‹ Abécédaire ou rudiment d'archélogieChapitre 6 sur 128 · ÉPOQUE. — PÉRIODE CARL0VIN6IENNE · texte numérisé non relu

ÉPOQUE. — PÉRIODE CARL0VIN6IENNE

NOUS venons de voir, par ce qui précède , commeot au pett dî>tiDguer et classer les monumenls chrétiens des premiers siècles correspondant à la période méroyingienne. Examinons maintenant quel fut Tétat de Tart dorant Tère carlovingienne et jusqu'au XI* siècle. Il est probable que, depuis leV* siècle, Tart de bÀtir, imitatioii servile de rarchitecture gallo-romaine , avait plutôt perdu que gagné , lorsque le génie de Ghariemagne vint imprimer une nouvelle impulsion aux arts et aux lettres. Il est très-difficile de savoir exactement quels changements se manilésièrent alors dans Tarchitecture : les opinions sont sur de point asiex divisées ; mais le grand nombre d'églises et d'abbayes éle\ées en France, sous ce prince, imprimèrent nécessai rcment un grand mouvement. Le charmant firagment de l'abbaje de Lorsch, qu'on voit sur le chemin de Manheim à Darmstadt, et qui

riAAIUlIT DE t'àlKAYB Dl UMUOB.

date dv Tan 776 , offre des chapiteaux composites el des pilasire»

ÈRE BOMA!li: PRUIITIVE (PÉAlOOii; CiiEl.OVlIirGII.XNE). 77

ioniques, qui montrent qa*à cette époque encore on imitait asseï correctement l'antique.

L'état prospère auqud les arts étaient parvenus ne put se maintenir dans les temps, moins heureux, qui suivirent le règae 4e Charlemagne. Les dissensions intestines et les malheurs sans nombre, qui résoMèrent de rinvasion des Normands, amenèrent bientôt une déeadenoe masquée dans l'architecture : on vit s'éteindre, à la fin du IX* siècle et dans le X*, le talent des architectes, en même temps que les lumières de Pandenne civilisation, ranimée par Chariemagne.

Des recherches approfondies , une analyse rigoveuse de caitains édiâces présentant des parties du IX* siècle, métangén à des pftrtîai moins anciennes, une étude sérieuse des documents historiques se rapportant aux différentes reconstructions de ces édifices , ont permis à M. Âir. Ramé, de Rennes , d'indiquer à quels caractères on peut reconnaître les monuments des IX* et X* siècles , et de les distinguer des édifices plus anciens.

Les judicieux aperçus dont je parle ont foit fobjet de deux mémoires publiés dans le t. XXVI à^Jfulletin monununtai, et nous allons indiquer à quels principes de classification ils peuvent donner Ueu. D'abord, M. Ramé trouve dans la crypte de St-Aignan d'Orléans quelques parties qu'il n'hésite pas à attribuer au IX* siècle. Il y constate la présence d'un appareil beaucoup plus long que haut, d'une grande régularité, et cite l'emploi de cet appareil , que j'appelle apparat allongé , dans d'autres édifices se rapportant à la même époque.

Les pilastres formant une faible saillie aux extrémités septentrionale et méridionale du mur de la confession , qui est séparée de la crypte et i^acée à l'ouest de celle-ci conmie à St-Quentin, à 8t-Avit et dans d'autres cryptes anciennes, sont couronnés par un tailloir dont voici l'esquisse (V. la page suivante ).

Un des caractères de ces tailloirs, c'est, comme le foi! remarquer M. Ramé, la présence d'une espèce de cartouche peu saillant (c ) étendu en application sur le biseau légèrement concave , mais dont les bords , plus étroits que le biseau , ne sont d'aucun cAté tangents à ces arêtes ; parfois même ce premier cartouche en reçoit en application un second plus étroit que lui (Voir la figure B ).

M. Ramé considère les tailloirs ornés d'un cartouche en appli* cation comme un des caractères les plus cert«^s de l'éft^qua car-^ lovingiennc.

DE CAUMORT. ABicéDAIRE D'ARCHÉOLOGIB.

La flgure ci-jointe montre comment les sculpteurs carlovingiens

disposaient les moulures et les car- \ ^,.,^^:^^^^^^^^^^'^''-''^^ I

touches sur les triangles du biseau

correspondant aux petites faces du

pied-droit : ces cartouches sail- |

lants étaient coupés perpendicu- -Lx]

lairement dans tous les sens avant 1

d'atteindre les aréte^du triangle i

qui les renferme. La même coupe

existe dans les chapiteaux analogues n'offrant pas de cartouches

appliqués ( V. C, page 79 ).

Quant aux chapiteaux , qui fournissent toujours des caractères précieux pour Tarchéologue , M. Ramé a trouvé que si les ornements et les feuillages des chapiteaux des IX* et X* siècles sont ceux employés dans la première moitié du XI« siècle, ils sont néanmoins exécutés avec un faire particulier qui n'est pas celui des monumenu du XI» siècle ( St-Germain-des-Prés , Morienval , près Étampes , St- Benolt-sur-Loire , monuments contemporains du roi Robert).

Pour le prouver, M. Ramé a décrit dans le Bulletin monumental des chapiteaux que nous allons reproduire, et qui résument asseï bien romementation primitive de la crypte de St-Aignan d'Orléans.

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