PORTES FERRÉES. — VASES SACRES
TISSUS.^PALEOGRAPHIE MURALE,
DVaANT LA PIlMlftll PillODB OOITALl.
Autels.
I P is auteb du XIII* siècle ont des caractères qui peuvent être hi- U diqués en quelques mots.
FoiME BT DISPOSITION DBS AUTELS.— Cc fuient, commc auparavant, des tables en pierre portées sur des colonnettes et des arcades détachées, quelquefois des massife garnis d*arcatures sur le devant
Ils se distinguent des autels romans par les formes et les moulures du style ogival, et souvent aussi parce qu*ils sont plus larges et coBBéqutmment moins carrés que dans les XI* et XII* siècles.
Je donne ci-après Tesquisse d*un autel que je crois de la fin du XIII* siècle, et qui existe dans Téglise de Norrey, près Gaen, vraisemblablement de la même époque. La table repose sur un massif triangulaire et en avant sur trois colonnettes, dont deux sont complètement
(i) Si OQ cUiM let mttièret traitées ptr VilUrd de HoDDecourt raivant les faits diiféreDts auxquels ellas m rattachent, on peut établir les dirisions suivantes : l" Mécanique ; 2* Géométrie et Trigonométrie pratiques ; 9* Coupe des pierres et Maçonnerie ; 4* Charpente ; S* Dessin d*architecture ; 6* Desin «romement ; 7* Dessin de figures ; •* Objets d'ameublement ; 9* Matières étrangères à Tarchitecture.
STYLE 06IVAL PBIMJTIP (ADTIU). 52$t
ilèf «fites ; trob trous pniUquéi dans Tépalsseur de la table de pierre, au-deiMis des chapiteaux des colonnes , ont peut-être renfenné des re-
4RBL DO Xin* tÙat, A MRBR (Ci&TAMt).
Uques ; je n*en ai point remarqué de traces à Nomy , mais ailleun les reliques de consécration sont incrustées dans des trous
rai dessiné, au fiwd de la Sainte-Chapelle de St-denner, un autel du Xin* siècle, porté sur des arcs trilobés très-légers et dont Tintérieur présente une cavité dans laquelle on pouvait placer une cbàHe. rignore si jamais il en a été ainsi, mais cette galerie k daiie-voie servant de support à la table peut donner lieu à cette supposition ; et, d*ailleurs, on sait que beaucoup d'autels étaient creux comme celni-ei et qu'ils renfennaient des rdiques : la largeur de cet autel est à peu près de S" (!• 98), la profondeur de i", la hauteur de 0» 97.
Quelques tables d'autels étaient portées, aux deux extrémités, sur des jambages en pierre flUsant l'office de chantiers, et le centre offrait
530 DK CAUMOfIT. ABéCÉDAIRB D^ARCHÉOLOGIB.
une Taste ca^îté dans laquelle on pouvait déposer des chftsaéS'et des reliques. Ces jambages étaient quelquefois décorés de colonnetté^ taillées dans la pierre même.
On vit aussi aux XIII* et XIV* sièdes des auteb massife, soit unis, soit garnis d'arcatures et semblables, sauf le style des cokmnes et des ornements, à celui que f ai figuré en parlant des autds du XII* siècle ; mais il est bon de remarquer que plusieurs de ces aut^ étaient creux dans Torigine et n*ont été remplis que dans la suite.
Les tables d*autel établies au XIII* siècle n'ont jamais été bordées d'un bourrelet saillant comme celles des autek anciens dont il a été question (p. A2) et qui peuvent avoir été imités au XI* siècle.
D'après des peintures anciennes et des documents certains, quelques autels du Xni* siècle étaient revêtus de plaques métalliques émaillées , et nous avons déjà vu que dans les siècles précédents on faisait des revêtements d*autel en métal et mênie en or : tel était Tautel deBâIe, dont j'ai fait mention p. 300.
Accessoires des autels. — Sur la plupart des autels des XIII* et XI Y* siècles, il n*y avait pas de tabernacle pour recevoir les bosties: TRucharistie se conservait dans des vases faits, les uns en forme de colombes, les autres en forme de tours, qui étaient tantôt suspendus , tantôt renfermés dans des armoires placées à côté de Tautel, dans b muraille. On les confond souvent avec les crédences , dont il va être question plus loin.
Il parait que ces deux modes de conservation étaient indifféremment usités : Odon Rigaud , archevêque de Rouen , prescrivit dans une de ses visites (1266) au prieur de Bohon (Manche), d'adopter Tun ou Tautre : Rogavimus priori ut corpns Domini faeeret et procurartt reponi in aliquo vasi pixide vel hujus modit in aiiquo ioco cêUbri €t eminente , supra altarb vbl juxta.
Les images placées sur Tautel ont été extrêmement rares avant le XIII* siècle ; il ne fiiut pas confondre avec celles-d les peintures qui décoraient les murs de l'abside et dont parlent les écrivains.
L'abbé Thiers, savant liturgiste, pense qu'avant le XII* siècle on suspendait bien des guirlandes et des couronnes de fleun autour et au-dessus des autels et sur les murs, mais qu'on n'en dépotait point sur la table même de l'autel.
Il n'y eut pns non pins de conlre-rétables avant le XIII* siècle ,
STTLB OGIVAL PRIIIITIP ( AUTELS ). 531
et ceux que Ton yit alors dans quelques églises lurent très4MSy ornés de petites figures sculptées, disposées sur une seule ligne et représentant des traits de TÉcriture sainte ou de la ?ie de J.-C Lorsque les autels étaient adossés à un mur, le rétable poufait être décoré de feuillages et de broderies sculptées.
Un grand nombre d*autels étaient encore , au XIII* siècle , en* tourés de voiles ou d*étoffes suspendues comme des rideaux et pouvant glisser sur des tringles.
On voyait parfois , en arrière de Tautel, des châsses contenant des reliques, ou même le cercueil en pierre qui renfermait les restes d*un saint vénéré ( St-Menoux ( Allier) , St-Junien ( Haute-Vienne) , etc. , etc., etc. ). On peut se rendre compte de cette disposition dans plusieurs églises, notamment dans celle de Valcabrère, près St-Bertrand de Comminges , dont j'ai donné la description dans le BuUeiin mo» numental,
A Valcabrère, le sarcophage était élevé sur une voûte sous laquelle on pouvait passer. Un escalier permettait de monter sur la voûte*
Diverses peintures anciennes montrent, derrière Fautel, un baldaquin abritant une chàsne , élevée de manière à être aperçue des a§6istants.
C'était toujours eu arrière de la table de raiitel que se trouvaient les rdiquaires et les tombeaux.
Quelques autels avaient de riches parements en étoffes précieuses , qui pouvaient être changés suivant les lètes.
Je n'ai pas besoin d'indiquer la place des autels : pour les chapelles, elle n'est pas douteuse ; il n'y a que celle de l'autel magistral du chœur qui ait donné lieu à discussion. M. Caltois , membre de l'Institut des provinces , pense qu'il était le plus ordinairement placé à l'entrée du chœur , au lieu d'être à l'extrémité*
Il pense que la tour qui s'élevait le plus souvent entre chœur et nef, sur le transept, dans les grandes églises, avait pour but principal d'nidiquer en dehors la place de l'autel et du ciborium dans lequel on conservait les saintes espèces.
532 DE CAUMONT. ABteÉOAlRE D'ARCUàOLOGIE.
Orédenoee.
^1 les crédences mmiC l(^ extrêmement rares au XII* siècle ( V. la p. 803), on les rencontre partout au XIII* ; c'est donc à cette époque qu'il faut, eu général , foire itïmonter les
plus anciennes de celles z-
qui nous restent. f
Toutes les cha|)elles des s
grandes églises en sont ^
pourvues, quelques-unes r
en ont plusieurs, disposées '
ik droite et à gauche de *
Pautel. Elles sont ordinal- 2
remenl divisées, dans la
hauteur, par une tablette z
horizontale en pierre sur «
hiquelle on pou\'ait déposer des vases sacrés, et au-dessous est la cuvette ou piscine percée d'un trou pour l'écoulement de
l'eau, conformément à la
prescription du pape Léon IV (V. la page 303).
Les crédences sont réunies ou ^
géminées comme celles-ci au com- -^
mencement du XII P siècle. s
Dans la seconde moitié du b
XIII* siècle, les crédences par- ^
ticipèrent , dans leur ornementa- j
tien , de la richesse et de l'élé- •>
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époque de l'ère ogivale. On en , «
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