ABSIDE DE L’ÉGLISE SAINT-REMY DE REDIS
Les chapiteaux des colonnes d’un petit diamètre ont , au XIIIe. siècle , un galbe très-caractéristique et sont d’une élégance qu’on ne retrouve à aucune autre époque.
CHAPITEAUX HL XIIIe. SIÈCLE.
Un second rang de feuilles existe souvent sur les chapiteaux, même sur ceux qui appartiennent à des fûts de petite dimension, surtout lorsque ceux-ci sont isolés ; et les feuilles du rang inférieur sont quelquefois d’une autre espèce que celles de la partie supérieure de la corbeille.
Dans les colonnes monocylindriques d’une grande dimension , telles que celles qui supportent souvent les arcades du premier ordre au pourtour du sanctuaire, les bouquets de feuilles sont d’autant plus nombreux que le diamètre du chapiteau est plus considérable.
Le chapiteau que voici est un de ceux qui couronnent les grandes
colonnes accouplées, flanquées de deux colonnettes, qui entourent le chœur de la cathédrale du Mans, et qui ont été élevées, d’après M. l’abbé Tournesac, durant une période comprise entre 1232 et 1270. Les deux rangs qui les recouvrent se terminent par des bouquets , presque sphériques, de feuilles roulées en volutes.
Au XIIIe. siècle, surtout durant la première moitié, l’abaque ou le tailloir qui surmonte la corbeille du chapiteau est souvent carré ; ce n’est guère qu’au milieu de ce siècle qu’il affecte constamment la forme octogone.
Les bases des colonnes du XIIIe. siècle sont très-caractérisées ; on en voit encore quelques-unes munies, comme au XIIe. siècle, de feuilles ou appendices qui les rattachent au piédestal ; mais dans les plus ordinaires le tore inférieur est très-évasé par rapport au tore supérieur , et la scotie qui les sépare l’un de l’autre est creusée de telle sorte qu’elle forme, au pied de la colonne, un petit canal dans lequel l’eau pourrait séjourner.
Dans quelques colonnes i
de la fin du XIIIe. siècle les bases se composent , comme dans le spécimen que voici, d’un premier tore très-épanoui sur lequel repose immédiate- /
ment un second tore ou un listel couvert de petites moulures ; ce genre
de base se voit aussi dans le XIVe. siècle.
Outre ces différentes bases on en trouve de bien plus riches, comme celles des colonnes ornant les péristyles des portails latéraux de Chartres. Ce sont des piédestaux octogones , sculptés sur chaque face.
Fenêtres. — Les fenêtres sont étroites et allongées dans l’architecture ogivale primitive : comme elles ressemblent en quelque sorte à un fer de lance , les antiquaires anglais leur ont donné le nom de lancettes. Les proportions des lancettes varient : on en voit de très-courtes et de très-longues dans les monuments de la même époque.
Il y a des fenêtres qui ne présentent point d’ornements ; d’autres qui sont couronnées d’un simple cordon garni de dents de scie ou d’un léger zigzag ; la plupart offrent des voussures cannelées, soutenues par des colonnes appliquées sur les parois des ouvertures.
Petit ilel.
FENÊTRE-LANCETTE GARNIE DE VOUSSURES, SURMONTÉE ü’üNE CORNICHE A PETITS MODILLONS PORTANT UNE A RC A T U RE OGIVALE.
( Style très-ordinaire en Normandie, j
Dans les édifices peu élevés, tels que nos églises de campagne , les lancettes sont presque toujours isolées ou séparées les unes des autres ; au contraire, dans les monuments plus considérables on les rencontre très-fréquemment réunies deux ù deux et encadrées dans une arcade principale ; c’est ce que j’appelle des lancettes géminées.
Entre les sommités des lancettes géminées et celle de l’arcade principale qui les renferme, il reste un espace dans lequel on a presque toujours pratiqué une ouverture en forme de trèfle , de quatre-feuille ou de rosace. Cette addition complète , en quelque sorte , les fenêtres du XIIIe. siècle , qui présentent alors les formes les plus élégantes et les plus heureuses proportions.
La travée d’une église du XIIIe. siècle que j’ai figurée page 353, montre une montée d’une rose et dont la séparation, ù l’intérieur de l’édifice, se compose d’une colonnette isolée très-élégante.
Vers le temps de saint Louis, les fenêtres s’élargissent et sont divisées, dans les grands édifices, par trois meneaux qui se terminent à la hauteur de la naissance de l’arcade; le sommet de l’ogive, à partir des impostes, peut alors être rempli par plusieurs rosaces à quatrefeuilles. Les fenêtres de la Sainte-Chapelle de Paris sont ainsi composées.
Les fenêtres ont été disposées dans les églises du XIIIe. siècle à peu près comme dans celles du XIIe.
belle lancette géminée , sur-
Quelques fenêtres du XIIIe. siècle offrent une particularité assez singulière, c’est d’être triangulaires au sommet, au lieu d’offrir la forme