‹ Abécédaire ou rudiment d'archélogieChapitre 53 sur 128 · STYLE OGIVAL PRIMITIF ( ICOOGRAPHIE · texte numérisé non relu

STYLE OGIVAL PRIMITIF ( ICOOGRAPHIE

servant de monture à la courtisane, qui lui t mis une selle et une bride.

Le sens moral est bien fadJe à découvrir. Le sculpteur a voulu démontrer que Cimpureté ra-^ iHâêse V homme Jusqu'à la brute, et que les honmies les plus sages et les plus vertueux doivent être en garde contre leurs passions.

On trou veaussi au XIII* S

siècle, comme au XII% des g

représentations d'animaux |

symboliques. -S

Ainsi, à Sens, on voit ^

dans le soubassement du m

grand portail, Téléphant ^

portant une tour, emblème |

de la force et de la patience; a

le coq, emblème de la vigi- 3

ldnce,et d'autres animaux S

dont on trouverait facile- |

ment le sens mystique en |

sereportantaux^esd'airej ^ publiés et commentés par MM. Martin, Cahier, Hippeau, etc., etc.

On voit qu'il ikut une étude attentive des sujets pour reconnaître leurs attributs ; mais il devient fiicile de les interpréter, quand on a étudié un certain nombre de grandes façades historiées ^ ,^j

d'église*

&00 DE CAOMOIIT. ABécéDAIRE D'ARCHÉOLOGIE.

Je ni*aiTéte : il me suffit d'avoir indiqué la marche et dléles ouîraget où l*on pourra puiser des connaissances iconographiques plus étendues.

Pavagre des égrlises.

Oi les pavés étaient quelquefois simples tu XIII* siède, souvent t^ aussi ils étaient riches et variés ; il en reste asseï de beaux dâiris pour que nous puissions rétablir, par la pensée , dans leur entier ces parquets de nos grandes églises.

La mosaïque, employée souvent au pavage des églises mérovingiennes et carlovingiennes, ne devait pas persister au-delà du règne de Tarchitecture romane : on en avait ftiit usage encore au XI* et au XII* siècle. Nous avons à Cruas, dans le sanctuaire de Téglise, un bel exemple de remploi de la mosaïque au XI* siècle. On a retrouvé, dans beaucoup d*églises des XI* et XII* siècles^ des débris qui attestent qu'elles ont eu des pavés semblables dans Torigine.

Mais, à partir du XIII* siècle, on y renonça à peu près généralement en France. Alors on employa partout les dalles de pierre et les carreaux de terre cuite.

Ce Alt aussi à cette époque que les pierres tombales se multiplièrent et qu'elles étalèrent leurs dessins plus ou moins compliqués, encadrant la figure du défunt gravée au trait.

liais nous nous occuperons de ces dalles en parlant des tombeaux. Pour nous borner aux types les plus habituels des pavés proprement dits, je vais présenter quelques carreaux de terre cuite émaiDée. Les figures dont ils sont ornés se trouvent sur un grand nombre de carreaux de même espèce, tirés de localités diverses. Les diâleaux armoriés de Castille, par exemple, qu'on distingue sur le premier et le deuxlèane des carreaux figurés page 501, sont très-fréquemment reprodnitt sur ces pavés comme sur les bordures des vitraux du Xin* siède. Du reste, les carreaux sont assex variés, ils portent souvent des armoifies, des figures d'animaux, etc., etc.

ie me borne à en présenter quelques spécimens dans les pages ^ vont suivre.

STYLE OGIVAL PRIMITIF ( TWAGESl

PAtéi FR nuE CUITE inkinU.

502 DE CAUMONT. AOéCÉUAIRB D*ARGHÉ0L0OIB,

A Tabbaye de la Chalade (Meose), les carreaux émaillés sont agencés quatre par quatre et ont 10 centimètres sur quatre &ces : ils présentent

PAVés Jty TCBRE CDITE DR l'ABBATE DE LA QIALADE ( MEOSE ).

des dessins en général circulaires. Les fonds sont rouges et les dessins jaunes. On en trouve une centaine dans le transept septentrional.

On formait quelquefois, par la réunion de ces carreaux en terre cuite, de belles rosaces dont TefTet se mariait au reflet des vitraux.

Celle qui suit a été dessinée, dans une église de ChampagnCi par M. de Barthélémy : elle offre une charmante bordure d^animaux grotesques, disposés en guise de rinceaux.

STTLK OGIVAL PfllMlTIF PAVAGES). 503

Le plus magnifique pavé de ce genre que je puisse signaler est celui de St-Pierre-sur-Di?e (Calvados).

Les cerls passant, les (leurs de lis, les aigles à deux têtes, les lions, les chimères forment romemeutttion principale des^carreaux , avec des Teuillages, des fleurons et d'autres figures d^un très-beau style.

bO!x

Ab»trac|ioD faite des larges bandes en pierre calcaire blanche» qui diviie

lUirr-nCEIE-SCK-DITE (CALTJlDOS),

rosace ea quatre partie^et qui «ont iDdiquée* ici p^r de amples Ugneii

506 DE CAaMOflT. ABiCÉDAIRB D'ARCIliOLOGIB.

Denx couleurs existent dans la rosace de St-Pierre-sur-DiTe : le Jaune et le noir ; les 6gures sont jaunes sur fond noir, noires sur fond Jaune, et Ton a disposé ayec intention ces oppositions de teintes pour varier Teifet des mêmes formes dans les rangs circulaires concentriques. Ainsi, les carreaux dont les fonds sont de diverses nuances alternaient entre eux, ce que M. Victor Petit a essayé d*indiquer dans le dessin précédent, en ombrant les fonds de couleur brune et détachant en clair les fonds jaunes ; seulement cette alternance n*est pas régulière partout à présent, et cela tient sans doute aux dérangements qui ont eu lieu lors du remaniement des pièces quand le pavé a été réparé.

Pour le jaune, on a étendu sous la couverte de plomb une couche mince de terre blanche formant transparent, qui , après Tusure de Témail, a persisté sur beaucoup de pavés; pour le noir, le transparent est une terre qui se détache de la pâte de la brique, quand on la regarde à l'aided'une cassure, et qui très-certainement a été appliquée après coup»

La rosace est coupée en quatre parties égales par deux bandes en pierre calcaire : Tune dans l*a\e du chœur, Pautre perpendiculaire à cet axe et dont l'intersection occupe le centre du cercle (V. la figure, p. 50a).

La rosace était au milieu d'un carré de pavés émaillés. On retrouve.

SPÉaMETI DES C4BlEAtX D'CN DCf COMPAETlMEKTS DD PATK ENCADRAM LA KO«ACE DE tAlNT-PICAEE-SUll-DlVB.

dans les pavés qui composent cel encadrement, à peu près les mêmes

STYLE OGlVAIi PRIMITIF (PAfAGIS). 507

sujets qae ceux de la rosace r ainsi , des lions, des fleurs de lisi des cercles entrelacés ornés de di- ▼erses figures dans leurs intersections» des chimères, des aiglea à deux tètes (V. la figure, p. 506), sV retroQTentavec quelcfues autres ornements (1).

Des efligies de personnages marquants ont été également formées au moyen de carreaux en terre cuite» L*image que Toici se composait, à l*abbaye de Fontenay près Caen, de 13 morceaux de brique ayant chacun 8 pouces en carré :

elle représentait un chevalier, armé

de son épée et vêtu de sa cotte

d^armes et de sa jaque de

mailles.

On yoit« au musée d'Avranches,

quelques pièces d^un tombeau de

ce genre tiré des ruines de Tab-

baye de Hambie, diocèse de Cou-

tances : cette tombe avait feit saillie

sur le pavé, et les bords taillés en

biseau portaient une inscription

peinte en émail.

Après les pavés de terre cuite,

on peut citer les dalles historiées

comme on en rencontre encore

dans quelques églises du nord de

la France : ce sont de grandes

dalles avec des dessins en basrelief très-peu saillants, qui se

détachent sur un fond rempli par

un mortier de couleur.

Les dalles principales, qui avaien^

(1) Depuis que nous TaTOus signalé, M. Ramé a examioé arec le plus grand soin et décrit, dans les Amudei arekiologiqtus, le pavé de St-Pierre-»ur>Dive.

508 DE OADMORT. ABÈCéDAlRB d'aRCHÉOLOGIE.

eu pour but de paver artistement lechœurderéj^lisedeSt-Omer, étaient entourées de pierres travaillées de la sorte et offrant une grande variété d*omements : on y volt des éléphants, des animaux semblables à œox que Ton sculptait sur les chapiteaux, des rosaces et autres sujets. Les pierres principales ou grandes dalles, qui s'encadraient au milieu de ces curieux parquets historiés, portaient, quelques-unes au moîna, des inscriptions prouvant qu'elles avaient été ofEntes à Tégliae de St-Omer, en Thonneur du patron de la rille, par de puissants et généreux bourgeois. M. Hermant, dans un mémoire publié par la Société des Antiquaires de la Morinie, prouve que les donateurs vivaient au XIll* siècle (vers Tannée 1360). On voyait» entre autres sujets, sur les dalles de St-Omer, les arts libéraux que Ton trouve sou-

U M08IQCC, BEPBÉSE>TéE »0A ON DES fk\it DE SAIM-OMEK.

vent en bavrelier sur les portails, notamment la Musique, figurée par un personnage assis, pinçant des deux mains un instrument à cordes. On doit attacher d*autant plus d'importance à ces magnifiques pavés , qu'ils complètent le système d'omemenlalion de nos égUscs. Ainsi, les peintures aux murs et aux voûtes, les fenêtres en vitraux de couleur, et enfin les pavés émaillés, comme à St-Pierre-sui^Dive , et les dallei

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