ÈRE ROUAKI SECONDAIRE (BASES
de fewlles, qui les rattachent aux angles du piédestal carré sur lequel elles reposent*
M. Tabbé A. Martin Tait remonter au VllI* siècle rorigiiie des pattes des socles des colonnes. Il cite, à Aix-la-Chapelle, parmi les débris antiques, des socles de bases carlovingiennes dont les angles supérieurs sont déprimés, sans doute afin de ne rien laisser perdre à la me des tores si richement ornés, sous la Décadence ronuiine. « En parant à un « incooTénient, dit M. Marc tin , celte dépression en c faisait naître un autre. La « partie déprimée était peu « agréable à voir : on lui « substitua son contraire, « c'est-à-dire des ornements « en saillie, qui furent plus * lard transformés en pattes « ou feuilles. •
Lu caractère qui semble ^
être particulier à la première moitié du XI* siècle est la baguette peu accentuée qui dis- I simule les parties anguleu ses des tailloirs; cette baguette se remarque, à Nevers, dans la cr jpte de St-Cyr et dan s la chapelle deS'Mulitte; on la voit dans les cryptes de St-Étienue
20/l D£ GADMONT. ABéCÉDAIRE d'aRGUÉOLOGIE.
d'Auxerre, et dans Téglise de St-Savinieii de Sent. Bf. Pabbé Cronier indique les dates précises de la construction ^ ces édifiées : la crypte de St-Cyr et la chapelle de S*«-Julitte sont de 1038, la crypte d'Auxerre de 1038, et Téglise de St-Savinien de Sens est aussi de 1028; or, ces trois églises, placées à distance les unes des autres , portant le caractère qui vient d'être signalé, les angles dissimulés par des baguettes
BASES ET PléDEgTACt DES COLOMIES DE L4 OinTB DB BAint'CTB, A RETeiS.
peu accentuées, pourraient donc être considérées comme présentant le type des bases de cette époque, au moins pour la contrée où elles se trouvent plicées.
Piédestaux.
IN grand nombre de colonnes sont assises sur un socle peu élevé ; mais, au XII* siècle, on apporta plus de recherche dans cet accessoire des colonnes.
En Auvergne , dans le midi de la France , en Italie, les colonnes à (ûl détaché ont quelquefois des piédestaux que je ne saurais mieux comparer, |K)ur la fonne, qu'à plusieurs in-folios empilés les uns sur les autres ; ou en trouve de semblables en Sicile, notamment dans le doUre de Montréal.
Les piédestaux les plus ordinaires se composent de plusieurs larmiers en retrait qui s'élèvent plus ou moins au-dessus du sol.
Chapiteaux.
u Xi* et au XIP siècle, les chapiteaux sont extrêmement variés .et d*un grand intérêt.
Un des chapiteauz du XI« siècle les plus simples, et en m^me temps les plus communs, est cduKà, qui se compose seulement de deux
cukmtJLV m u sffcoji.
larges feuilles recourbées en volute ; on le trouve particulièrement dans le nord-ouest et dans le centre de la France.
Les chapiteaux cannelés, ou godronnés, ne sont pas rares non plus d«M le nord-ouest.
On pent voir, page 206, d'autres chapitoaax présumés du XI* siècle.
Sur les bords du Rhin, le chapiteau cubique arrondi en-dessous
est assezconmnn; on le rencontre dans lAOle TAlsace et même audelà de la chaîne des Vosges ; quelq«es*uns sont couverts de moulures d'un beau style (Voir les pages 207 et 208 ).
206 DE CAUMONT. ABéC^.DAIRE D'ARCHEOLOGIE.
cMhrtrr.ivx nrBiQtrj ounksi (nniii^ «rma^iiqui) .
Dei monstres ailés, enlacés par leurs extrémités postérieures, s'élancent vers les angles et mordent des guirlandes qui dessinent le contoar de la coilieille ; de gracieux enlacements couvrent les autres parties du chapiteau. L*abaque est décoré de guirlandes et de palmettea.
Le chapiteau cubique que void , plus large et conséquemment plut lourd que les précédents, vient dePéglise deRosheim (Bas-Rhin), dont nous avons précédemment donné une esquisse (p. 478 )
CN DES CHiPITFAOX DE L'ÉaLISE DK ROSHRiy (B^t-RHn).
L(; chapiteau suivant, qui se trouve au musée du Mans , surmontait Tinp colonne moiioc}lindnque d'un grand diamèlrr, dans une église
ÈRE ROUAIfE SECOIVDAIRB (CHAPITEACX ). 209
qui nVxiste pins ; on y remarque romementation corinthienne du
style roman , très-largement conçue et telle que nous la trouvons quelquefois dani Touest et dans le centre de la France.
210 Dl GAUMORT. ABéciDAIRK O^ARGHtOLOGIB.
Le chapiteau que ooiu figurons ici appartient à ua style ub peu plus a?aQcé, au roman poitevin à fenilles contournées et perlées, dont r Anjou et le Poitou offrent tant d^exemples au XII* siècle.
Parmi les plus riches et les plus élégants que je connaisse se rapportant à ce type, on peut citer les chapiteaux de Pégiise de St- Jean de Parthenay, dont plusieurs m'appartiennent aujourd'hui.
(.H4prreAC mum , da» lk mssék dc mam.
Le magnifique chapiteau suivant, avec ses aigles dont les serres sont mordues par des serpenU, provient de Téglise St-Martin de Nevers ; c'est un des plus élégants que le XII» siècle ait produits.
&BR R03fAN£ SECONDAIRE (CHAPITEAUX). SU
Ces chapiteaux et ceux ifui viennent ensuite appartiennent plus particulièrement an XII* siède ; rornementation végéUle , les enrou-
lements et les galons perlés y dominent : ce sont les plus élégants. Rien de plus remarquable, sous ce rapport, que les trois chapiteaux siii- ¥ant<i, qui appartiennent du roman bourguignon.
iiS DE GADMOIYT. ABéCÉDAIRE ])*ARCHéOLOGIE.
ii»HTF»n iA%i\<i;fi imês nr i\ >nriaoAxv.
On appelle chapiteaux historiés ceox qui offrent des sujets relig^x en bas-relief, comme le suivant, sur lequel on Toit le sacrifice d* Abraham*
Il est, enfiu, une classe de chapiteaux fort intéressants par la bizarrerie
de leurs figures. Ce sont des monstres de différentes formes et dans différentes postures. On a cru découvrir des symboles dans ces divers
2ià DIS GAUMONT. ABéCÉDAIRB D*AIIGHiOLOGIE«
x i h Tgurés, mais j'ai toujours trouvé les explications données un peu
trop conjecturales ponr être ici reproduites : que Tétude continue, et peut-être arrivera-t-on à des interprétations plus satisfaisantes.
Quelques savants pensent que les influences Scandinaves ont dû jouer un rôle dans le système décoratif des X* et XI* siècles, et Tabbé A. Martin avait essayé d'expliquer certaines sculptures au moyen des croyances Scandinaves. M. Hucher, du Mans, foit, de son côté, des recherches dans ce sens ; mais il n'est pas encore temps , je crois, de formuler des principes.
Voûtes.
^\ ARS beaucoup d'églises romanes il n'y avait de voûtes en pierre \/ qu'aux absides : pour le reste, la charpente du toit restait visible ou elle était cachée par un lambris en bois.
Les architectes éprouvaient de la difiiculté à établir les voûtes lorsqu'elles étaient un peu larges. Je connais un très-grand nombre d'églises de celte époque qui n'ont été voûtées qu'aux XIII» , XIV« , XV« siècles, et d'autres qui ne le sont point encore ; mais il est juste de dire que les artistes habiles et hardis surmontèrent heureusement les obstacles. Le moyen qu'ils employèrent Ait de diviser, comme on l'avait fkit anciennement, les voûtes par parties carrées, et de diriger la pression sur des points correspondant à des piliers , des fiJsceaux de colonnes , etc. , etc. , et de former ce que nous appelons des voûtes d*aréie. Plus tard , principalement au XII* siècle , ces voûtes furent consolidées au moyen d'arceaux en pierre de taille, conduits en lignes diagonales.
ÈR£ HOMAN£ SEGOlfDAIRC ( V0UTB8 }. 915
Quoique les architectes aient tiré un grand parti des arceaux croisés pour la consolidation des Toutes, ils ont aussi souvent négligé de s*eo serrir ; beaucoup d*églises du Poitou et de la Saintonge (St-Hilaire et Notre-Dame de Poitiers, St-Eutrope, à Saintes) ne m*ont présenté que des arcs parallèles dans les voûtes cintrées , que M. Willie nomme voûtes en wagon : je pourrais en dire autant de beaucoup d*églises de TAuvergne , du midi de la France, etc., etc.
Les arceaux croisés diagonalement produisent le meilleur effet dans
les voûtes, et Ton peut encore les considérer comme un des éléments
2)Q DE CAU.MO.NT. ADKCfcDAIRE d'aHCHÉOLOGIE.
TOVTU n VioUU M rAlAVU-NOAUL (SAONL-ET-LOUE).
ÈKE ROMAB£ S£C0KDA1R£ (VOITËS). 217
de la déconuion de nos églises ; le phis souTeiH, ik sont taillés en forme de tores on bondina.
A Si-Maurice d'Angers, les arceaux sont couverts d*un chapelet de rosaces», que j*ai retrouvées dans d^autres constructions de la fin du Xn«siècle.
218 DE CAUUONT. ABÉCÉDAIRE d'ARGHÉOLOGIE.
églises loDt je parie, une hauteur presque égale à celle de la grande nef et semble nt avoir été élevées jusque-là pour servir de contreforts à la voûte prii^cipale. Ainsi , dans quelques édifices , la voûte des ailes ou celle des galeries qui les surmontent ne forme qu*un quart de cercle qui vient s'appuyer en arc-boutant sur les murs de la nef, un peu audessous du niveau des impostes de la voûte magistrale.
On ne ])eut méconnaître dans cette dbposition Torigine des arcsboutants, qui jouent un si grand rôle dans Tarchitecture à ogives.
Au centre du transept , où il y avait ordinairement une tour , les voûtes prenaient souvent la force ovoïde, et se rapprochaient plus ou moins des coupoles adoptées en Orient.
Ck>uP0LES. — Une coupole est une voûte qui représente la moitié d'une sphère , et qui , comme une calotte, couvre les diiïérentes parties des nefs, blramept, etc., etc.
Dans une même église , il "^all lit plusieurs coupoles pour couvrir la nef, le transept , le chœur. A St-Front de Périgueux , il y en a cinq ; il y a des églises orientales qui en offrent un nombre plus considérable.
Pour établir ces coupoles arrondies sur des murs dont les divisions devaient toujours offrir des carrés, on plaçait, entre les arcs, des
kll£ ROMAN£ SECONDAIRE (VOUTES £?f COUPOLE). 219
pendeotifi qui étaient disposés de manière à former avec eux , à la