‹ Abécédaire ou rudiment d'archélogieChapitre 17 sur 128 · J:RK I10HAN£ SECONDAIRE ( ABSIDES · texte numérisé non relu

J:RK I10HAN£ SECONDAIRE ( ABSIDES

gnlaire de Téglise de Rivières, près Cbinon ; plus loin , sont des «b- «des de diliérentes dimensions : la première, appartient h une

182 DE CAUMORT. ABÉCÉDAIRE D'ARCHÉOLOGU.

abbatiale de Solignac ( Haate-Vieime ) ; la q[uatrièiiM , également

polygonale, se distingue par une galerie qui circule sous la conûche, au sommet des murs : caractère particulier à la région du Rhin et de la haute Italie.

Je ne connais pas de transepts plus longs que ceux de Téglise de St-Semin de Toulouse. Deux absides s^appuient sur chacun d*eux , du côté de Test. I/csquisse suiTante, de M. Victor Petit, montre Tor-

t*B ROHAIIB SBCONDAIRE (ABSIDSS]. 183

mi

IW W5 CAUIIONT. ABÉrÉuXlïlE D'ARCHêOLOGIK.

doimanoe extérieure de cette belle église; elle serait plus belle encore si là, comme dans f^huieurs autres monuments du Midi, on n^avait , à une certaine époque, changé le système de toiture et exhaussé les murs pour svfporter les charpentes et les remonter à une certaine hauteur au-deiius des voûtes. Par suite de ce Invail , qui a été le résultat d*un qffllèBie dans le Midi , les anciennes corniches ont été écrasées par un mur peicé d^ouvertures carrées d^nn effet disgracieux. A ce moyen, ott A p« pratiquer de vastes greniers entre la voûte et la toiture : ce fui, sans dovle, est un moyen de conservation pour les murs, mtfs œ qui, €t retwiche, alourdit singulièrement les édifices.

Ce système • iftovent aussi entraîné la suppression des frontons des transepts et mêiifc de eelni de la laçade occidentale : on leur a substitué un mur droH : et le toit, conduit en biseau^ a formé ce qu*on appelle un bout rabatttu €ette dlsj[>06ition du toit produit un aplatissement considérable, que j*ai déploré dans plus d*ttn édifice du Midi. A-t-elle existé dès Torigine éans quelques nanunKnts? Je n*en sais rien ; mais je crob que, pour «n^nd notabre,Clle ne date que de l'époque de Texhaussement des Mirs supportant la charpente, ce qui a permis d^établir des greniers an-tesus des voCrtes et de se servir, pour la défense, des espèces de guichets m forme de créneaux qui éclairent ces greniers.

L*abside de fa grande église de la Charité-snr-Lohre, consacrée en 1 i06 , a des firatisepts moins longs que réglise de St-Semin , mais considérables «ussi en étendue; le |rfan général de cette église est, d*ailleurs, dn^es plus Vastes conçus à celte ^que. Cinq ne6 conduisaient au transept , comnfe à St-Bemin.

Deux de ces nefe se délachaieiit pour former déambulatoire autour du sanctuaire ;lto deux autres, longeant les murailles, paraissaient aussi s*éteudre au-d^ du titoisept, et, après une travée, se terminaient par des absidloles sfJmi-circalaires.

Dans quelques ^ises à chevets droits de TAnjou et du Poitou , les bas-côtés vienncfA se taroHiier près en sanctuaire et n*en sont séparés que par des c(d«nnes très-légères.

Je présente, pour dernier exemple, la brillante abside de Téglise Nolre-Dame-du4^ort , à Clermont, avec ses modillons garnis de lobes, ses corniches à fillettes et ses marqueteries en pierres de couleurs différentes : caractères qui , avec quelques autres , constituent particulièrement le roman auvergnat

HOMAN AUFERGNAT.

I^enêtreB et HoBee,

J7T^ ^^ époque, les fenêtres oflGrent une archivolte, soit 5imple« soit T^ornée de moulures, et supportée par des colonnes ou par des piedsdroils. Leurs proportions varient suivant la place qu*elles occupent ; mais elles sont toujours d*une grandeur moyenne. Les plus petites ressemblent à celle que voici, dans nos églises de campagne ; elles sont asseï caractéristiques du XI* siècle. Je ne pense pas que les dimensions puissent être d*un grand secours pour la déter- ' mination des époques. La présence ou Tabsence des colonnes ne peut non plus donner beaucoup de lumière sur Tandenneté des fenêtres ; on ..^

pourrait eo dter beaucoup du XII* sîède qui sont dépourvues de cet

ÈRE BOMANE SECORDAIEB ( FENÊTRES ). 187

omemenL II eA vrai de dire cependant q[ue, dans les grands édifices» les colomies sont raccompagnement ordinaire des fenêtres.

Au XII* siècle surtout, celles^ derinrent lemarquaUes par la finesse et rélégance de leurs moulures.

Les fenêtres des étages supérieurs sont quelquefois géminées , c*est à-dire disposées deux à deux , et qudquefois eucadiées dans un cintre d*nn plus grand diamètre.

On voit aussi des fenêtres réunies trois à trds ou triples ; alors celle

du milieu, quelquefois plus haute que les deux autres» est ordinairement seule ouverte; les deux petites sont bouchées. G*est ce qui se Toit assez souvent dans les façades des églises romanes de toutes les parties de la France ( Voir la page suivante).

Les fenêtres le mieux décorées sont ordinairement celles qui surmontent les portails dans les façades ou dans les transepts , et ceUes qui éclairent Tabside.

188 DE CACMOMT. ABÉCÉDAIRE D'ARCHéOLOGlB.

Dans la seconde nioilié du XII*. éicde, les arc'iivolles des icuCtfC placées dans les façades , au-dessus de la principale porle d^entrée.

FAÇADE UE L'iciUE DE BAINS (UACTE-LOIBE ).

fureat quelquefois courettes de ligures en relief: elles ont parfois

ÈRE ROMANE SECONDAIRE ( FËMliTaBSJ. ISO

fies dfmeDSMNw plus comidérabfes que loutes les aatres : telle esl lu fenêtre centrale de Téglise de Civray.

rniru centialp. di l'àoLue de citrat.

Les oofateres rondes, auxquelles on donne le nom de rotes, se TOKPl 9%)Q* siècle, mais rarement. Un plus grand diamètre et ifis b^niwBfi jdns ornées montrent , dans quelques-unes de ces ouTeftiHcas , le {pMge de rœiMe-bœuf ( ocuLui ) aux beUes roses qni, dès la Sa du XII* siècle, ont été si heureusanent emidoyées à la décoration dos églises.

Alors (2* moitié du Xir siècle), on commença à diviser ces ouvertures rondes par des meneaux , qui , partant du centre , rayonnaient vers la circonférence et présentaient plus ou moins d^ rapport avec les pièces d'une roue. La place des roses fut marquée, dès ce

190 DE CAUMONT. ABiciOAIRE D'ARCHiOLOGlB.

moment, aux extrémités des transepts, av-dessos de la porte ocdden-

taie, et quelquefois au centre de Tabside ou du ctieret

Des roses de cette forme se voient dans la façade de la cathédrale de Chartres et dans le transept de celle d* Angers; il y en a deux dans le transqK sud de Téglise Notre-Dame, à Êtampes, et Ton pourrait en citer beaucoup d'autres. On reconnaît, dans ces bdles fenêtres drcnlaires du XII* siècle , le type des cheCi-d*ŒUTre qui ont produit des effets si prodigieux aux XIII*, XIV* et XV* siècles.

Le transept nord de TégliseSt-Étienne, àBeauvais, est percé d*unero9e dont les rayons sont réunb par des arcades trilobées. La bordure extérieure. est ornée de personnages en bas-rdief : les uns montant au sommet du cercle, les autres précipités en bas et oflrant ainsi le symbole de la Tidssitude des choses humaines et de l'action de la Providence dans toutes les phases de | la vie. MM. Jourdain et Duval ont publié un très-bon mémoire sur les roues symboliques de Beauvais et d* Amiens, dans le tome XI du ButUtin monumental,

Arcades.

ES arcades, établies pour mettre la nef principale en communication ivec les ailes, sont disposées comme les portes, et leurs archivoltes

OTDées des mêmes moulnres. Elles sont portées sur de prosies ooloones monocylindriques, oa sar des piliers garnis de colomies engagées. Ces denx espèces de supports sont quelquefois dlqKMées allernati*

fement*

Vers la fin du XI« siède, les arcades'd^loient plus de grâce dais lenn contours et se couvrent plus fréquemment de moulures.

Aie EU FeB-i-<:aETii, k foiiooxbjiclt.

Le grand arc qui sépare le dueur de la nef est souvent plus orné que les autres.

Qaant aux arcades qui décorent les étages supérieurs des murs, elles ont tant de rapport avec les fenêtres par leur forme et leurs dimensions, qu'on peut leur appliquer ce que j'ai dit de ces dernières.

Parmi les cintres qu'on rencontre aux XI« et XII* siècles , il y en a qui ne présentent pas un demi-cercle parftdt.

On leur a donné le nom d'arcs en an$e de panier , pour indiquer leur forme déprimée ; dans d'autres, la courbure excède les dimensions du demi-cerde. On est convenu de les appeler arcs en fer^-chevai.

L'irrégularité des grandes arcades des ne& est une chose à considérer : il est rare qu'elles aient la même ouverture ou la même hauteur.

On trouve , dans les belles arcades romanes de la cathédrale de

192 DE GAUMONT. ABÉCÉDAIRE D'ARCfléOLOGIE.

Ba^iu, un exemple frappant de cette irrégularité : aucune d*entre elles n^est du mèipe diamètre ; il y en a de surbaissées, d*autres cintrées en fer^t-dieval , et TeUrados de chacune s'élève à des hauteurs difflél'entes.

b'ordoDnance iulÉrieure est toujours, on le conçoit, subordonnée àrélé?ationderédifioe:

dans les petites églises, elle est d'une extrême simplicité: de petites fenétres, et quelquefois un cordon , sont tout ce

qu'on y distingue ; dans ^

les édifices plus consi- i

dérables, comme dans £

ceux qui ont des bas- «

côtés, les travées de la *

grande nef se composent i

souvent de trois ordres , . __^ .,-^__ c— -

savoir: les arcades du* .- '- /^ ~-^ -— .z:^,.- "Zl ^ rez-de-chaussée , une |

galerie que les anti- -u

quaii'es anglais ont ap- S

pelée triforium , et S

Tétage des fenêtres au- |

dessus du triforium , ;

qu'ils appellent cléres- P

lory, .£

Les figures suivantes montrent les élévations de trois églises romanes, dans lesquelles cette disposition est observée; nous la retrouverons, dans les siècles suivanU, jusqu'au XV siècle.

La prenùère travée est tirée de l'église abbatiale de Bemay , qui est du XI* siècle ; la seconde appartient à la belle église du prîeui^ de Paray-k-Monial (Saône-et-Loire) , qui dépendait de la célèbre abbaye de Cluny ; on y volt des pilastres cannelés qui caractérisent assez souvent le roman de celte partie de la Bourgogne.

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