STYLE OGIVAL PRIMITIF (OBJKTS DESTINÉS AU COLTE
sans alternance ; de sorte que chaque ligne , composée de fleurs de Us et du château de Gastille , se trouve encadrée entre une ligne de lions et une ligne d^aigles.
Les couleurs sont , comme on le pense bien , très-temies.
Les armes de France et de CasUlle paraissent avoir été sur fond rouge , les autres sur
fond de sinople on verdâtre ; if
et comme il y a deux rangs J
de ces dernières armoiries -*
pour un des armes de France et de Castille, la teinte verdâtre domine. S
Le bas de la chasuble doit S
avoir été raccommodé;rétoflre, g
du reste fort ancienne, qui a S
servi , a des couleurs moins |
altérées que les autres : les * principales sont le vert et le jaune.
Le galon qui sépare la chasuble, au centre, est d*un travail particulier.
Avec la chasuble, on conservée Biville un manipule, dont le travail n*est pas le même que celui de la chasuble et se rapporterait plutôt à celui du galon qui en orne le centre. 11 a peu de largeur ; on y voit des dessins dont le spécimen que voici fera comprendre reflfet et la disposition.
Tai trouvé le même dessin sur un très-grand nombre de galons du XIII» siècle et de la fin du XII* , et je suis bien aise d'en offrir un exemple, parce qu'il me parait assez bien caractériser cette époque.
MiTRcs. — Les mitres, partie importante du costume des évéques et des abbés, étaient, au XIII* siècle , formées de tissus précieux comme aux siècles précédents (V. p. 369) : on peut consulter Touvrage ^lécial
582 DE CAUMOMÏ. ABKGÉDAIRE d'ARCHÉOLOGIE.
publié dans le Bulletin monumental , par le savant abbé Barraud , de Beauvais, sur Torigme de la mitre, sur ses formes aux diilérents siècles. Les figures d*évêques (p. 5^9 et 552) nous montrent quelles étaient les dimensions de cette coiffure au XIII* siècle.
On trouve une quantité considérable de personnages mitres figurés dans les bas-reliefs, les vitraux peints, les peintures de manuscrits. On y voit que parfois , au lieu de placer les faces triangulaires de la mitre sur le front et Tocciput , on les faisait correspondre aux tempes, de manière à présenter la fente en avant et en arrière : c*est ce qu^on voit sur un sceau de Renier, évéque de Marseille, appendu à une charte de
1306; mais cette manière de porter la mitre devint rare et fut abandonnée au XIII* siècle; elle était plus fréquente au XII*.
Cloches. — JusquMci je n^ai rien dit des cloches, parce que je n>n connais aucune, parmi celles qui subsistent, qui remonte au-delà du XIII* siècle ; mais je puis en présenter une de cette dernière époque , celle de Fontenailles , près Bayeux , que nous signalions cq iSàS comme fort ancienne , sans oser en fixer la date. M. Guérin , chanoine de Bayeux, ayant pris un calque de Tinscription, composée des lettres suivantes :
tX VX RXÎP ATM CCII
STYLE OGIVAL l'niMITlF (/OBJETS DESTINÉS AU CULTE). 583
y vit les moto Xriitiu vineil , XrUtm régnât , Xristu» imfterat ,
VCE DE Lft CLOCHE DE FONTENàlLLU.
que Ton trouve aussi, comme on le sait, sur les monnaies; et dans les lettres MCCIl miliesimo (sous-entendu anno) ducenlesimo secundo (1202). Cette cloche serait donc une des plus anciennes, sinon la plus ancienne de TEurope.
Quelques années après , MM. Bouet et Billoii , qui l'ont visitée, ont pris une esquisse des lettres de Tinscription. Ce sont des lettres
Ô8â DE GAUMONT. ABÉCÉDAIRE d'ARGHÉOLOCIE.
fleuries dans lesquelles, du reste, on retrouve la fbnne usilée au XIII* siècle.
La cloche de Fontenailles étant tombée de son beffroi, M. G. Villers , membre de la Société française d'archéologie , a pu l'examiner à loisir , la décrire avec soin et la foire dessiner.
Aujourd'hui, cette cloche curieuse foit partie du Musée de Bayeux : la Société française d'archéologie a contribué pour 100 fr. à cette acquisition lorsque la commune aUait la foire refondre.
M. VioUet-le-Duc a cité une cloche moins ancienne que la nôtre , mais également du XIll* siècle, qui existait à Moissac et qui a été refondue en 4845 ; elle portait des inscriptions dont les lettres Oettria avaient beaucoup de rapport de forme avec ceUes de la dodie de Fontenailles et la date 1 373 ( À miliesimo CO LXX iercio ).
Paléogrrapliie.
Voici quelle était la forme des capitales, au XIII* siècle, pour les inscriptions murales.
ilBGDQPGhlKliCEiR OP0R8(/a^M3
Dans les inscriptions du XIII* siècle, les E ont la forme d'un G dont les deux extrémités seraient reliées par une barre verticale.
Le D, n, TL rO, TS conservent la forme ancienne.
Le G aflecte les mômes formes qu'au XII« siècle.
L'H et r\ ont leur second jambage allongé et terminé en crochet, et l'M ressemble à un O reposant sur un trait horizontal et séparé en deux parties par une ligne verticale.
En approchant du XIV'^ siècle, les lettres sont un peu plus lai|çes que dans la première moitié du XllI" ; elles paraissent suivre, en cdj , la tendance de rarchitecture elle-même, puisque les fenêtres et les portes ont plus d'ampleur que dans le demi-siècle précédent.
L'écriture cursive n'a guère été employée, au Xlll' siècle , que pour les manuscrits.
STYLK OGIVAL PRIMITIF ( PALiOGRAPHIË ). 585
Voici une inscription murale de la Gn du XIIP siècle :
fï\ no DOfl)II|I
ŒiLLesiffio • wGenoesrffio
OGQ06flSlŒO-I)OI|0
Les capitales employées pour les sceaux ont absolument la même fonne que celles des inscriptions murales. Nous allons en donner quelques exemples : le sceau cicontre, qui représente un ecclésiastique célébrant la messe, avec cette légende: sigilluh domini BRcni PBisBiTERi , doit être de la fin du XIII* siècle ; je n'en connais pas la date précise.
Les deux autres sceaux qui suivent, dessinés par M. Hucher,
datent : le premier , de 1222 ; le second. j de 4235 ; ils ont appartenu à des seigneurs du Maine , et portent pour légendes :
s. (sigilluh) FULCOlfIS DB TOSSEIO. SIGILLUH FULCONIS RIBOULE.
586 DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCUÉOLOGIE.
Nous dounerons encore comme spécimen de la paléofpnphie du XIII' siècle le fac-similé suivant d'une inscription tumulaire de 1339, relevée par M. Gonnard sur un mur, au-dessus de la tombe d*un prêtre de la maison hospilalière de Montbrison. Les cloîtres du midi de la France sont remplis d'inscriptions semblables au-dessous desquelles le défunt était quelquefois figuré au trait.
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