STYLE OGIVAL SBGONDAIRE (GÉOGRAPHIE
« de venes de la couleur de leurs champs : on y grava des pièces caracc téristiques du blason, on les recouvrit des émaux qui leur conve- « naient, couchés, comme nous Tavons dit, sur le revers de la gravure , c où Ton avait découvert le blanc du verre , de peur qu'à la recuisson • qu'il fallait en fiûre, les couleurs ne vinssent à se mêler et à c se confondre. •
Au XrV« siècle , on exécuta des grisailles composées comme auparavant d'entrdacs , de feuillages et de hachures croisées , plus ou moins serrées.
Ces verrières, toujours plus économiques que les autres, produisaient un effet très-saisissant
Q-éogrrapliie du style og-ival secondaire.
I pA région que nous avons indiquée comme celle où s'est développé U le style ogival primitif, lorsqu'il existait à peine dans d'autres contrées , est aussi celle où les monuments du XIV< siècle ont été plus brillants et plus remarquables. Toutefois, à cette époque, les bords du Rhin virent aussi s'élever bon nombre d'édifices imporlanls du même style.
Dans le midi de la France , ou plutôt au-delà de la Loire jusqu'à la Méditerranée , les monuments à ogives furent toujours assez rares ; ib témoignèrent de la timidité des architectes et de leur tendance à se rapprocher, quant aux dhnensions, du type des siècles précédents. Il laut toutefois, comme nous l'avons fait déjà pour une autre époque, excepter quelques cathédrales , telles que celles de Glermont , de Narbonne et plusieurs autres.
En considérant que , dans le midi de la France et sur les bords du Rhin, les architectes étaient encore, au XII1« siècle, fidèles aux principes de l'école du XII*, on pourrait être tenté de croire qu'au XIV* siècle ils auraient dû adopter le style ogival primitif; mais il n'en est point ainsi : quand ils se décidèrent à adopter le style ogival, ils le prirent dans l'état où il se trouvait. Nous le voyons, au XIV* siècle, en Allemagne et ailleurs, avec des caractères à peu près semblables à ceux qui dominent chez nous.
En Allemagne, on trouve une preuve de ce que j'avance dans la
618 DE CAUMONT. ÂBéCÉDAIRE d' ARCHÉOLOGIE.
cathédrale de Francfort, dont le clKBar a été bâti en 1815, et qui présente eflEsctivement les caractères de cette époque; dans la cathédrale de Strasbonrg , et dans quelques autres. Si le système d'ornementation qui domine dans ces édifices se rapproche beaucoup du nôtre , il fiint dire toutefois qu'on y remarque l'emploi de grandes fenêtres allongées, d'une légèreté fort remarquable, que nous n'avons pas aussi habituellement chez nous. Ces fenêtres sont employées surtout dans les églises qui n'ont pas de bas-c6tés et qui ofl&ent, par conséquent, poor l'établissement des jours , des murs verticaux d'une grande hanteor. Telles sont les fenêtres dont les meneaux ont tant de portée et de légèreté, de la cathédrale de Francfort ; celles de la cathédrale de Metz et celles du chœur de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle. On voit aussi se développer , ainsi que l'a remarqué judicieusement M. Whewid , un système d'ornementation d'après lequel les moulures des bçades étaient disposées sur deux plans différents , de manière que les unes se détachaient complètement des autres et formaient claire-voie. Ce système , que nous trouvons à Strasbourg, dans la cathédrale, produit un effet td que la façade semble être placée derrière un riche écran découpé à jour.
Au reste, il ne faut pas, je crois, attribuer spécialement an XIV* siècle ce brillant système de décoration : on l'observe dans quelques monuments de cette époque , mais il appartient tout autant au XV* siècle.
Dans le centre et dans le midi de la France , je n'ai rien remarqué qui diiTérencie essentiellement le style du XIV* siècle de celui qui prédomine dans le Nord et en Angleterre; seulement, comme je le disais en commençant, les édifices de ce genre n'ont pas acquis le même développement que dans le Nord.
L'Italie, toujours attachée aux anciennes formes, répudia longtemps l'ogive : on y a employé le plein-cintre jusqu'au XIV* siècle , combiné avec les moulures ogivales.
L'architecture c^ivalc n'a jamais été comprise en Italie comme en France : les églises manquent d'élévation ; il est très-rare qu'elles aient un triforium , et les fenêtres du clérestory sont souvent remplacées par une ouverture ronde, comme à S«*-Pétronille de Bologne. On peut attribuer à cette suppression d'un étage, dans les églises ogivales d'Italie, le peu d'élégance , je pourrais dire la pesanteur qui les distingue presque toutes.
Les constructions religieuses du XIV* siècle ne sont pas rares : nos