMONT. ABÉGÉDAIRE D'ARGBéOLOGll-:.
oeiles des siècles précédents; elles ont des formes moins cuirtcluîs Les chapiteaux sout souvent très-barbares, d*une raideur exlraordinairc. Le spécimen suivant montre un type de chapiteau asseï commun dans la piemière moitié du XI* si!cle*
'.UkPiTFW ET KCCLPllBLS VI Xl*^ MEUT.
Il y avait peu d^églises voûtées au XI* siècle ; elles offraient, comme la nef de Cerisy (Voir la page suivante) , des murs latéraux sur lesquels reposaient les enlraits de la charpente, laquelle restait visible quand un lambris en bois ne \cnait pas la cacher.
Les voûtes inventées par les Romains n'avaient pas cessé complètement d'être employées : savoir la voûte en berceau semi-cylindrique; la voûte d'arête, composée d'un cylindre lonfptudinal pénétré par des demi-cylindres d'un égal diamètre ; enfin les demi-sphères ou coupoles ; les quails de sphère ou voûtes en cul-de-four. Mais c'est à la fin du
ÈRE ROMANK SECONDAIRB [ CRYPTES). 161
DU COTÉS DE L4 REf DE CERIST , TC A TOL D'OISIAQ.
Buuet ile^
ià2 DE CAUMONT. ABiCÂDAlRB d'ARCHÂOLOGIE.
XI* siède et au XII* surtout que les architectes les appliquèrent aux snrflioes, plus ou moins grandes , qu*il ftUait couvrir dans les neCi et dans les absides des églises.
Après les désastres qui avaient amené l'art si près de sa perte » il fîillut étudier de nouveau des applications qui avaient cessé d^ètre frmilières. Or , Tabsence de voûtes dans beaucoup d^églises du XI* siècle faisait qu*on n^établissait pas, comme on le fit ensuite, de contreforts destinés à neutraliser la poussée du dedans au dehors, ou qu^ils n*avaieot qu^une saillie peu considérable. Quand on voùu, au XII* siècle, des églises du XI* , on reprit en sous-œuvre le haut des murs ; il lallut en cacher diverses parties, et ces enchevêtrements déroutent bien souvent les archéologues. M. Bouet et M. Ruprich-Robert ont démontré, dans de curieux mémoires , combien ces soudures sont parfois diflficilet à reconnaître, mais combien elles sont intéressantes à observer.
Appareils.
ON retrouve les principaux appareils en usage dans Tarchitecture romaine, et dans rarchitecture romane primitive , dans celle des XI* et XII* siècles.
Le petit appareil régulier de quatre pouces carrés, et le moyen appareil de huit pouces environ sur cinq, se rencontrent très-fréquemment.
Les édifices construits en moellon, tels que certaines églises de campagne » offrent assex souvent des murs en blocage. Lorsqu'on s^est servi de pierres plates pour le revêtement, .elles ont presque toujours été rangées sur le côté et inclinées alternativement à droite et à gauche ( opus spicatum^ maçonnerie en feuilles de fougère on arêtes de poisson). Une combinaison à peu près semblable a été figuré?, mais très-rarement, par la coupe des pierres de taille de moyen appareil.
Au XI* siècle, Tappareil ofibe presque constamment de lai^ges joints de ciment, et quand les pierres sont d*nn grain assez tendre, elles montrent quelquefois la trace de Tinstrument dont on s*est servi pour les aplanir.
M. Bouet , qui a beaucoup observé la trace des instruments dont on s^est servi pour foire ces ravalements , reconnaît qu*au XI* siècle et an XII* les pierres étaient layées obliquement, tandis que plus tard elles le furent perpendicu- ' I F
lairement. Ces indices ne doivent pas être dédaignés.
An X]I« tiède, on certain nombie d^appareilt qrmétriqiwf» kê nus compotes de pierres heugones, les antres dont les pièces sont en forme de losange , ont été employés dans les mnrs extérieurs comaie décoration. Ces pièces sont séparées les unes des autres par une couche de ciment coloré en rouge (1).
On rencontre assez souvent en Poitou un autre appareil, composé de pierres arrondies d*un cdté , carrées de Tautre , et séparées par du ciment coloré. Une fois rangées , elles ressemblent à des écailles imbriquées , on plutôt à certaines feuilles ; car la partie arrondie est souvent placée en-dessus. Elles sont disposées ainsi dans les couronnements coniques de certaines tours, où limitation végétale est plus caractérisée (2).
SioHis D^APPARBiLS.— On appelle ainsi des figures diverses très-variées, dont quelques-unes ressemblent à des lettres renversées , et que Ton trouve gravées en creux sur les pierres d'appareil dans la plupart des édifices du midi de la France et dans beaucoup d'autres contrées. On
croit communément que ce sont des signes de tâcherons ou de tailleurs de pierre qui auraient, à ce moyen, reconnu les pièces qu'ils avalent d^roBsies.
CmiTRiFOiTS.— Dans l'architecture romane primitive, les contreforts se présentaient comme de simples pilastres d'ornement ; à partir du
(1) Ordinairement la conlear ronge a été appliquée teoleinèni à la Mirfaoe «Ui dment, et n'a paa pins de tix Kgnet d'épaiiteur dans le» jointures de* pierre». ^2) Voir la quatrième partie de mon C<mr$ d'anti^itéi et Tatla».
il^U DE CAUMONT. ABéCÉDAIRE d'aRGHÉOLOGIR.
XI* siècle , ils n'ont encore que très-peu de saillie coin- ^ paratircment à ce qu'ils en 7 acquirent dans la suite. Ce sont des pilastres parfois ornés, sur les angles, de colonnes engagées, avec couronnements en pente garnis d'imbrications ; ou bien des demi -colonnes qui tantôt s'élèvent jusqu'à la corniche, tantôt s'arrêtent un peu plus bas et se terminent par un petit toit conique (façades de Parlhenay-le- Vieux , de St-Jouin-de-Mames , etc. , etc., murs latéraux de St-Germer ( Oise ), etc., etc. ).
Quelques contrerorts, rectangulaires à la partie basse, se transforment en colonnes à une certaine hauteur.
En Italie, dans le midi de la France, en Alsace, msOBSSBaam sur les bords du Rhin, etc., les contreforts très-plats ne consistent souvent que dans des ressauts , espacés également les uns des autres sur la muraille.
Omertients.
fous voyons les ornements et les moulures em- . ployés dans les XI* et XII* siècles sui* les archivoltes des portes, des arcades et des fenêtres, sur les corniches et sur le plein des murs.
Pour abréger les explicalioiis, je présente l'image de quelques moulures typiques du roman secondaire, en les rangeant par grandes régions , c'est-à-dire réunissant celles qui se voient le plus habituellement dans un même pays , et qui caractérisent, jusqu'à un certain point, une école. Il ne faut pas attacher trop d'importance à ces ^iies générales , qui peuvent être contredites par quelques faits exceptionnels ; mais elles méritent la plus grande attention.
ÈBE BOMANE SFXONDAIRB (MOULURES ROMANES ). 145
fw nnncATMMis*
liTEs DE ciorg,
LMt^cs OC neziAf opposés. ziazags oo cnETRosg enisés. ^fvsr.ms.
êfOVLURES ROMMVKS fROMAS NORMANDJ.
IM DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRI D'ABGHÈOLOGIB.
nvnn ciinEiiE» et nfi-z*o. âWtEAOx et tête» D'OMCArx.
MOViniBt Kkrtéu intucATion et ruvRORt et usccavi riMiM,
rr TfttBt PLATES. LMAROBS.