‹ Abécédaire ou rudiment d'archélogieChapitre 87 sur 128 · STYLE OGIVAL SECONDAIRE (TOUBEAUX · texte numérisé non relu

STYLE OGIVAL SECONDAIRE (TOUBEAUX

présentons une de ces arcaturt^s, datant du XIV* siècle, qui existe dans

Téglise abbatiale de St-Pierrc-sur-Dive , côté nord du transept.

fi30 lih CAO MONT ARKCÉOMRE d'ARCHÉOLOGIE.

PiEBRKS TOMBALES. — Lps pieiTes lomba^es ont été, au \IV* sièrip, w»gnifiques dVxécution : tous les détails du costume y sont rendus arec wm grande exactitude ; les compositions architecturales destinées à forver Pentourage des personnages représentent des chapelles ou des tnvén d^nne église. Elles ont leurs types correspondants dans les décontion de même genre dont on encadrait, au XIT**, sur les vitraux, les penoenages que Téglise oflratt à la vénération des fidèles. Dans le NcHti , le Pays-Bas et dans quelques localités, ce sont des dalles de marbre gm ou noir qui ont été employées ; dans rile-de-France , la Normandie et une très-grande partie de la France , ce sont surtout des tables 4t pierre calcaire blanche ou jaune appartenant aux formations secondaires et tertiaires ; enfin , dans les régions granitiques et schisteuses, on s^est servi des tables fournies par ces roches , mais elles étàent bien moins faciles à tailler.

Je présente, pour exemple des plus belles pierres tombales histoiiées du XIV* siècle, la pierre tombale dessinée à St-Ouen-en-Belin» département de la Sarthe, par M. Hucher, membre de rinslitul àei provinces. Cette pierre , qui recouvrait deux tombes , offre aussi desi eflSgies : celles d'Andrieu d'Âverton , sire de Belin , et dlsabeau de Breinville , sa femme, morts dans la première moitié du XIV' siècle.

La pierre est divisée en deux arcalures ogivales trilobées encadrant les deux personnages, lesquelles sont surmontées de frontons présentant les découpures les plus fines et les ornements les plus étégaob du XIV siècle.

Andrieu d^Averton , dit M. Hucher, nous présente Taspect fidèle d'un chevalier du XIV« siècle équipé de pied en cap ; il porte es télc le poi de fer conique , identique à celui du Prince Noir , dan< Teffigic sculptée sur son tombeau à la cathédrale de Cantorbéry ; comme dans la statue de ce dernier , le casque est relié au camail qui protège le col par un système de chaînettes très-caractérisé. Le haubert , ou plus spécialement le haubergcon, recouvre tout le tronc depuis la partie inférieure du visage qu'il encadre d'un austère ornement, jusqu'aux deux tiers des cuisses.

Le seul vêtement apparent et qui recouvre tous les autres jusqu'à mi-cuisse , est la cotte d'armes chargée du blason du chevalier et se terminant en lambel, c'est-à-dire en lanières crénelées de 40 ceotimèlres de longueur.

La ceinture militaire , large d'environ & centimètres, entoure le bas des reins et la naissance des cuisses du personnage ; elle parait onée

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de pierreries, ou tout au moiiis de rosac**» émaîllées, endiâssées dans da articulalions de métal, selon Tusage du temps ; elle soutient, d^uncdté. la dague de miséricorde; de Tâutre, Vépée à deux tranchants; pu^ dessus celles, du côté gauche du pemonnage, on voit appenda Vén du chevalier, blasonné comme la cotte d^armes.

Des brassards avec cubitières articulèns protègent les bras ; an dé&ot de Taisselle, on Toit paraître le hanberfteon ; les jambes sont couvertes de piates nommées cuissards , genouillères ; derrière les cuisses , on ▼oit paraître le cuir gamboisé placé directement sur la peau ; les pieds du personnage sont appuyés sur un lion.

L*effigie de la dame de Belin n*est pus moins compliquée de détails intëtessants; elle a la tète couverte et (a figure littéralement encadrée dans un camail : le costume d^ femmes a toujours suivi, de loin oo de près , celui des honmies.

La taille et les hanches sont comprises dans cet élégant vêtement, qui, sous le nom de sureot ^ a été en usagiî depuis saint Louis jusqu^au milieu du \\^ siècle. Rien de plus élégant, en effet, que œ v^ètement qui dessine et eflUe la taiUe, puis Tenuadre et la voUe à demi dans deux espèces d'ailerons; la partie antéiicure, celle qui descend de la gorge sur le ventre, est composée d^usM plaque de fourrure de mena vair; cette même fourrure orne rinléri&or des ailerons; les bras de le dame de Belin et les laces latérales du sureot portent, d*un côté, le blason d'Averton , et de l'autre , celui Ae Breinville qui est composé de f relies ; une sorte de galon orné entimre les hanches et a Tair de tenir la place de la ceiniure.

Les deux personnages ont les mains jointes sur la poitrine : celles de la femme, qui étaient en marbre blanc comme celles du mari, ont disparu.

De chaque côté de leur tète, figure un petit écu aux armes réciproques du chevalier et de sa dame. Le ciuiier du casque, qui surmonte ]esécu8 en tournois du chevalier, représente un àne, ou un cheval, dont la peau se termine en lambrequins.

Un système de fenestrages découpés d*une manière admirable décore les côtés des personnages ; sous ces espèces de niches à pinacles , particulières aux pierres tombales du XIV* siècle, on voit une série de six petits personnages, espèces d'acolytes d'une cérémonie funèbre; le premier, à gauche, porte la croix processionnelle; le second, audessous, un livre fermé; le troisième, qui parait être une femme, un livre ouvert, à fermons ; le premier, à droite , soutient un flambeau ;

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le second plonge Taspersoir dans un vase d^eau bénite ; le dernier lit dans un livre.

Ces niches à pinacles paraissent représenter les travées d*une église , d*autant qu'elles sont surmontées d'autres fimestrages et terminées par un feisceau de clochetons. De chaque côté des deux pinacles principaux, qui abritent le sire et la dame de Belin, est un ange encensant d'une main et portant de Tautre une navette à encens. Ces quatre anges nimbés complètent la décoration du monument (1).

Stalles et boiseries, vases sacrés, croix, ornements en métaL

nODS trouvons dans les stalles de Tabbaye de la Chaise-Dieu, en Auvergne, un magnifique spécimen des boiseries sculptées du XIY* siècle : nous en donnons des fragments p. 63A.

Les châsses, les calices, les croix processionnelles, les ciboires, les crosses , les encensoirs , etc. , etc. , offrent au XIV« siècle à peu près les mêmes formes qu'au XUP. Les détails architectoniques seulement se modifient suivant le style du XIV. Les reliquaires affectent souvent la forme de la partie du corps qu'ils renferment ; ainsi, si Ton possédait on os du bras, ou de la main , on le renfermait dans une main ou un bras en métal. Si c'était un os de la tète , le reliquaire représentait le buste ou la tète du SainL Quelques crosses se chargent de crochets et de festons trilobés ; la magnifique crosse conservée dans le trésor de la cathédrale de Cologne est un bel exemple des plus riches monuments de ce genre au XrV<> siècle. Quelques ciboires tendent à s'élargir et à se comprimer : tel est le ciboire conservé à Sens et décrit par M. l'abbé Barraud , dont je donne l'esquisse , page 635. Les encensoûrs ont encore , au XTV* siècle , une forme globulaire comme au XII' (V. page 3A6). Ce n'est que dans la seconde moitié du XI V« qu'ils commencent à s'allonger pour prendre, au XV*, une forme décidément pyramidale. Enfin les devants-d'autel en bronze doré, émaillé en argent, en or, reproduisaient dans leur composition les décorations architectoniques de l'époque ( arcatures , pinacles , feuil. lages, etc., etc. ) ; le travail en était absolument semblable à celui des châsses et souvent des statuettes occupaient les arcatures. Les rétables prennent des dimensions un peu plus considérables qu'au XIIP siècle.

(1) Voir le mémoire de M. Hucher daus le t. XIV da BuiUttn monumenitd.

634 DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE d' ARCHÉOLOGIE.

E. 8a|>ot dri.

rHAAIirniS l>»» fTM.lF6 de L'ABBATC de l\ ClAliC-DIEl.

STYLE OGIVAL SECONDAMIE ( VASFS SACRKS ). 635

CIBOIRE OO X1T« SikCtE,

nécrlt par M. l'abbé Barranif dans le Bulletin monumenta/.

636 DE CAUMOM. ABtCKDAIRK l/.AKGHKOLOGIK.

TisBUS.

Dijà, dans le XIII« siècle, on avait quelquefois brodé sur qnelqiies tissus des personnages encadrés, comme sur les vitraux , dans des cercles ronds , quadrilobés , etc. Au XIV* siècle , diverses chapes soat ornées de la sorte , telle que celle de St-Maiimin ( Var ) qui offre, dans une suite de cadres arrondis, diverses scènes de la vie de J.-C, depuis sa naissance jusqu'à sa morL M. Rostan, inspecteur des monuments. Ta décrite et a prouvé qu'elle remonte au XIV« siècle ( i~ moitié ).

J*ai vu, dans le trésor de la cathédrale de Gènes , une chape sur la bordure de laquelle sont brodées les images des Apôtres, encadrées dans des niches ogivales. Ces figures m'ont paru du XIV* siède.

Le spécimen précédent reproduit un autre tissu du XIV*,

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