ÈRE ROUANS SECONDAIRE (PONTS BAPTISMAUX
Quelques fonU pédicules sont très-laifes : tel est celui qui existe dans la crypte de St- Kutrope, à Saintes. Ten ai vu d*ane dimension à peu près égale dans le centre de la France.
Au XII* siècle, les fonts pédicules defiennent paribis d^nne grande richesse et portent des moulures très-âégantes sur la partie extérieureMu réserroir et sur celle qui supporte le fût. Le font de Chéreng ( Nord ) est un des plus élégants de cette espèce.
rOKT DE CttÉREHG (kOED).
Les fonu pédicules composés ne diffèrent des précédents que par
312 DE GAUMONT. ABÉCiDAIRB D^ARCHÉOLOGIB.
Taddition de quatre colonnes auxiliaires , supportant les angles de la table.
Nous donnons pour exempte le tet de Vermand, près St-<}iieiitin , décrit par M. Gomart dans le tome XXII du Bulletin monummtoL
€ Le dessus, dit-il, présente une table quadrangulaire dans laquelle se trouve une ouverture hémisphérique de 0"" 80« de diamèire; riiitérieur de la cuvet «^ epausé en forme sphérique à une profondeur de 0" 80«, avec un tnm au fond pour Técoulement des eaux.
rORT BÂPnslIAl DB L*iOUSB DE TERM&HP.
c La partie supérieure du font présente extérieurement une frise, au bas de laquelle quatre chapiteaux, taillés en canaehires dans la même pierre, couronnent quatre colonnettes, aujourd'hui en pierre blandie unie, placées aux quatre angles.
« Ces colonnettes reposent sur un soubassement carré ; de chaque angle sort la tête d*un anfanal, dont les deux corps rampants garnissent les deux côtés du carré.
ÈRIS nOMANS SECONDAIRE ( FONTS BAPTISMAUX). ^3
c Ge« IbDU ont i mHre 5 oeotimètres d« hantaor ; «hafOA pliti»» bande» haate de 30 centimètres» porte 1 mètre i& centimèm» de largeur; elle est diviaée tantôt en trou , tantôt es (puttre ooippartiments» séparéB par des colonnettes cherronnées» •
lie font pédicule composé de ZeddgiMm, prè» Bniges, décrit par Bf. l'abl^é Andries » est sculpté en pieire btee dile de Tenmaf :
c La cnye est portée sur un cylindre, couvert de tores de iSÊÊ^ rentes diioen8i«ns« flio^pié de quatre colonnettm oraées de filets en
YIJI DU rORT BH HiUU DB ZBDILOBIM » ftA» 01 IlliaBf.
spirale. Le tout repose sur un soubassement carré , dont les quatre
3ill DE CAUMOICT. ABÉCÉDAIRE D*ARCHÉOLOOIE«
côtés sont taillés en quarts de rond ornés de tètes de lion. Ce soubassement s'élère de 8 pouces au-dessus du sol.
« On a pratiqué , au centre de la partie supérieure , un réseiroir hémisphérique bordé d*un large cordon dVabcsqnes gracieuses. Les espaces triangulaires compris entre ce cordon et les angles du carré sont garnis de masques symboliques. Peut-être sont-ce là autant de symboles du Démon , contre lequel se prononcent les exordsmes qui précèdent le baptême.
c La cuve est arrondie en-dessous. Les chapiteaux des colonnettes sont ornés de feuilles qui font Toffioe de consoles , et au moyen desquelles le passage de la forme cylindrique à la forme carrée est rendu moins brusque. L*épaisseur de la table quadrangulaire forme une frise ou bande sur chaque fiice ; des bas-relie6 existent sur ces quatre bandes.
c Les sculptures de ces bas-reliefe représentent divers épisodes de la vie de saint Nicolas» évêque de Myre, en Lycie. >
Dans les fonts pentagonaux , le pédicule est souvent formé de plusieurs colonnettes groupées, taillées dans la même pierre, et Texté-
rOHT rBITAIMHUl M ClBOWe ( CAltADM ).
rieur est pcntogonal au lieu d'être carré ; mais les excmpMs^en sont rares. Les fonts à caryatides sont composés d'une grande coupe hé-
ftBB BOMARB SBCORDAIRB (TOMBBAIIZ). 315
misphériqae, poilée par quatre personnages en pied (Usant Toffloe de caryatides. Deux de œs personnages ont ordinairement la fece toomée Ters le résenroîr et le soutiennent avec effort de leurs mains , en même temps quils Tappuient sur leur poitrine et sur leurs cuisses. Les deux autres tournent le dos à Teau baptismale ; leurs mains élerées viennent s*appuyer sur ks bords de la piscine qu'ils portent sur leurs reins.
Les fimts de cette espèce que f ai tus sont en granité et taillés dans le même bloc*
Les fonts tabulaires à réservoir rectangle ont la firarme d'un carré long, et le résenrobr, au lieu d'être arrondi comme tous les autres, est lui-même carré. Tel est le ftmt tabulaire placé dans letransept nord de la cathédrale d'Amiens. Il est êleré sur cinq supports, dont quatre sont disposés aux angles et un au milieu. Le résenroîr, d'un seul morceau en pierre de liais , a hors œu?re 7 pieds S pouces sur 3 pieds 10 pouces ; il porte, à chacun de ses angles, une figure de prophète et présente l'image d'une table allongée.
Biainias. — > Les bénitiers ont souvent a£Eecté la forme des fonts baptismaux durant la période romane secondaire, quand ils ont été isolés. Ceux qui en diffèrent ont été accolés aux murs près des portes d'entrée des églises.
SépultureB et Tombeaux.
LA forme des cercueils ou des tombeaus non apparents a été à peu près la même depuis le XI* siècle jusqu'au XVI*. Quelquefob, à partir du XII* siècle surtout , on remarque à l'intérieur un espace I circulaire pour receroh* la tête.
Quelquefois aussi la place de la tête est indiquée par deux arêtes en pierre , ménagées à l'eitrémité du coffre. Le couTcrcle est tantôt plat, tantôt prismatique.
Outre l'eau bénite , on plaçait dans le cercueil des pots remplis de charbon , dans lesquels on
brûlait de l'encens ; ces pots étaient
percés de petits trous sur la panse, pour que le charbon eût de l'air et que la combustion pût durer le temps nécessaire.
di6
DB CAUIIOIfT« ABéttiOAIKK D^ARCBéOL^ClC.
Tai ea roeeaiioii 4*«bserfcr os atseï iranA nonbre de oe« fases, dont void te fvM te |te kabilKrilew Qad^{MtHW,de^^ ordiatisM ds te vte» «st été aodéflBtdtement convertis enrcMsoteties, quaadtepeite de quelque pwnt a iMi diM te aéceMité d^enagir alnBib Leur nomteK, daas leasépulUret, vaiie ea général de an à qoatfe: quand il y ea a quatve, Hs sont soarent placés éwt angle» du eeraielL
Cet usage existait très-certainement au XII* siècle et probablement longtemps auparavant. On place , dit G. Durand , de Venctns près du cadavre pour combattre les mauvaises odeurs qu'il exhale ; cet encens est aussi le symbole des bonnes œuvres , qui sont pour le défunt une recommandation puissante auprès de Dieu,
Depuis quelques années, M. Pabbé Cochet a publié le rtsultat de recherches étendues sur les sépultures, et n» mémoh« de cet auteur , imprimé dans le tonte XXII d« Bulterin momtmenfaf, sera hr avec pfbtt.
Champs de sépultcbe bbmplis de cbbcdbils en piebbb. — Dans le Poitou, la Saintonge, la Champagne et plusieurs autres contrées, on voit des espaces considérables , au-delà de Tenceinte actuelle des cimetières» qui sont en quelque sorte pavés de cercueils en pierra: les couvercles de eeux-ci se montrent partout à rase terre, et rien n*esL plus sainsBant que ces tombeaux disposés en lignet parallèles , fornuintf 8*ilest permis de parler ainsi, d'immenses batailteoi.
On a porté à 30,00« le nooÉue des cercueila de ptena obiarvés dans des cimetières ruraux antiques; mais il est yrai de dire que ces inhumaHeas |remontaient, ea parâe» à de» temps aaté-
ÉRI KOMANB SBOORDAIRB ( TOVBBAUX )• 3f7
rtan «u Xi* lièole, et «s partie ft ém siècles postérieurs.
Les mêmes AU» fi fitsentent partout.
Dans quelques ^'OTUfito, on ayait inhumé plusieurs mnnhm de la même femille :
c^est, au moins, ee que fai conclu de la présence dedem et quelquefois de trois têtes réunies. Dans plusieurs sépultures, la tête de cdvà qui avait été inhumé le premier arait m ramenée Ters les pieds pour foire plaee au second.
Dès Tannée 1980, j*ai donné des détails assez étendus sur les cimetières dans le
VI* volume de vmb Cours tt antiquités. ^
Fanaux. — Les fanaux sont des co- £
lonnes creusas» mades ou carrées, ayant g
au sommet piusicws oaveftnres dans lesquelles on wlielaMdt, au moyen<âge (Xll* et XIII* sièdii surtout), des lampes
allumées auMffieu des grands cimetières. f
J*ai décril Ains le VI* volume de mon i
Cours, pfcs S24 et suiv. , plusieurs mo- g
numenliée ce genre. Il parait que tous f
les faoMVi 4t cimetière avaient, à leur ^
bast^ mtk mtl^ orienté, où Ton disait la aM9# lors des inhumations. La lampe servie % Mièrer , la nuit, les convois mortuaires qui venaient de loin, et qui pouvaient bien ne pas toujours arrlrer avant la fin du jovr ( Voir ce que fai dit, à ee svget, ^ns le t VI de mon Cour»}^}.
ParmA les pkas-beangi fBttMS # dm»' lîère leoMMiUiit au XII* siècle, on peut cNtr cdoi de Feamix ( Gliarenle*
(i) Depuit que j*M le premier ngiuilé et décrit let Hukaiu de âmetièMk pin- •îeun Autiqaairett'en lont occupés, nolammeot WL de Chatteigner , Teiier,
318 DE GAUMOHT. ABÉGÉDAIRB D'ARCHÉOLOOII.
InlSMeare), figuré dans mon Cours^ pL LXXXVII, n'' S ;oeliiide Gellefroin (Charente) ; ceaz de Gircn (Indre), de FeUetin (Greose), de Parigné-l*Évèque ( Sarthe) , de Joometf etc.* etc. , etc.
Qnelcpielbis les fenanx ont été remplacés par des chapelles sépulcrales, surmontées d*une colonne creuse et d*un &naU
Les chapelles sépulcrales et les lanternes des morts ont donc été établies dans un même but. g
Le fanal allumé, sinon tou- 3
jours , au moins dans certaines Z
occasions au sommet des co- «T
lonnes, était encore une sorte ^
d*hommage rendu à la mé- 3
moire des morts , un signal S
rappelant aux passants la pré- |
sence des trépassés et réclamant leurs prières pour eux. M. Lecointre-Dupont , de Poitiers , remarque que les colonnes ou fanaux se rencontraient particulièrement dans les cimetières qui bordaient les chemins de grande communication , ou qui étaient dans des lieux très-fréquentés.
TOMBEAUX APPAmiTS. — Lcs tombcaux apparents n*appartiemient qu'à des notabilités de Tépoque à laquelle ils forent érigés*
Gomme il AUlait éviter d'encombrer les églises, on les plaça souTent sous des arcades pratiquées dans Tépaisieur des murs, à Fintérieur et quelquefois à Textérieur, dans les cloîtres , les salles capitulaires, etc.; un petit nombre de tombeaux furent isolés dans les cryptes, les églises ou les chapelles.
de LavillegiUc et Leooiotra>Doponl , membret de U Société frtnçaiie d'archéologie pour la coatervaiion dcf monuments.
ÈRE ROMÂNB SBGONDAIRB (TOMBEÂDX )• 319
Les tombeaux placés dans répaisseor des mors, sous des arcades, reposent, tantôt sur un soubassement en pierre détaille, tantôt sur des colonnes cylindriques ou sur des espèces de chantiers. Le cou- Tercle , quelquefois plat , est aussi parfois de forme prismatique ou triangulaire imitant la disposition d'un toit à double égout.
J'ai figuré, dans mon Cours d'antiquités et décrit (t. VI , p. 857 et suivantes ), deux tombes arquées très-remarquables : Tune à l'extérieur du transept sud de Téglise de St-Hilaire de Poitiers et datant du XI* siècle; l'autre dans le transept nord de l'église d'Airvault (Deux-Sèms).
Quand les cercueik étaient complets et hors terre, ils étaient portés assez souvent par de petites colonnes courtes ou par des piliers, et élevés ainsi au-dessus du pavé. Tai figuré, dans l'atlas de mon Cours d'antiquités, pL C, deux cercueils semblables qui se voient dans la crypte de St-Maixent. L'un est celui du patron de la ville (saint Maixent); l'autre, celui de saint Léger , évéque d'Autun, dont les restes avaient été apportés de Bourgogne.
TOMBBAV iTAii ATBC COOTESCLE PUlHAnQVB A BOOTf 1ABATTU8.
Les tombeaux isolés et portés sur des tables de pierre élevées , comme le précédent, sur des colonnettes ou sur des espèces de chantiers (car ces deux genres de supports ont été indUKremment en usaige}, peuvent ofiir un évasement considérable de la base à Touverture,
3S0 DE CAUMOIIT* ABiCÉDÂIRB D^RCHiOLOGIE.
ÛCJOMJÛOètt h. wl'lll6f y
vfBc te eoufercte prfah ntttiiiiie à boots rabsttns, te figate iPvok prisme pentagooa] taillé en bisesu.
Au xn« siècle, les tombeaiix se couTiireDt d*iiii plus gnnd nombre de moulures; les arcades sous lesquelles s'abritèreot ceux qui étaient incrustés dans les murailles furent bordées d^archivoltes plus riche- ^
ment sculptées; lecer- g
cueil lui-même fut quel- é
quefois renfermé dans f
une espèce de chftsse en Z
pierre couverte de mou- S
lures. Nous pouvons ci- 3
ter , pour exemple de ce |
progrès, le magnifique »
tombées dont on voit les débris parfaitement conservés dans Tégiîse ;de S Souvigny, et celai de saint Junien ( Haute- Vienne ) t auquel nous avons déjà emprunté Fimage de la Sainte Vieige entourée de Tauréole elliptique (p. 35S) : sur les deux fàœs latérales de ce tombeau, on voit dans des nîdies vingt-
tées en hant-nlit^ et repréMMSAt des vieflhurds. Os sent rangés tvois à
,tMlHdowBed«€M'de la neige, tHéemae du cMé opposé; ils sont
buiMt, assis 9» ém ttèam et drapés Ans de riebes vêtements. Le
ÈRE ROMANE SECONDAIRE (TOMBEAOX). 32i
nimbe, attribut de la sainteté, se montre derrière leurs têtes; des couronnes entourent leurs fronts : ils tiennent d*Qiie main une coupe an cou allongée ; de Tantre une cithare.
Du reste, les petites arcatures qui les ren« ferment sont décorées ayec tout le luxe du style roman fleuri :
Fart byzantin a déployé toutes les richesses de son ornementation capricieuse, au-dessus des arcs, sur les chapiteaux des oo- Vmnettes , sur les fùls surtout qui sont tour à tour losanges, cannelés en spirale, imbriqués, dierronnés , contrechenronnés, chaigés d*étd]es , d*entrelac8 et d*enroulements.
Voiciresquissed'une arcade tumulaire en saillie portée sur deux cdlonnesreposant ellesmèmes sur des lions, le long du mur méridional dans la cathédrale deTrères; elle recouvre la tonbe du cardinal Ito y mort en ilA2 ; TarehiTolle est garnie de rinceaux bien fouil-
1^ f4}. TOMUAO DiM L4 CATliOBJai M TsàTIS.
(i) Le pa?é de TégliM, ayant été eihauMé, cache une partie de la tombe qai forme le lODbastement det coloonea. 2i
3S2 DE CADMONT* ABÉCÉDAIRE d'aRGHÉOLOGIE.
V Je présente, comme spécimen des moulures exécutées sur les oercuefls, une pierre tumulaire portée , à ses extrémités, sur deux chantiers décorés en avant de trois colonnettes , qui se trouvait dans le doltre de Nouaillé, à trois lieues de Poitiers.
Le toit était orné de feuillages et de quatre rosaces ; les extrémités, de la figure d'une croix. Une inscription gravée sur le fidte attestait que le tombeau était celui d'un prieur nommé Guillaume. Il devait être de la fin du Xlf siècle.
Le Poitou , la Saintonge et les contrées voisines ont été riclies en tombeaux de ce genre au XII* siècle, et la forme s'en est perpétuée jusqu^à nos jours, puisqu'on voit partout de nombreuses pierres delà même forme sans sculptures, et certainement peu anciennes, portées sur des supports ou chantiers.
Tai remarqué, au musée de Niort, un tombeau fort intéressant, de la même forme. Ce tombeau , sculpté des deux côtés , devait conséquemment être isolé et non, comme beaucoup d'autres, adossé à un mur ou placé sous une arcade ; les sculptures qui le recouvrent représentent une chasse. Ainsi ^ d'un côté, un homme à cheval, le &ucon sur le poing et précédé d'un quadrupède, entre dans une forêt figurée par des feuillages et des entrelacements perlés, au milieu desquels un chasseur à pied tient son arc bandé pour percer un animal (V. la p. S2d); de l'autre, un chien suivi d'un personnage à cheval , qui parait être une femme , poursuit des quadrupèdes et des oiseaux qui se dirigent vers un engin carré, surveillé par un homme placé en arrière et prêt à se saisir des oiseaux , à mesure qu'ils seront pris dans le piège. Ceci rappelle la chasse aux ramiers dans les Pyrénées* Les extrémités du tombeau sont ornées d'une croix grecque et de
ftBS ROMARK 8BC0NDAIRB (TOMBBAUX).
32/i DB CAUUONT. ABéCÉDAIRK D*ARCh£0L06IK.
f^itUages garnis de pcries» Il n'esl pas douteux que ce n^appartieime au XII* siècle ; on n*a pas de renseignements sur le pci^
TVB DBS nniMITis DO TOMBEAU.
sonna^e qu*il recouvrait, et, comme on Ta apporté du cfaftteaude Javarsay, il avait déjà été déplacé, car il avait dû être érigé primitivement dans une chapelle ou une église.
Il eaiste au musée de La Rochelle un tombeau encore plus curieut, peut-être : il était porté par sii cokmnettes ( trois en avantt trob en arrière), lesquelles reposaient sur trois lions qui, eux-mêmes» se trouvatent sur un soubassement &it en pierre de Saintonge (pierre de Gratannes), comme le reste du monument.
ÈRE ROHAIfl SECONDAIRE ( TOUBEADX ).
326 DB GAUUONT. ÂBÉCiDAIRS D*ARCH£0L0G1B.
La pierre tumulaire, de forme prismatique, a i mètre 95 centimèlres de loDgneur sur une largeur de 55 centimètres à la tète, et de 50 centimètres seulement aux pieds. Ce sarcophage parait aToir été adossé k un mur , la tète à rOcddent et les pieds à TOrient. Cette dispositioa explique pourquoi les sculptures qui le décorent n*ont été placées que sur un des pans inclinés et aux pieds.
Les ornements, sculptés en relief, consistent en une espèce de fleuron, une croix grecque ancrée avec un chapelet de perles au milieu, une palme perlée et un maetbau; U n*y a aucune trace d'inscription. Au-dessous du toit existe une bordure, ornée de dnq palmettes perlées auxquelles succèdent des feuillages. Aux pieds, on Toit un feuillage à sept branches dont le dessin rappelle celui de la bordure.
L'unÉHITÉ DO TOHBBAO ntOtÉB ATAUT L'ElLèTBHtllT Dit COUmHRTa,
Les odlooneUes, hautes de M centimètres, sont octogones. La base présente un cône tronqué, et le chapiteau une corbeille; le lût est
fenE ROMAXK SLCO.NDAIRK (TOilBEAUX). 3î27
droit sans renflement. Les lions sont couchés et comme affaissés sous le poids quMls supportent. Les dalles du soubassement offrent , pour toutes moulures , un chanfirein et un socle. On croit que ce monument a été élevé à la mémoire d'un fondateur d'église , qui était à la fois architecte et ecclésiastique : les ornements gravés sur une des fiices le font supposer. Ce tombeau a été décrit par M. Menut, de La Rochelle, membre de la Société française d'archéologie.
Ce fbt au XII* siècle que Ton commença à sculpter la statue du défunt sur quelques tombeaux : les statues de Richard-Cœur-de Lion, de Henry II et de sa femme, qui existent à Fontevrault sont couvertes de peintures qui relèvent les draperies de leurs costumes. Ce sont les statues tombales du XII* siècle les plus curieuses que je puisse citer.
If i?
TÊTES DU STATtES SCULPT£e8 SDR LES TOMBEAOX DE FONTETBAIIIT.
Quelques tombeaux, qui sortaient de la classe ordinaire,étaienl revêtus de plaques d'argent ou de cuivre émaillé : tel était le magnifique tombeau de Henri I*' , 9« comte de Champagne , qui existait autrefois dans l'église St-Étienne de Troyes et dont j'ai publié une esquisse (pi Cbisée l'Atlas de mon Cours d* antiquités). La statue était abritée sous un monument en forme d'autel, dont chaque face était percée de quatre arcades à jour, formant balustrade et laissant voir la statue. Ces arcades étaient subdivisées chacune en deux cintres par une colonne ; des anges remplissaient les intervalles compris entre les archivoltes des arcades ; enfin, l'entablement et le soubassement étaient complètement couverts de moulures et de broderies, de la plus grande richesse.
328 DE GAUMONT. AB£cAdAIRE O^ARCHÉOLOGIE.
RRK ROaiAN£ SECONDAIRE (PIERRES TOMBALES), 329
lierres tombales .
LES pierres tonlHiles sont de grandes dalles, (Md]iiaireinentd*«n seul morceau , recouvrant les cercueils enterrés sous le pavé ées églises. Les pierres tombales font conséquemment partie de ce même pavé et ne peuvent être confondues avec les tombeaui apparents précédemment décrits: elles doivent former une classe à part dans les monuaeuts funéraires.
il nous reste à peine quelques pierres tombales du Xll* siècle , parce qu*elles ont été usées par les chaussures des Gdèles qui ont, chaque jour, circulé dans les églises depuis cette époque : je crois aussi que ce fot principalement au XII* siècle que les pierres tombales historiées devinrent communes.
Ces pierres reçurent , au XII* siècle, des moulures en creux et parfois des ornements en méplat (entrelacs , zigzags , losanges , atrix , etc. , etc. ;.
Dans Vatrium qui précède à Touest Téglise S^*- If arie-du-Gapitole , à Cologne, j*ai vu plusieurs pierres tombales qui ont été déposées là, après avoir été enlevées soit de Téglise, soit du doitre qui en est tout près : plusieurs de ces tombes offrent des dessins géométriques qui rappellent ceux de certames mosaïques gaUo-romaines ; voici Tesquisse d'une de ces pierres.
Nous donnons (p. 930) la belle pierre sculptée du tombeau de Constantin de Melle, dans; le transept sud de Téglise de St-Hilaire, à Poitiers, en faisant observer pourtant que Ton pourrait regarder cette dalle coouDe n'appartenant pas aux pierres tombales, parce qu'elle est abritée sous une arcade.
330 DK CAUMO!<iT. ABÉCi^.DAIRË i/aRCHKOLOGIE.
PIEBU TOMBALE M CORRAnmi Dl MILLE , A POITIEU.