‹ Abécédaire ou rudiment d'archélogieChapitre 71 sur 128 · STYLE OGIVAL PRIMITIF [OBJETS DESTINÉS AU CULTE · texte numérisé non relu

STYLE OGIVAL PRIMITIF [OBJETS DESTINÉS AU CULTE

durent souvent se rapprocher de ceux du XII* siècle. Vers le XIII* , on ▼oit paraître des tissus armoriés qui peuvent avoir été tissés en France. Parmi les tissus présumés indigènes , on peut citer celui-ci , trouvé à Angers dans le tombeau de Raoul de Beaumont qui fonda , au XIII* siècle, le chœur de la cathédrale, et sur lequel on distingue alternativement des fleurs de lis, des léopards , des griffons , des aigles aux ailes éployées et des lions (p. 578).

Ainsi, dans le cours du XIII* siècle, les tissus se modifièrent sous divers rapports : on vit paraître parmi les ornements les armoiries des donateurs, ce qui n*avait pas eu lieu au XII*, et quelquefois des personnages disposés , comme dans les vitraux, au milieu de cadres arrondis, elliptiques ou quadrilobés.

Je puis offrir encore un exemple de ces innovations dans la chasuble donnée au bienheureux Thomas de Biville, avec le calice que j'ai décrit. Cette chasid)le, dont le tissu se compose de soie et de fil d'or , présente sur toute sa surface des compartiments en losange formant une sorte de damier. Quatre figures sont brodées dans les losanges ; savoir : une fleur de lis , une façade de château à trois tours crénelées, un aigle et un lion efflanqué , allongé: or, ces figures héraldiques

appartiennent à saint Louis et à sa famille. Tout le monde sait que la fleur de lis est le signe héraldique des rois de France, et que les trois tours étaient les armoiries de Blanche de Castille, mère de saint Louis. Le lion allongé et efflanqué appartenait au royaume de Léon, depuis long-temps uni à la Castille sous la domination de la famille de la reine Blanche : les deux royaumes une fois réunis , on eu cumula les armoiries.

Enfin, l'aigle simple de sable formait les armoiries de la maison de Maurienne: or, Marguerite de Provence, femme de saint Louis, était fille de Raymond Béranger, comte de Provence , et de Béatrix , filledeThomas, comte de Maurienne et de Savoie; ainsi, l'aigle que nous voyons appartenait aux armoirie<i de la femille de la reine de France.

L*esquiue de la chasuble que je présente, d'après un dessin de M. Bouet, montre la disposition de ces figures héraldiques.

Les armes de France et de Castille sont disposées sur la même ligne et alternent ; les lions et les aigles sont disposés en lignes horitontales

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