‹ Abécédaire, ou, Rudiment d'archéologie (architecture religieuse)Chapitre 104 sur 182 · FENÊTRE A DEUX BAIES AVEC ROSE AU SOMMET · texte numérisé non relu

FENÊTRE A DEUX BAIES AVEC ROSE AU SOMMET

de l’ogive ; l’esquisse suivante fera comprendre cette disposition fort peu gracieuse et qui ne peut mieux se comparer qu’à celle d’un accent circonflexe.

FENÊTRE DU XIIIe. SIECLE , A SOMMET TRIANGULAIRE.

Evidemment on n’a employé cette forme que pour éviter de donner à la pointe de l’arcade ogivale l’élévation qu’elle eût eue si la forme eût été normale : on se servait ainsi du triangle quand on était gêné par la voûte ou par quelqu’autre obstacle.

Dans les façades on plaçait assez fréquemment trois lancettes, dont une (celle du milieu) était plus élevée que les deux autres. Cette disposition s’observe dans les églises de Chartres, de St. -Denis, de Gournay et dans celle de Mortain. Elle existe aussi aux chevets des églises qui n’ont pas d’absides et qui se terminent par un mur droit.

'«-tit ! ci, DISPOSITION T RI NA IRE DES FENÊTRES DANS LE CHEVET DE CERTAINES ÉGLISES RURALES DU XIII0. SIÈCLE ( l,e. MOITIÉ).

Vers le milieu du XIIP'. siècle, les lancettes sont plus rapprochées,

fort allongées, mais inégales en hauteur dans les chevets.

CHEVET DU X1II°. SIÈCLE PERCÉ DE TROIS FENETRES-LANCETTES , VU A L’INTÉRIEUR.

Roses. — J’ai parlé de l’effet produit par les grandes roses et de la place qu’elles occupent dans les basiliques. Au XIIIe. siècle, elles offrent assez souvent des compartiments en forme d’ogives trilobées , ou bien une suite défigurés régulières , telles que rosaces, quatre-feuilles encadrés, trèfles, etc. En général, elles ne présentent pas encore dans leurs découpures la complication que l’on remarque aux XIVe. et XVe. siècles, et souvent elles affectent encore la forme d’une roue, comme au XIIe.

Dans les églises rurales les roses, d’un diamètre peu considérable, offrent souvent une disposition analogue à celle qui suit;

elles se voient particulièrement au chevet, et souvent elles y sur-

STYLE OGIVAL PRIMITIF (ROSES ET GALERIES). 367 montent deux lancettes, reproduisant ainsi auîc elles le nombre (rois,

si habituel dans nos édifices religieux du XIIIe. siècle.

Galeries. — A l’intérieur des édifices un peu considérables qui offrent trois étages superposés , da partie moyenne est occupée constamment par une galerie obscure : ainsi , entre les arcades et les fenêtres des grandes nefs , règne dans tout le pourtour des églises une suite d’arcades supportées par de petites colonnes ( Voir la planche , p. 353). Il y a quelques exceptions à cette ordonnance, mais elles sont rares.

La galerie obscure dont je parle, désignée par les antiquaires anglais sous le nom de triforium , remplace les tribunes qui existent dans quelques églises au-dessus des arcades de la grande nef.

A Noyon , à Montierender et dans quelques autres grandes églises du XIIIe. siècle, on trouve deux galeries obscures superposées, c’està-dire tribunes et galeries, ou un double triforium. A Montierender, le premier triforium se compose de lancettes géminées, encadrées dans

d’une aventure trilobée. A Novon et à Laon, la disposition est semblable.

DKS TRAVÉES DU CHOEUR, A MQXTIERENDER , A PARTIR DES ARCADES DU PREMIER ORDRE.

INTÉRIEUR DES TRIBUNES DE LA CATHÉDRALE DE LAON. '2k

Dans quelques églises du XIIIP. siècle , d’une élévation médiocre » les fenêtres pénètrent et s’encadrent dans la galerie du triforium , au lieu de former un étage séparé.

La travée que voici offre un exemple de cette disposition, et de la combinaison binaire des fenêtres-lancettes et des arcades du triforium ; combinaison qui n’est pas très-commune , mais dont j’ai trouvé quelques exemples.

Tantôt ces arcatures du triforium sont simples en forme de lancettes,

STYLE OGIVAL PRIMITIF (GALERIES). o7l

tantôt géminées et encadrées dans une ogive d’un plus grand diamètre ; quelquefois on les trouve disposées de la même manière, trois à trois et même quatre à quatre, comme dans le chœur de la cathédrale de Bayeux, construit vers 12 AO.

Les galeries ou arcatures tapissent aussi les parties inférieures des murs, et c’est même la décoration la plus ordinaire pour les bascôtés.

Dans les bas-côtés qui entourent le chœur de l’église abbatiale de Montierender (Haute-Marne), les arcatures du XIIIe. siècle offrent des combinaisons assez rares : le cintre y remplace l’ogive , et dans quelques-unes la forme carrée se dessine au-dessous du cintre. Les figures suivantes montrent ces deux dispositions.

En général , c’est au pourtour du chœur que les galeries offrent le

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